Pour info, Jean-François Papineau a été nommé Directeur département de la sécurité publique du Calvados (flic en chef du Calvados). Il était auparavant en poste dans la Vienne, à Poitiers, et réputé pour sa pratique de harcèlement des militants.
Quelques articles de l’époque :
Communiqué de jeunes militants.
Les arrestations de la fête de la musique n’ont en soi rien d’extraordinaire si l’on se rapporte au contexte de répression que connaît Poitiers depuis un an. Pas besoin de citer une nouvelle fois ici toutes les arrestations, contrôles d’identité, procès, incarcérations, fichages, qu’ont connu depuis un an bon nombre de personnes sur cette ville. Ce qui s’est passé depuis lundi aurait pu arriver bien avant tellement la flicaille pictave “veut la peau” de ceux qu’ils caractérisent comme “anarchistes”. Pour autant, même si nous connaissons ces pratiques de l’ennemi, flics et justice main dans la main, on ne peut pas se contenter de dire “c’est normal”. Tout simplement parce que le premier sentiment qui nous anime après l’incarcération de 5 de nos camarades est la rage !
Le contexte c’est d’abord une fête de la musique complètement morte parce qu’institutionnalisée. Rues vides, concerts choisis, présence policière massive, un cocktail détonnant qui traduit exactement l’apathie de cette ville. Mais il suffira aux flics, baceux et à notre très cher commissaire Papineau de repérer une quinzaine de têtes connues pour avoir un objectif dans la soirée. Des regards échangés,des phrases lâchées, une surveillance accrue, il suffisait juste d’attendre “le bon moment”.
Le prétexte, ce sera une soi disant menace accompagnée d’un pseudo jet de canette et ça y est tout est réuni pour faire un lynchage politique Place de la Liberté. Nous n’entrerons pas dans les faits, il suffisait de voir l’état de nos 6 camarades (contusions, fatigue…) à la comparution immédiate ainsi que les sourires des flics pour comprendre “qu’ils se sont fait plaisir” tout en gérant bien leur affaire pour les envoyer au trou.
Plus de 30 flics au procès, 12 se portant partie civile, un préfet qui annonce que c’est l’État lui même qui porte plainte, des articles de journaux décrivant l’extraordinaire violence des personnes arrêtées, le chef des RG présent, un flic avec une attèle qui peine à montrer qu’il ne sait pas faire semblant de boiter, un commissaire Papineau sur son 31 faisant un entrée spectaculaire; bref il ne manquait plus, comme le dira d’ailleurs une avocate, que la venue du ministre de l’intérieur et la pièce du 10 octobre était rejouée. Outrage, rébellion et violence sont cités en chefs d’inculpation. Heureusement nos camarades décident de ne pas accepter la comparution immédiate, cet outil formidable de la justice pour annihiler toute possible défense, ce qui leur vaudra le renvoi du procès au 8 juillet et la détention provisoire à la prison de Vivonne pour cinq d’entre eux et un contrôle judiciaire pour la dernière.
Qu’ils se sentent aussi libres dans leurs façons d’agir n’est que la traduction d’un rapport de force en leur faveur. Grévistes, sans papiers ou “radicaux” en font les frais depuis trop longtemps. Plus que jamais nous appelons à ce que la peur change de camp.
Rendez-vous devant le Palais de Justice de Poitiers le 8 Juillet à 16h!
Solidarité avec les incarcéré-e-s! Nous ne nous laisserons pas abattre car la joie et la rage animent nos vies!
Vous trouverez ci-après le communiqué de presse du Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux concernant l’appel du commissaire Papineau contre les six de la Fête de la musique. Nous appelons à venir nombreux les soutenir :
– Au rassemblement organisé jeudi 17 février à 18 heures devant les Cordeliers (côté place du Marché)
– Le jour de l’appel, le 18 février à 9 heures, au palais de justice.
Merci de diffuser massivement ce message autour de vous.
Six de la Fête de la musique : l’appel du commissaire Papineau aura lieu le 18 février à partir de 9 heures
Rappelons-le, la version policière, telle que l’a rapportée le patron de la police au tribunal et sur laquelle il n’a pas été suivi, est la suivante : il était responsable du service d’ordre de la Fête de la musique, et est sorti seul et en gilet pare-balles à 1 h 30 pour faire le point. L’ambiance était sereine. Arrivant place Charles-de-Gaulle, par la rue de la Regratterie, pour se diriger vers la Grand-Rue, il entend : “Papineau, on aura ta peau !” et, venant de devant, une canette de verre atterrit à ses pieds, du côté gauche. La trajectoire étant en dehors de son champ de vision, c’est en tournant la tête qu’il aperçoit, à droite de la façade de l’église, une silhouette non identifiable compte tenu de sa capuche. Il décide d’appeler par radio pour aide au contrôle de la personne. Il fixe cette silhouette qui, se dirigeant vers la rue de la Regratterie, resserre sa capuche et part en courant. Il la poursuit jusqu’à la place de la Liberté, mais ce n’est qu’en passant devant la Médiathèque qu’il l’identifie et le signale par radio. Arrivent alors cinq autres jeunes ainsi qu’une douzaine de policiers, et débute une interpellation très violente à l’issue de laquelle ces cinq jeunes sont maîtrisés ; puis Nina elle-même se retrouve au sol, et le commissaire reçoit d’elle un coup de pied.
Que M. Papineau se pourvoie en appel nous semble cohérent – en dehors de l’aspect financier non négligeable que représentent les amendes : voulant certainement ménager la chèvre et le chou, la justice n’a pas retenu les “violences avec armes” en bande organisée, mais a donné raison à la police en ce qui concerne les outrages et la rébellion. Elle a condamné un des six jeunes à 15 jours de prison ferme, quatre (dont Nina) à 2 mois d’emprisonnement avec sursis, et la dernière à 70 heures de travail d’intérêt général, sans compter les amendes dont 1 500 euros solidairement. Nous l’avions déclaré bien avant le rendu du procès, ce choix du tribunal est selon nous un très mauvais calcul. Sans le début de l’”affaire” place de Gaulle, ce qui s’est passé place de la Liberté perd en effet tout le sens que voudraient lui donner les policiers. Si rien ne prouvait que le “Papineau, on aura ta peau !” proféré place de Gaulle était le fait de Nina, et si personne n’avait vu qui avait lancé une canette de verre aux pieds de M. Papineau, celui-ci n’avait aucune raison de poursuivre Nina en particulier – ou plutôt la seule raison était que, comme l’a fait remarquer Me Brunet au procès, M. Papineau avait reconnu aussitôt Nina. S’il n’avait aucune raison de la poursuivre, il n’en avait pas plus de l’appréhender place de la Liberté. Et s’il n’y avait aucune raison de l’appréhender, il n’y en avait pas davantage d’interpeller les autres jeunes ni de les molester jusqu’au commissariat.
Il ne restait donc aux policiers, comme à l’accoutumée, qu’à se couvrir préventivement avec les outrages et la rébellion auxquels s’est accrochée désespérément ensuite la justice. Il s’est agi une fois encore, pour les policiers, de harceler ceux et celles dont les convictions ne leur plaisent pas afin de pouvoir ensuite les poursuivre devant les tribunaux. Tout cela est aujourd’hui bien peu crédible. Car comment des policiers qui ont menti pour les “violences avec armes en bande organisée” auraient-ils dit la vérité pour les “outrages et rébellion” ?
Le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux exige la relaxe des six de la Fête de la musique.
Venez nombreux les soutenir :
- Au rassemblement organisé jeudi 17 février à 18 heures devant les Cordeliers (côté place du Marché).
– Le jour de l’appel, vendredi 18 février à 9 heures, au palais de justice.
Hier soir aux alentours de Minuit, une bande de copain/nes ont collé des affiches au soutien aux sans-papiers et à leurs luttes ( par exemple l’incendie de Vincennes etc..)
Vous savez celles qui n’ont pas pu être collées lors de la manifestation de Samedi ( elles suscitaient l’intérêt d’un flicage systématique tout au long du parcours ) car retirées systématiquement par les agents de la BAC, et par M.Papineau en personne.
La petite bande a collé quelques affiches aux alentours de la place du Marché, de la faculté de Sciences Humaines et Arts, puis au niveau de l’abribus en face du bâtiment de Sciences-Po. Une patrouille de police s’arrête, procède aux contrôles d’identité. Les deux agents ( un homme et une femme ) lisent les affiches attentivement, remarquent sur l’une d’elle ( d’apres leur dire ) » un slogan a caractère anarchiste » ce qui prolonge un peu plus le contrôle , d’autant plus qu’une deuxième voiture de police arrive sur les lieux avec deux autres FOURGONS!!
Les agents appellent au commissariat pour demander des consignes à leur supérieur, ça dure un petit moment, pas longtemps..Puis la décision hiérarchique tombe : confiscation des affiches , du seau de colle et du pinceau! Au passage, il ont confisqué le mensuel « Courant Alternatif » ; un agent ( de la deuxième voiture ) a rétorqué » c’est une officine ça » ( cf l’OCL) - rires.
Puis ils sont repartis tous fier-es de leur « prise » qui justifient leurs salaires. Les consignes de la prefecture sont appliquées à la lettre ( n’est-ce pas M. Setbon?)
Voila on ne peut meme plus coller tranquillement sans se faire voler le matos et propagande, ça devient systématique lorsque l’on est anarchiste, consideré comme ou meme sympathisant contrairement à d’autres, mais c’est la stratégie meme de la répression : isoler,intimider, ficher, provoquer, enfermer…
@ bientot
Des potes des colleur-se-s.
