juin 112014
 

Par Pauline Hofmann

Publié le 10 juin 2014 à 19h59 Mis à jour le 10 juin 2014 à 20h48

TOUTE PUISSANTE - Brasilia a dû voter la « loi générale de la Coupe », qui dédouane la Fifa de toute responsabilité et préserve les sponsors de la Coupe du monde.

Le Brésil doit gérer une fronde sociale et l’organisation de la Coupe du monde de football au même moment. 42 employés du métro de Sao Paulo ont été licenciés lundi pour avoir fait grève, en vertu d’une législation mise en place pour la Fifa, estiment les signataires d’une tribune dans Libération. La Fédération, elle, n’est pas très inquiète, puisqu’elle a assuré ses arrières en mars 2012 en faisant voter la Lei geral da Copa, la loi générale de la Coupe.

Le Fifa protège ses deniers. Cet appareil législatif imposé par l’instance internationale du football bouleverse fortement l’économie brésilienne. Quand la Seleçao jouera, la Fifa a ordonné un jour férié dans les villes.

Plus grave : porter atteinte à l’image de la Fifa ou à ses sponsors est désormais un crime fédéral, tout comme l’utilisation sans autorisation de l’image de la Coupe du monde. Des employés de métro de Sao Paulo ont été licenciés après leur grève justement dans le cadre de cette loi. « C’est une grave atteinte à la liberté d’expression », estime pour Europe 1 Marc Perelman, chercheur en esthétique philosophique à Nanterre, signataire de la tribune.

La tradition du football populaire en prend également pour son grade, puisque la Fifa a imposé la fin des prix réduits. Le gouvernement a malgré tout voulu maintenir des tarifs seniors.

La libre-concurrence, connais pas. Mais les vrais protégés de la Fifa avec cette Lei geral da Copa controversée, ce sont ses sponsors. Fini l’interdiction de boire de l’alcool dans les stades brésiliens. Peu importe la violence engendrée par la consommation d’alcool, la Fifa veut préserver ses relations avec un de ses plus gros sponsors, Anheuser-Busch, qui fabrique la bière Budweiser. La fédération a également assuré de gros cadeaux aux entreprises engagées dans l’organisation de la compétition, notamment les entreprises de travaux publics, grâce à des exonérations fiscales, des réductions de délais dans l’obtention de permis, …

Comme le remarque pour Europe 1 le sociologue Patrick Vassort, la Fifa a réussi à mettre la libre-concurrence entre parenthèses le temps de la compétition. Elle se réserve le privilège de toute activité commerciale sur certains produits aux abords des stades. Les 300.000 vendeurs installés dans un périmètre de 2km autour des stades devront baisser leur rideau s’ils ont l’intention de vendre des produits de sponsors de la Fifa.

Des tribunaux spéciaux. Pour juger si les Brésiliens respectent ou non cette loi Fifa, l’instance internationale de football a bien l’intention de créer des tribunaux d’exception, comme cela a été le cas en Afrique du Sud, totalement anticonstitutionnels dans un pays qui assure l’égalité de ses citoyens devant la justice. Pourtant, le Tribunal fédéral suprême a débouté une action contre la Loi générale de la Coupe.

De plus, la Fifa se dédouane par avance d’éventuels incidents : « Le gouvernement fédéral assumera la responsabilité » d’un incident « lié à la sécurité » et « objectivement attribué à la Fifa, à moins que la Fifa elle-même contribuera à cet incident », explique l’Etat.

Mais le Brésil le promet, l’Etat garde sa souveraineté, puisqu’ »aucun amendement ne va à l’encontre de la Constitution fédérale ou de l’ordre légal du pays. » Ce n’est pas l’avis des deux signataires de la tribune de Libération, qui estiment, comme l’ancien joueur brésilien Romario, que la Fifa sera le temps du Mondial « la vraie présidente du Brésil ». Cette loi temporaire, dans tous les cas, sera supprimée cinq jours après la compétition.

Source : europe 1

Paris: l’âge des fossoyeurs

 Posted by on 11 juin 2014 at 13 h 34 min  Ecologie / Nucléaire / OGM / Industrialisme / Nécro-technologies  Commentaires fermés
juin 112014
 

samedi 7 juin 2014 (non-fides.fr)

Mercredi 4 juin 2014, 15 h 02. Paris. Palais de la Découverte. Une tentative de court-circuitage de la propagande radieuse de l’Andra a été menée. Le noir total n’a pas été atteint. Le texte suivant a été abandonné dans ce temple français du scientisme.

Au nom de la science, le Palais de la Découverte s’efforce de former les humains que la mafia nucléariste veut laisser à ce monde. Sa pédagogie voudrait formater des enfants qui joueraient au poker avec des cartes durcies au mercure radioactif sur un parquet du château de Versailles verni par le même procédé en avalant de la Vache-qui-rit ionisée.

Le Comité d’experts de l’exposition rassemble des membres du CEA, de l’IRSN, de l’ASN, un colonel du DICO (délégué à l’information des affaires nucléaires et à la communication de la Défense), d’EDF, de l’Académie des sciences, de l’Union des professeurs de physique et chimie par ailleurs directeur du département dudit Palais de la Découverte, etc. Mais c’est l’Andra (agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) qui signe le copyright.

La transformation d’uranium en énergie repose sur une idée simple et violente. On peut accélérer le temps en agitant un minimum d’espace. L’industrie nucléaire n’utilise pas une denrée énergétique naturellement à sa disposition ; elle la fabrique en séparant les noyaux atomiques. C’est ainsi qu’elle intensifie la productivité des machines, la circulation des échanges et l’aménagement du monde et son emprise sur nos existences. Mais l’histoire ne peut pas abolir l’irréversibilité du processus de désintégration. Le fantasme purement économique de faire beaucoup de choses avec trois fois rien tombe dans la réalité de tout son poids, non sans que ses dégâts n’ouvrent de nouveaux marchés.

La schizophrénie nucléariste poursuit sa fuite en avant. Du côté rayonnant, la France, ce pays fier et sûr de lui qui prétend contrôler toute la chaîne nucléaire, des mines aux déchets en passant par les armes, construit les EPR qu’elle ne sait pas achever et relance sa technologie explosive au sodium du surgénérateur dont le brevet est français avec Astrid. Cependant l’ombre avance après Tchernobyl et Fukushima. La pourriture du royaume nucléocrate voit revenir les prurits de l’espace à la gueule du temps programmé. Les nucléocrates ne peuvent rien à la contamination, qu’il n’est possible que de déplacer et qui ne se nettoie pas. C’est pourquoi l’exposition explique, sur le ton du brouillage scientiste, que la radioactivité est naturellement partout et que donc, ainsi soit-il, autant en rajouter.

Ils expliquent donc comment on peut vivre en contexte morbide, c’est-à-dire survivre, donc se surveiller mourant un peu chaque jour. Il leur faut désormais raconter aussi qu’on tue les tumeurs grâce au Nuclear for Health sans se préoccuper de leurs origines. Pour effacer l’arrière-goût des bombes d’Hiroshima et de Nagasaki ils racontaient que le Nuclear for Peace avait remédié à la guerre qu’on disait froide. Au Japon, à l’avant-garde du désastre depuis 2011, le négationnisme emprunte le vocabulaire d’un psychiatre comme Shinichi Niwa : « Il est très important, pour calmer la peur, d’être exposé aux radiations. »

L’effort pédagogique de l’Andra est évidemment lié à la décision politique de l’État français de vendre ses déchetteries à vocation mondiale, puisque au dépôt de La Hague est censée s’ajouter la poubelle en sous-sol de Bure, en Lorraine. Le démantèlement est un marché prometteur. Rappelons, par exemple, que l’Allemagne voisine, où 9 réacteurs tournent pour encore quelques années, s’apprête à devenir un gros pourvoyeur de déchets, que La Hague accueille des cargos poubelles du Japon et que les 58 réacteurs hexagonaux sont voués au démantèlement, non pas du fait d’une prise de conscience dont se targueront les écolocrates, mais à cause de leur péremption due à l’incapacité de n’importe quelle machinerie à échapper au processus de désintégration qu’elle contient.

Le déni de responsabilité porte la cause sur les phénomènes naturels. Il y aurait des erreurs non humaines, comme un tsunami… et des humains qui en subissent les effets. Et c’est comme tel que l’exposition s’adresse au visiteur en l’invitant à évaluer ses risques de morbidité radioactive en se mesurant sur un pèse-personne.

« Ô Muse, conte-moi l’aventure de l’Inventif »
Chant I, L’Odyssée Homère, mercredi 4 juin 2014

L’EXPO

Parce que comprendre le sujet des déchets radioactifs, c’est d’abord découvrir la radioactivité… Quel est le lien entre l’incroyable Hulk et l’imagerie médicale ? Entre le parquet du château de Versailles et les rayons du cosmos ? Naturelle ou recréée par l’homme, la radioactivité est omniprésente dans notre quotidien. Venez visiter l’exposition au Palais de la découverte à Paris jusqu’au 8 juin 2014

Jouons ensemble !

1) Ton papa ou ta maman meurt d’une tumeur, que fais-tu ?
a) Je vais brûler un cierge.
b) Je remercie la radiothérapie qui lui a permis de survivre dix ans, après Tchernobyl.

2) Le tsunami a détruit les réacteurs de Fukushima, que fais-tu ?
a) Je me bouche le nez en prenant le premier train pour Osaka.
b) J’applique les consignes de sécurité et je me porte volontaire dans une équipe de décontamination pour sauver mon pays.

3) Le travail de tes parents vous oblige à rester habiter à côté de la centrale du Tricastin alors que des fuites ont été officiellement détectées dans les cuves, que fais-tu ?
a) Je fais jouer la concurrence pour m’acheter le compteur Geiger le moins cher du marché.
b) Je plombe mes compteurs pour faire baisser le stress familial.

Si tu as trois réponses a) tu n’as pas compris, l’Andra t’offre un billet gratuit pour revoir l’exposition ; si tu as trois réponses b) tu seras délégué dans les écoles pour les formations de sûreté post-accidentelle. Si tu réponds e), d) ou f) tu ne seras pas évalué.

Grèves et luttes au Brésil

 Posted by on 11 juin 2014 at 13 h 28 min  Actualité Internationale, Luttes sociales  Commentaires fermés
juin 112014
 

[Sao Paulo, Brésil] Grèves sauvages dans les transports, bus incendiés et pillages de supermarchés (19 et 20 mai 2014)

Mardi 20 mai, des chauffeurs de bus du réseau de transport en commun de la ville (SP Trans) de Sao Paulo se sont mis en grève sauvage. Cette grève spontanée rompt avec les nombreuses journées de grève planifiées et organisées par les centrales syndicales dans les transports qui ont lieu ces derniers temps dans les grandes villes brésiliennes (qui pour la plupart accueilleront la coupe du monde en juin). Le principal syndicat des travailleurs du transport de la ville s’est clairement démarqué et a condamné ce mouvement spontané de la part d’une minorité, car échappant à tout contrôle des bureaucrates syndicaux. Par conséquence, la circulation dans la ville et sa périphérie en a été fortement pertubée.

Parallèlement à cela, au moins cinq bus ont été incendiés, dont trois ont été entièrement détruits, dans la soirée à Grajaù au sud de Sao Paulo. Ces destructions incendiaires viennent s’ajouter à celles de la veille en début de soirée (19/05/2014) au sud de la ville à Jardim São Luís. D’après les transports en commun de la ville, il y aurait eu 71 bus détruits par le feu depuis le début de l’année 2014 rien qu’à Sao Paulo. Depuis, une vaste campagne du réseau des transports a été lancée afin d’inciter la population à balancer les enragés aux flics.

Les appels à manifester sont quasi-quotidiens et divers, venant de la part des enseignants, du Mouvement des Travailleurs Sans-Toit, du Mouvement Un Pas Libre et des chauffeurs de transports qui revendiquent à peu près tous une augmentation de salaires…: ce mardi une manif - qui d’après les flics serait à l’initiative des chômeurs - a tourné aux pillages de supermarchés sur l’Avenue Dona Belmira Marin d’après g1globo et des barricades de poubelles bloquaient les rues du quartier. D’après les flics, un manifestant a été arrêté en possession d’essence.

Plutôt dans la journée, des sans-abris ont envahi le siège social de l’entreprise Viver Incorporadora, propriétaire d’un terrain côté est de la ville qui est actuellement occupé par des sans-abris.

Mis-à-jour 21/05/2014 à 19h00:

Le mouvement de grève spontanée continue ce mercredi 21 mai à Sao Paulo contre les mauvaises conditions de travail et les faibles salaires alors que lundi les syndicats ont accepté à l’unanimité la proposition de hausse de salaires de 10%, ce qui est rejeté par une large partie des travailleurs. Plusieurs travailleurs expriment leurs volonté de poursuivre la grève jusqu’au déroulement de la coupe du monde.

Par ailleurs à Belem dans le nord du pays ce mardi 20 mai, des centaines de manifestant-es contre la coupe du monde ont envahi l’espace São José Liberto, où était exposé le trophée du mondial. Plusieurs personnes cagoulées ont alors attaqué le bâtiment à coups de pierres et de morceaux de bois. Les organisateurs de la cérémonie ont été contraints d’annuler l’événement après avoir retiré la coupe par sécurité.

A suivre…

Reformulé de la presse brésilienne, 20-21/05/2014