Appel à une assemblée de lutte contre l’aéroport de NDDL

 Posted by on 18 janvier 2016 at 22 h 37 min  A la une, Actualité locale, Ecologie / Nucléaire / OGM / Industrialisme / Nécro-technologies, Informations locales et vie des collectifs locaux.  Commentaires fermés sur Appel à une assemblée de lutte contre l’aéroport de NDDL
Jan 182016
 

Appel à une assemblée de lutte mardi 19 à 17h30 au campus 1 de Caen, RDV au Phénix (arrêt de tram Université)

Depuis quelques temps, la lutte s’intensifie contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. L’Etat entend passer en force, et met en procès les habitants et habitantes et les agriculteurs et agricultrices historiques, les menaçant d’astreintes journalières de 800 à 1000 euros et même de saisir leur cheptel.

Forcément, la lutte s’est durcie, avec des blocages du périph nantais, des rassemblements, des manifs et des sabotages un peu partout en France. Des inculpations ont déjà eu lieu. Nous sommes bien conscients et conscientes que la ZAD est un point de fixation qu’il ne faut pas perdre dans cette période nauséabonde où idées réactionnaires, mesures répressives et sécuritaires et administration de nos vies se développent à grands pas. C’est aussi un espace d’expérimentations sociales où des gens habitent au sens plein du terme, et essaient de vivre de manière plus égalitaire et plus libre. On n’a pas envie de leur lâcher ça.

C’est pourquoi nous appelons à une assemblée de lutte, ouverte à tous ceux et toutes celles qui veulent s’opposer à cet aménagement, qui n’est qu’un aménagement de nos vies parmi tant d’autres. Sauf que là-bas ça a pris, et que nous avons l’occasion de rappeler à tous les aménageurs, technocrates, politiciens et capitalistes que nous ne nous soumettrons pas, que nous combattrons et que nous n’avons que répugnance pour elles et eux.

Le but n’est pas d’être dans la seule réaction face à la situation, mais d’élaborer quelque chose de conséquent. Cette assemblée sera l’occasion d’échanger des infos et des réflexions sur la situation, de partager nos positions, mais aussi de dégager des perspectives d’actions. Il est important que nous nous organisions par nous-mêmes, de façon autonome, sans être à la remorque des organisations habituelles dont nous savons qu’il n’y rien à attendre. Et bien sûr sans hiérarchie, en faisant attention aux uns, aux unes et aux autres.

Au plaisir de se retrouver ! Faites tourner l’invitation !

Collectif sans nom.

Le collectif sans nom est un collectif antiautoritaire caennais.

Causerie au local Apache de Caen

 Posted by on 10 janvier 2016 at 16 h 54 min  Actualité locale, Informations locales et vie des collectifs locaux.  Commentaires fermés sur Causerie au local Apache de Caen
Jan 102016
 

Une causerie aura lieu autour du mutuellisme au local apache samedi 16 à 16h.

Le local apache est un local antiautoritaire et autonome, au 35 bvd Poincaré à Caen (arrêt de tram aviation). Il héberge une bibliothèque, un infokiosque, une zone de gratuité, des réunions de divers collectifs. Des permanences ont lieu les 1er et 3ème samedis du mois à 15h, et une causerie sur un thème défini préalablement les 3ème samedis du mois à 16h.

Déambulation festive contre l’état d’urgence samedi 19 à Caen

 Posted by on 17 décembre 2015 at 10 h 21 min  Actualité locale, Flicage / Répression / Carcéral / Sécuritaire, Informations locales et vie des collectifs locaux.  Commentaires fermés sur Déambulation festive contre l’état d’urgence samedi 19 à Caen
Déc 172015
 

Courriel:

Salut!

vous vous souvenez du concert terroriste de juin dernier?
s’opposer en musique contre un décret qui interdit la musique en ville
s’opposer sans avoir peur contre le tout sécuritaire
400 personnes nous avaient suivis dans les rues de la ville pour une déanbulation festive mais déterminée.

on remet le couvert!

si vous vous sentez à l’étroit dans ce nouvel état qui vous colle une caméra aux fesses pour votre sécurité
qui garde les opposants chez eux pour pas qu’une voix s’élève contre la COP 21
qui interdit aux caennais-e-s de ne faire qu’une simple marche d’opposition( même plutôt de demande d’une autre voie) à la COP21!
qui interdit toute manifestation à Caen et en france pendant 4 jours POUR notre sécurité!

et pendant ce temps là les grands magasins sont ouvert… on peut mourir en consommant mais pas en manifestant!

FLan Dictateur ne tient que par Peuple Mou!

Si vous voulez manifester pour pouvoir maifester, ammenez donc vos instruments pour faire du bruit et vos cagoules de couleurs pour qu’on se voit.
venez Place Bouchard à 14 samedi 19, pour une déambulation festive. On se laissera pas emfermer pour notre bien!

et puis il y aura des gateaux et du vin chaud!!

un visuel suivra.

si ce mots ou intentions vous semblent pertinent, merci de les partager.

bises!

ps: dessous un compte rendu d’une tentative de manifestation de 40 individus, samedi dernier, sous l’état d’urgence

Le 12 novembre on nous a interdit de manifester notre opposition à l’Etat d’urgence.
Compte-rendu de la manifestation du 12 décembre à Caen.

Ce samedi 12 décembre nous étions une cinquantaine à « braver » l’état d’urgence. Nous souhaitions protester contre la réduction drastique de nos libertés (celles de manifester, d’agir et de contester) et contre le racisme d’Etat qui stigmatise les musulmans et les musulmanes comme populations dangeureuses ( multiplication des perquisitions, des assignations, le plus souvent sur simple dénonciation).

Nous nous étions donné rendez-vous devant la préfecture. A l’intérieur de l’édifice une équipe du renseignement filme le rassemblement.
Alors que nous apprétions à quitter la préfecture pour partir en cortège vers le centre-ville, un flic en civil nous interdit de continuer.
Nous décidons tout de même d’avancer. Sortent alors par magie de car adossés à la préfecture, une équipe d’une dizaine de robocops, qui nous a empêché de prendre l’asphalte. Puis après quelques sommations d’usage vite expédiées celà va de soi, les flics tentent de choper une personne, puis deux. Bousculade. Arrivée de renforts. La deuxième personne est emmenée plus loin pour contrôle d »identité et/ou garde à vue, les flics hésitent. Il sera relâché. Pendant ce temps-là, les flics se décident à relever les identités de tout le monde. Banderoles confisquées, tracts balancés. Ce qui donne lieu à quelques coups et menaces. « On vous a dans le collimateur ».

Un compagnon qui décide de refuser de décliner son identité est mené au poste. L' »HP » comme ils le nomment avec leur humour si singulier.
A la tête de cette croisade, le directeur de la sécurité publique Jean-François Papineau.
Depuis longtemps déjà ce zélé défenseur de la loi a une obscession : l’ultra-gauche-anarcho-autonome-de-la-mort-qui-tue. Et les TOC qui vont avec ce genre d’obsessions. A Poitiers, où il officiait précédemment, JF s’est fait sa petite réputation. Après qu’en octobre 2009 lors d’une manifestation anticarcérale, les rues de Poitiers aient été bombées et que quelques vitrines de complices du monde carcéral aient été fracturées, notre cher inspecteur Dérick décide qu’il faut en finir avec l’ultra-gauche locale. Il en épie faits et gestes. La moindre action anti-pub se transforme en mois de prisons, la moindre manifestation en intervention policière avec son lot de menaces, et de points de suture. Au quotidien, sa police met la pression sur les militants et militantes. Ils et elles sont suivi-e-s et mencacé-e-s. Si Papineau avait beaucoup aimé Z de Costa Gavras, ce n’est pas pour les mêmes raisons que nous.

Sur caen JF entend sans doute à l’identique en finir avec la MAC, la mouvance anarchiste caennaise. C’est l’appartenance à cette étrange nébuleuse qui est signalée sur les fiches S dont certains et certaines d’entre nous son affublé-e-s. En effet les fameuses fiches S ne visent pas que les suposé-e-s apprenti-e-s djihadistes que l’on nous présente en boucle sur les chaînes infos. Il en faut d’ailleurs parfois bien peu pour être soupçonné de djihadisme. Un voyage à l’étranger ou un coup de fil anonyme. Mais les fiches S visent tous les subversifs, tous ceux et celles qui refusent ce monde. Des « zadistes », des anarchistes, des communistes, des « radicaux », des antinucléaires, des syndicalistes trop remuants.Fraichement promu à Caen pour service rendu dans le marais poitevain, notre inspecteur Clouzot poursuit sa besogne. Crie-t-il au milieu de son sommeil quelques « gauchistes », « force doit rester à la loi » et autres aménités ? Nous n’en saurons rien, nous n’avons pas l’ambition de vivre dans son intimité. Ce qui malheureusement ne semble pas être son cas en ce qui concerne la notre.

JF aime tellement les perquisitions, et les mises sur écoute.Après ce premier contrôle d’identité et cette première dispersion, nous quittons la préfecture et nous retrouvons à plusieurs en centre-ville, place Bouchard, pour differ les tracts restant dans les rues bondées. Les flics continuent de roder autour de nous, sans doute là par hasard, et non pour empêcher notre distribution. Après un premier passage, 4/5 flics sortent d’un camion et sautent sur une personne qui « aurait craché dans leur direction ». Beaucoup de gens l’agrippent pour éviter l’interpellation. Nouvelle bousculade et cris rageurs contre l’ordre sécuritaire. De nouveau des renforts arrivent par plusieurs rues. Le compagnon sur lesquels les flics ont sauté est balancé dans le fourgon, reçoit quelques coups bien placés, avant d’être relâché plus loin. De nouveau, nous sommes contrôlé-e-s, parqué-e-s, menacé-e-s. « Ca finira mal ». De nouveau, une personne est embarquée pour contrôle d’identité.
Dans les heures qui suivent cet après-midi un article d’un journaliste de Ouest-France revient sur les événements. Ce dernier présent pour couvrir les animations place Bouchard, conclut son article ainsi :  » À une heure de forte affluence, la scène a suscité un peu d’émoi auprès des passants. » C’est sans doute cet émoi qui a conduit JF à s’expliquer à Rance 3 : « Il a craché sur une voiture de police en patrouille. Lorsque les trois policiers sont sortis pour relever son identité, la vingtaine de personnes qui distribuaient des tracts avec lui les ont entourés, les empêchant de faire leur travail. J’ai lancé un appel général de renfort ». Pour rendre crédible sa version JF explique que le compagnon aurait été emmené au poste et qu’il sera entendu pour outrage. Nous nous attendons donc à de possibles suites judiciaires pour le compagnon, mais également pour tous ceux et celles dont les identités ont été relevées et qui pourraient être accusé de participation à une manifestation interdite.

La répression que nous avons subit n’est pas un acte isolé. Plus de 2500 perquisitions et autres assignations à résidence ontdéjà eu lieu depuis mi-novembre. De présumés radicaux islamistes voient leurs appartements démolis sur simple dénonciation ou présomption. Des flics racistes s’en donnent à coeur joie. Des squats sont vidés, des compagnons et des compagnonnes sont assigné-e-s à pointer 3 fois par jour parce que désignés « djihadistes verts ». Des manifestations sont attaquées par la police comme à Nantes.La mise en place de l’état d’urgence correspond exactement aux visées stratégiques de DAESH : radicaliser des muslmans et des musulmanes victimes d’un racisme d’Etat et quotidien, attiser un racisme anti-musulmans et musulmanes déjà très fort, montrer le véritable visage de l’Etat dit « des drois de l’homme » et son hypocrisie.

Nous n’entendons pas plus que nos compagnons et compagnonnes de Paris interdits de manifester ou poursuivis pendant la COP21, que nos compagnons et compagonnes de Nantes attaqué-e-s et passé-e-s à tabac puis condamné-e-s par une justice aux ordres, que nos compagnons et compagnonnes assigné-e-s à résidence ou placé en centre de rétention, que les milliers de perquisitionnés à travers le pays, nous laisser impressionner.

Notre liberté n’est pas assignable.Nous appelons tous ceux et toutes celles qui veulent contester l’état d’urgence à se joindre à l’appel à se retrouver samedi 19 décembre, Place Bouchard, à 14 heures.Caen, 16 novembreDes participant-e-s au rassemblement du 12 novembre et des personnes solidaires.

Pour avoir des infos sur l’état d’urgence :
La quadrature du net : https://www.laquadrature.net/fr
Sous la cendre – les joies de l’Etat d’urgence : https://sous-la-cendre.info/4112/recensement-des-joies-de-letat-durgence

Actes racistes dans la région.

 Posted by on 14 décembre 2015 at 23 h 09 min  Actualité locale, Anti-fascisme / anti-racisme / Extrême-droite  Commentaires fermés sur Actes racistes dans la région.
Déc 142015
 

A la suite quelques articles de presse sur des actes racistes qui ont eu lieu dans la région. Petit message aux nationalistes qui ont tagués la mosquées en construction de la Guérinière. A priori, les terroristes sont déjà morts ! Petits messages au journaliste : le o barré c’est une croix celtique, un symbole nationaliste, utilisé par des courants religieux comme païens.

Un de sous la cendre.

Tag sur une mosquée en chantier à Caen.

Une mosquée en construction, dans le quartier de La Guérinière à Caen (Calvados), a été la cible d’un tag, probablement le week-end dernier, 21 et 22 novembre 2015.

Message politique ou amalgame idiot ? L’inscription « Terroristes à mort », avec des croix au milieu des O (signe parfois utilisé par l’extrême-droite), a été réalisée à la bombe, sur un des murs extérieurs. Les responsables de la mosquée ont réuni des éléments pour déposer plainte. C’est la première fois que le futur lieu de culte est l’objet d’une telle dégradation.

Source : Ouest-France, 24 novembre.

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Avranches : prison ferme pour les deux tireurs du kebab.

Accusés d’avoir tiré sur le restaurant kebab, près de la mairie à Avranches, deux hommes étaient jugés aujourd’hui. Ils écopent de prison ferme, sans mandat de dépôt.

Vendredi 20 novembre à 4 h, deux hommes, 22 et 23 ans, à bord d’une 205 noire, tournent autour d’un kebab situé près de la mairie. Le passager tire un coup de fusil de chasse de calibre 16 mm dans la vitrine du magasin, qui explose. Les dégâts ne sont heureusement que matériels. Les Avranchinais et leur maire ont aussitôt manifesté leur soutien aux propriétaires du kebab.

Les deux hommes ont été interpellés, mardi matin, dans le Sud-Manche, et cités hier en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Coutances. « On avait regardé en boucle les attentats de Paris sur une chaîne d’infos. On s’est fait un film », déclare un prévenu.

Pour le procureur, requérant trois ans de prison dont un an ferme avec mandat de dépôt, « il s’agit de la quintessence même d’un acte raciste ». Les deux hommes écopent finalement de deux ans de prison, dont un an ferme, sans mandat de dépôt.

Une peine assortie d’une mise à l’épreuve de deux ans, avec interdiction d’entrer en contact avec les victimes et de détenir une arme, et avec obligation d’effectuer un stage de citoyenneté. Ils sont également privés de leurs droits civiques pendant deux ans.

Source : Ouest-France, 25 novembre.

Compte-rendu de la manif à Caen contre l’état d’urgence

 Posted by on 13 décembre 2015 at 13 h 13 min  Actualité locale, Flicage / Répression / Carcéral / Sécuritaire, Informations locales et vie des collectifs locaux.  Commentaires fermés sur Compte-rendu de la manif à Caen contre l’état d’urgence
Déc 132015
 

Reçu par mail:

bref compte-rendu du rassemblement de cet après-midi (samedi 12), contre 
l'état d'urgence et les interdictions de manifester :
à 14h quelques dizaines de personnes se retrouvent devant la pref. A 
14h30, se décide collectivement de partir en cortège vers le 
centre-ville. La dizaine de flics présente se déploie directement, 
demande à se disperser, tout en tentant de choper une personne, puis 
deux. Bousculade. Arrivée de renforts. La deuxième personne est emmenée 
plus loin pour contrôle d"identité et/ou garde à vue, les flics 
hésitent. Il sera relâché. Pendant ce temps-là, les flics se décident à 
relever les identités de tout le monde. Banderoles confisquées, tracts 
balancés. Une personne est emmenée au poste pour contrôle d'identité. Au 
bout d'un moment, les gens quittent les lieux et se retrouvent à 
plusieurs en centre-ville, place Bouchard, pour differ les tracts 
restant dans les rues bondées. Après un premier passage, 3 flics 
sortent d'un camion et sautent sur une personne qui aurait craché dans 
leur direction. Beaucoup de gens l'agrippent pour éviter 
l'interpellation. Nouvelle bousculade et cris rageurs contre l'ordre 
sécuritaire. De nouveau des renforts arrivent par plusieurs rues. La 
personne sur lesquels les flics ont sauté est balancé dans le fourgon, 
reçoit quelques coups bien placés, avant d'être relâché plus loin. De 
nouveau des contrôles d'identité sur les autres gens. De nouveau une 
personne embarquée pour contrôle d'identité. C'était les nouvelles 
locales de l'état d'urgence...
Pas de GAV, des blessures, des prises d'identité, mais une détermination 
toujours aussi forte ! Nouveau rassemblement, plus nombreux et 
nombreuses encore, samedi prochain à 14h, place Bouchard !

Ouest-France

Intervention en nombre des forces de police ce samedi 12 décembre, en plein centre-ville de Caen, pour disperser un groupe manifestant contre l’état d’urgence.

Regroupement devant la préfecture

Quelques incidents ont émaillé un rassemblement contre l’état d’urgence, ce samedi après-midi, en plein centre-ville de Caen. Vers 14 h, 55 personnes d’après la police - une quarantaine d’après les manifestants - s’étaient donné rendez-vous devant la préfecture. En haut de leur tract figurait en titre : « État d’urgence, état policier : ça ne nous empêchera pas de manifester ! »

Des policiers leur ont signalé que cette manifestation était interdite. Le petit cortège a fini par se disperser après une série de contrôles d’identité.

Tracts et crachat rue Saint-Pierre

Un peu plus loin, à l’intersection de la rue Saint-Pierre et de la rue de Strasbourg, une vingtaine de personnes issues du rassemblement ont ensuite distribué des tracts. Vers 15 h 20, une voiture des forces de l’ordre aurait, d’après la police, essuyé un crachat. Les trois policiers auraient ensuite été empêchés d’appréhender l’auteur par ses compagnons. Une quinzaine de policiers sont alors intervenus.

Directeur départemental de la sécurité publique, François Papineau a fait procéder à de nouveaux contrôles d’identité. Deux membres du groupe au moins ont été transférés au poste, mais aucun n’a été placé en garde à vue. À une heure de forte affluence, la scène a suscité un peu d’émoi auprès des passants.

Manif à Caen samedi 14h

 Posted by on 8 décembre 2015 at 22 h 02 min  Actualité locale, Flicage / Répression / Carcéral / Sécuritaire, Informations locales et vie des collectifs locaux.  Commentaires fermés sur Manif à Caen samedi 14h
Déc 082015
 

Nous relayons cet appel:

ETAT D’URGENCE / ETAT POLICIER

ÇA NOUS EMPÊCHERA PAS DE MANIFESTER !

 

L’Etat d’urgence c’est :

  • Assignations à résidence
  • Perquisitions administratives
  • Déchéance de nationalité
  • Manifestations interdites / réprimées
  • Contrôles d’identité et garde-à-vue facilité-e-s
  • Récupérations politiques xénophobes, racistes, islamophobes, sécuritaires… par les partis et autres groupuscules
RÉUNION DE DISCUSSION ET D’ORGANISATION DE LA MANIFESTATION VENDREDI 11 DECEMBRE

16H30 AU SOUS-SOL DU BÂTIMENT B (LETTRES)

CAMPUS 1, ARRÊT DE TRAM UNIVERSITÉ

 

MANIFESTATION CONTRE LES LOIS SÉCURITAIRES ET L’ETAT D’URGENCE SAMEDI 12 DECEMBRE 14H00 À LA PRÉFECTURE

CONTRE LES LOIS SECURITAIRES ET LA VIOLENCE D’ETAT : RESISTANCE !

 

Déc 072015
 

Les tueries du 13 novembre, à Paris, 10 mois après celles visant « Charlie Hebdo » et le supermarché kasher, viennent tragiquement s’ajouter à la longue liste des horreurs commises par le soi-disant « État Islamique » en Irak et en Syrie: exécutions en masse de prisonnier-e-s de guerre et de civil-e-s, massacres de minorités, mise en esclavage des femmes, attentats aveugles par dizaines …

La colère, le dégoût et la tristesse ne doivent cependant pas empêcher la réflexion. Les attentats à Paris vont donner lieu à des tentatives d’instrumentalisation politique et avoir des conséquences évidentes. Il nous paraît important de les identifier parce qu’elles nous paraissent dangereuses.

1° Dans les semaines qui viennent, les agressions racistes, nationalistes vont se multiplier contre des lieux de culte musulmans, des locaux d’associations immigrées, des centres d’hébergement pour demandeurs-euses d’asile, des squats, des femmes voilées. Cela s’était produit après les attentats de janvier. Cela va malheureusement se reproduire. Des militants ou sympathisants d’extrême droite, des imbéciles haineux vont tenter de jeter de l’huile sur le feu.

 

2° D’une manière plus générale nous allons assister à une vague de discours d’extrême droite pratiquant l’habituel double amalgame, « immigré-e-s = musulman-e-s = envahisseurs-euses » suivi de prés par le « musulman-e-s = terroristes ». Ces discours racistes se dissimuleront souvent derrière une prétendue défense de la laïcité, de la liberté et de la sécurité et prendront des formes diverses : petites phrases médiatiques « chocs », déclarations troubles où l’on triture le vocabulaire pour que les étranger-e-s inspirent la peur, appels délirants à la déportation de masse ou au meurtre sur les réseaux sociaux, où vont se répandre aussi fausses rumeurs et photomontages truqués qui sont une spécialité de l’extrême droite depuis des années.

La question de l’afflux et de l’accueil des réfugié-e-s qui fuient actuellement l’Irak et la Syrie va être probablement au centre de cette offensive idéologique d’extrême droite qui va tenter de faire passer les victimes pour les bourreaux… alors que les tueries de Paris devraient nous aider à mieux comprendre la réalité terrible que fuient les centaines de milliers de réfugié-e-s actuel-le-s. Là bas, c’est chaque jour qu’il y a des massacres… Ces discours sont une insulte contre l’intelligence, la dignité morale et la solidarité humaine les plus élémentaires.

 

3° Nous allons assister à des surenchères sécuritaires de la part des partis politiques. Ça va être un concours de gros muscles à l’approche des élections. Ils vont chercher à surfer sur l’émotion légitime et la peur qui peut prendre des dimensions irrationnelles…

Comme toujours, forcément pour notre bien, l’État (et soyons clair-e-s, l’État c’est pas toi, moi, nous, c’est autre chose, c’est pas neutre et, d’en haut, ça gouverne nos vies) va prétendre protéger LA liberté abstraite en réduisant nos libertés concrètes, en affirmant que la sécurité est la première des libertés, en accentuant les politiques de flicage et d’espionnage DE MASSE. Un-e terroriste, finalement, ça peut être n’importe qui, donc ça peut être toi, donc toi aussi tu dois être surveillé-e.

On parle « d’assigner à résidence » (avec éventuellement des bracelets électroniques en plus) des personnes visées par des fiches de sûreté. Cela inclut-il les antifascistes radicaux-ales qui se bagarrent parfois contre les fachos dans la rue, les syndicalistes arracheurs-euses de chemises patronales, les anars amateur-rices de barricades, les ultra-gauche lanceurs-euses de pavés, les antinucléaires déboulonneurs-euses de lignes THT, les zadistes de Notre Dame des Landes ? Tout ces gens là font aussi l’objet de fiches de sûreté…

On parle de créer une « garde nationale » dont on voit mal en quoi elle empêchera le terrorisme mais dont on voit très bien à quoi elle pourrait servir en cas de grève générale qui dégénère.

Le gouvernement déclare l’état d’urgence, parle de mettre en place une législation d’exception, mais ce serait forcément provisoire. Combien d’années peut durer le « provisoire » ? L’État ne donnera pas la réponse… Y aura pas non plus d’assurances concernant le fait que les mesures sécuritaires d’aujourd’hui, ne serviront pas, demain, à criminaliser encore plus des conflits sociaux radicalisés, des révoltes dans les banlieues, des luttes anticapitalistes, écologistes… On voit déjà comment cet état d’urgence a servi ces derniers jours à perquisitionner des « délinquant-e-s » plutôt que des « terroristes », les catégories visées par le pouvoir risquent vite de devenir troubles et changeantes en fonction de ses besoins et au nom de la sacro-sainte efficacité, l’état d’urgence et autres législations d’exception pourraient bien perdurer et régir notre quotidien

 

4° Nous allons tous et toutes être fermement incité-e-s à adhérer au vieux MYTHE de l’unité nationale. Si les massacres à Paris peuvent, évidemment, susciter une douleur commune, celle-ci ne débouche cependant sur aucune unité réelle. Il n’y a pas d’unité entre un-e raciste et un-e antiraciste, entre les prolétaires et les capitalistes, entre les exploité-e-s et les exploiteurs, entre les gouvernant-e-s et les gouverné-e-s. Celles et ceux qui déclenchent les guerres sont rarement celles et ceux qui en meurent. Celles et ceux qui déclenchent les crises financières ne sont pas celles et ceux qui les payent. Celles et ceux qui subissent la pauvreté et les inégalités ne sont pas les mêmes que celles et ceux qui s’enrichissent grâce à elles. Refuser de se mettre au garde à vous derrière un drapeau, un gouvernement, un État peut être mal vu. Nous assumons. Nous ne sommes pas dupes et nous espérons que vous ne l’êtes pas non plus et que, vous aussi, aucune « unité nationale » ne vous fera taire.

5° À gauche comme à droite, les discours tentant de faire du dictateur Bachar El Assad un « partenaire de la lutte antiterroriste » vont se multiplier. On va essayer de nous faire croire que ce boucher qui est à l’origine du conflit ferait partie de la solution, lui dont le régime est responsable de la majorité des 300 000 mort-e-s du conflit syrien et de l’exil de la majeure partie des réfugié-e-s syrien-ne-s, lui qui a libéré des milliers de djihadistes pour pourrir la rébellion et essayer ensuite de se faire passer pour un rempart contre le terrorisme. Les États occidentaux ont déjà sans surprise laissé crever la révolte populaire syrienne, alimentant ainsi le désespoir et en partie la montée du djihadisme et maintenant, en plus, il s’agirait de sauver ce régime tyrannique. Voila un beau projet… surtout pour les djihadistes qui ne manqueront pas d’exploiter l’écœurement compréhensible des populations locales s’il se concrétisait. De toute façon, les États occidentaux, iranien, russe, les monarchies pétrolières n’interviennent pas en Syrie et en Irak pour les populations mais essentiellement pour défendre leurs intérêts stratégiques et économiques impérialistes.

 

Ce panorama politique est loin d’être réjouissant, d’autant plus que les phénomènes évoqués se nourrissent les uns les autres. Le cercle est vicieux. Il se resserre et on est au milieu. Et on commence à étouffer là-dedans. Et si, dans ce cercle vicieux, il n’y avait aucun camp à choisir ? Ni celui de l’extrême droite franchouillarde, ni celui de cette autre extrême droite qu’est le djihadisme, ni celui de l’État ? Et si l’important était de briser collectivement le cercle, de s’en échapper pour tracer une autre route ?

Plus facile à dire qu’à faire, hein ? Mais le chemin se fait en marchant. Et les points de départ peuvent être nombreux. Ils sont souvent en bas de chez nous. Par exemple ?

Participer aux luttes sociales, combattre les inégalités capitalistes, les discriminations sociales, la précarité, les politiques antisociales d’austérité qui alimentent la dégradation de nos conditions de vie, la misère, le désespoir et l’absence de perspectives ET la montée de l’extrême droite ET les tendances à la radicalisation islamiste.

Soutenir les migrant-e-s et les réfugié-e-s, leur manifester concrètement notre solidarité antiraciste, antifasciste et de classe. À Caen, depuis des années, des squats sont ouverts pour les accueillir, pour pas qu’ils soient à la rue, peu importe leur nationalité, leur couleur, leur religion (s’ils ou elles en ont une). Une assemblée ouverte organise la lutte et y a toujours besoin de coups de mains. Y a des infos sur notre site.

– Manifester notre solidarité internationaliste, par-dessus les frontières, avec les résistances sociales et féministes en Syrie et en Irak. Au Kurdistan syrien, depuis 2 ans, des milliers d’hommes et de femmes combattent l’État Islamique, libèrent des populations et essaient de construire une alternative démocratique. Ils et elles n’ont pas grand-chose mais ils et elles en veulent. Ils et elles ont besoin de soutien financier pour aider les réfugié-e-s, reconstruire les villes détruites, développer les productions locales nécessaires, se procurer des armes. Eh oui, on arrête pas l’État Islamique seulement avec des idées et des alternatives sociales, faut aussi des balles. Vous trouverez des coordonnées bancaires où envoyer de l’argent sur notre site. Faites-le, l’État français le fera pas à votre place, il a pas envoyé un seul mortier là bas (ça fâcherait l’État turc avec qui y a du bizness à faire)… Collecter du fric et informer là-dessus, on l’a fait pendant des mois dans les rues de Caen. On continue mais on vous tend aussi le relais.

 

La résignation, l’individualisme, l’indifférence ne mèneront nulle part.

Les temps qui viennent vont être durs.

Ce n’est pas en courbant la tête qu’on changera les choses,

c’est en la relevant, en s’organisant et en luttant.

Tant qu’il le faudra…

 

Regroupement Révolutionnaire Caennais

http://rrcaen.neowordpress.fr/

[email protected]

Source : Regroupement révolutionnaire caennais.

Déc 012015
 

Une lettre ouverte nous a été adressé. Malgré des désaccords sur une partie de son contenu je la publie. C’est la moindre des choses de publier la critique d’un compagnon révolutionnaire sur un choix éditorial de ce site. Pour rappel la base de ces choix : « Des collectifs et des individu-e-s participent à alimenter ce site qui ne cherche pas à offrir une homogénéité théorique mais à permettre la diffusion de différents points de vue anti-autoritaires (anarchistes, anarcho-communistes, féministes, autonomes, conseillistes, etc.). Cet outil n’est ni l’organe d’un collectif ou d’une organisation, ni l’expression d’un point de vue unique, mais il se refuse à diffuser les textes d’obédiences autoritaires. »

Quelques précisons tout de même, non sur le fond de cette adresse, mais sur le pourquoi nous n’avons pas répondu à la dite lettre. Si Sous la cendre est un site collectif, il est animé par assez peu de monde et nos disponibilités respectives sont assez réduites en ce moment. Nous n’avons donc pas vu passer la lettre en question. Il ne s’agissait donc pas de passer à la trappe les questionnements d’André Dréan, dont nous publions à l’occasion certains textes, même lorsque nous avons des désaccords avec le contenu. Ensuite, il est difficile de faire le reproche à ce site de taire le caractère aliénant du religieux. La publication du texte de Claude guillon sur l’islamophobie en est une expression récente. Par contre cette adresse pose une nouvelle fois la nécessité d’améliorer notre fonctionnement collectif

Selon nos disponibilités et notre envie collective ou individuelle nous ferons une réponse à André plus tard.

Un de sous la cendre.

Lettre ouverte au site libertaire « Sous la cendre »*

mardi 24 novembre 2015

Envoyée au début de la semaine dernière à « Sous la cendre », cette lettre n’a reçu aucune réponse. Sachant qu’elle tente d’aborder des questions qui dérangent, ici celle de l’islam, sur laquelle pas mal de libertaires et assimilés préfèrent faire silence, par peur d’être taxés « d’islamophobie », je suis donc amené à la diffuser largement. Quelques précisions.

 

D’abord, dans la lettre, je souligne que le réductionnisme affiché dans « Ni de leur guerre, ni de leur paix » me rappelle celui qui présida à la rédaction de « Notre royaume est une prison », à l’époque de l’attentat contre la synagogue de la rue Copernic, en 1980. Bien entendu, je ne me livre à aucune analogie facile, qui me conduirait à affirmer que l’auteur de « Ni de leur guerre, ni de leur paix » est a priori négationniste, ce qui était déjà le cas de rédacteurs de « Notre royaume ». Par contre, vu le travers, propre à l’idéologie rationaliste à la française, dont il fait preuve, il favorise l’escamotage des questions « maudites » auxquelles beaucoup de « libertaires » autoproclamés ne veulent pas se confronter par pur opportunisme envers les préjugés qu’ils attribuent en bloc aux couches sociales qu’ils aimeraient bien racoler, sans même être à l’écoute des individus auxquels ils sont censés s’adresser. Ils oublient même parfois que des Maghrébins peuvent être athées ! Sans s’en rendre compte, ils reprennent, en quelque sorte à leur compte, l’idéologie d’Etat, comme expression renversée de la réalité, alors que cette dernière est beaucoup plus complexe et plus contradictoire qu’il n’y paraît dans le discours des gestionnaires de la domination.

Enfin, pour montrer que je ne fais aucune fixation obsessionnelle sur l’islam, je rappelle que les mêmes « libertaires », en quête permanente de causes improbables à soutenir et de victimes de « nos » États à défendre, ont souvent des attitudes identiques envers d’autres religions, à commencer par le catholicisme, en Europe même. Sans même remonter à l’époque de l’apparition de « Solidarnosc » en Pologne, je pense ici à l’Irlande où les républicains du « Sinn Féin », non contents d’être nationalistes sont, de plus, cléricaux. Ce qui n’est pas sans conséquence, à commencer par leur hostilité légendaire à la possibilité d’avorter. Il y a à peine six mois, à leur dernier congrès, leur direction a finalement reconnue du bout des lèvres qu’elle était pensable, sans même que cela fasse l’unanimité, « dans certains cas » : ceux où le fœtus est atteint de maladie, déformation ou handicap qui permette au corps médical de « douter de ses chances de survie ». Affirmer que le « Sinn Féin » et les populations irlandaises qui, en particulier en Ulster, le soutiennent partagent sur de telles questions des positions infâmes, est-ce faire preuve de « cathophobie » ? Alors même que l’État britannique, pour gérer au mieux la situation du côté de Belfast, interdit là-bas ce qu’il accepte ailleurs, en Grande-Bretagne ! Poser la question, c’est y répondre.

Lettre ouverte au site libertaire «  Sous la cendre  »

Bonjour,

J’ai été étonné de retrouver affiché sur votre site le texte « Ni de leur guerre, ni de leur paix », sans le moindre commentaire critique. Texte qui me semble particulièrement mal venu et que je ne diffuse pas pour plusieurs raisons dont la première est l’absence d’empathie envers les premiers concernés par le massacre, par exemple au Bataclan, les morts, les blessés, les proches, pour la plupart des « teenagers », y compris de banlieue, comme je peux en connaître, parfois depuis longtemps, ou en croiser là où j’habite dans le 93 (Seine-Saint-Denis). Lesquels « teenagers », à l’occasion d’origine maghrébine, étaient horrifiés par les massacres, ont passé leur nuit au téléphone et, pour certains, à courir les hôpitaux, craignant pour la vie de leurs amours, de leurs amis et de leurs relations, en vadrouille au centre du cyclone. Pourtant, malgré leur intense émotion, ils n’amalgamaient pas les « fous de Dieu » aux Arabes, aux Maghrébins, ni même aux Musulmans en général. Et tous condamnaient le lendemain l’instauration de l’état d’urgence et les appels à chanter « La Marseillaise » sur Facebook. Bref, le texte me rappelle, dans son esprit, ces « analyses » prétendument « objectives » dans les années 1970-1980, où les « subjectivités » étaient refoulées, concernant les massacres des juifs, à l’époque du nazisme. Il est impossible de répondre à l’utilisation des émotions par l’État hexagonal, ce que je suis le premier à faire, par la froideur de pseudo-analyses critiques « géopolitiques » du niveau du premier politologue « révolutionnaire », interviewé par le « Monde diplomatique ».

La deuxième raison, en liaison avec la première, c’est que le texte, vu son caractère intemporel, aurait pu être écrit il y a quarante ans, à l’occasion d’attentats sponsorisés par Carlos et le FPLP (Front populaire de libération de la Palestine), à l’époque du panarabisme, qui refoulait la question de la religion au nom de l’hypothétique construction de quelque État nation laïque, parfois même affublé de l’appellation incontrôlée « socialiste », en Palestine. Or, la question de la religion en général et celle de l’islam en particulier remontent à la surface plus que jamais, au point que ce que nous pensions dépassé avait été plus prosaïquement refoulé, en particulier dans les discours des leaders du panarabisme, du nassérisme et de ses avatars, déjà bien décomposés à la fin de la Guerre froide. Par exemple, la question des particularités de « l’islamisme radical », comme idéologie qui combine le politique et le religieux dans le cadre des rapports mondiaux actuels, fruits pourries de la liquidation des Blocs, est totalement passée sous silence dans le texte et réduite, de façon marxeuse, à la dimension de conflits entre États nations, au sens moderne, de luttes pour les marchés, etc. Or, la question soulevée par « l’islamisme radical », en Syrie et ailleurs, sous la bannière défraîchie de la Guerre sainte, n’est pas plus réductible à « l’implacable logique » du capitalisme et de l’État, en général, que celle du nazisme envers les juifs, les tziganes, etc. Il va falloir empoigner à bras le corps l’histoire de « l’islamisme radical », et le combattre en tant que tel, sans faire évidemment la moindre concession à la démocratie, à l’État républicain, à ses situations « d’urgence », à ses lois de la même veine, etc. Sinon, nous risquons de le banaliser, comme les révisionnistes le firent, et continuent à le faire, à propos de l’antisémitisme.

Car, je le dis tout net, sur la question des derniers massacres à Paris, ce texte est aussi faux, dans sa démarche, que ceux sortis, à l’époque du révisionnisme et de l’attentat de la synagogue de la rue Copernic, par les néobordiguistes, du genre « Notre royaume est une prison », en 1980. De façon générale, je pense que nous serons en accord là-dessus : la question religieuse n’est pas réductible à celle de « la logique » du capitalisme et de l’État. Pas plus que l’aliénation moderne n’a fait disparaître des aliénations millénaires, même si elle les modifie, les utilise, etc. Ce qui est aussi le cas de « l’islamisme radical », vu ce qu’il charrie de fanatisme religieux, déjà en termes de destructions accompagnées d’autodestructions violentes. Lesquelles ont comme objectif, non pas la réalisation de quelque État nation, mais celle, imaginaire, de la théocratie universelle préconisée dans le Coran, avec, comme récompense des bienheureux sacrifiés sur l’autel du Prophète, l’accès au paradis peuplé de vierges. Je pense que des Européens, pétris de culture chrétienne, puis laïque, ne comprennent pas à quel point les discours et les communiqués des imams, même fondamentalistes, rencontrent des échos dans la tête des musulmans d’ici, même si nombre d’entre eux sont gênés, voire horrifiés, par les actes commis par des « frères » au nom de l’islam.

Bref, en termes de critique, l’islamisme disparaît de l’horizon de pas mal de libertaires et assimilés, pour des raisons bien résumées dans le texte « Croire ou penser, il faut choisir ! », disponible sur le blog de Floréal. La haine légitime contre « notre » État ne doit pas nous conduire à écrire des textes aussi réducteurs que « Ni de leur guerre, ni de leur paix ». C’est une chose que de critiquer l’État républicain, comme je le fais sans concession, entre autres auprès des «  jeunes » que je connais sur « ma » banlieue, y compris depuis cinq jours. C’est autre chose que de défendre des positions réductrices, qui évacuent la critique de l’islamisme et de ses horreurs spécifiques, comme le fond nos citoyennistes à gauche de la gauche, particulièrement dans le 93. Au point d’accepter sans réagir, sous prétexte de ne pas stigmatiser en bloc les « musulmans », des propos vulgairement complotistes et antisémites, que j’entends parfois dans des cafés maghrébins de « ma » banlieue : « Les attentats sont horribles, mais ils ne sont pas le fait de vrais musulmans, mais de fous manipulés par Israël. » En ce qui me concerne, je ne tolère pas plus ce genre de propos, qui visent à dédouaner l’islam, que ceux de chrétiens qui affirmeraient : « L’inquisition n’avait rien à voir avec le christianisme et l’Église romaine, elle était sans doute manipulée par les rabbins d’Amsterdam. » Quitte à me faire traiter « d’islamophobe » par de prétendus libertaires et assimilés, je n’escamoterai pas la critique de la religion. Sans évidemment assimiler a priori des individus, ici musulmans, à des « fous de Dieu ». Par contre, lesdits libertaires de pacotille croient possible, par des tentatives d’approche opportuniste, de racoler des « jeunes » islamisés à des degrés divers. Misère du militantisme !

Ni Dieu, ni maître.

André Dréan,
Paris, le 18 novembre 2015.

Pour correspondre, écrire à [email protected]

* L’objectif de ma lettre n’est pas de stigmatiser « Sous la cendre », mais d’aller à la rencontre de personnes avec qui j’ai a priori envie de soulever des questions importantes. Ce qui n’est pas le cas avec de prétendus libertaires comme ceux qui, dans « Alternatives libertaires » et ailleurs, assimilent frauduleusement la critique de l’islam à de « l’islamophobie » et qui, par suite, déroulent le tapis rouge devant des lobbies aussi infréquantables que celui des « Indigènes de la république ».

Les petites affaires du FN Calvados

 Posted by on 15 octobre 2015 at 13 h 40 min  Actualité locale, Anti-fascisme / anti-racisme / Extrême-droite, Informations locales et vie des collectifs locaux.  Commentaires fermés sur Les petites affaires du FN Calvados
Oct 152015
 

Pour info, le FN a installé son local de campagne récemment rue de Vaucelles. Mais le développement local de ce répugnant parti a pris du plomb dans l’aile… Et c’est tant mieux. Comme pour rappeler que le FN n’est pas du tout en rupture avec le monde existant et la politique, il est rattrapé par des affaires.

Ouest-France

Diffamation, abus de confiance, faux en écriture… Les accusations contre le FN du Calvados ne manquent pas. 28 ex-candidats aux départementales quittent le parti.

« La responsable du Calvados doit démissionner »

La grogne dans les rangs du Front national du Calvados prend de l’ampleur. Mardi, Ils n’étaient qu’une douzaine d’adhérent. Aujourd’hui, ils sont 28 anciens candidats (14 binômes) du parti aux élections départementales dans le Calvados. Tous mettent en cause la gestion de la fédération par son actuelle responsable, Christelle Lechevalier, et demandent « sa démission ».

Diffamation, abus de confiance…


Mise en cause, Christelle Lechevalier répond que ces accusations relèvent du « machisme » et d’une ambition politique déçue. | Archive Ouest-France

Les accusations sont lourdes : Diffamation, abus de confiance, faux en écriture… Les ex-candidats ont l’intention de porter l’affaire devant les tribunaux, « dans le cadre d’une plainte collective, expose Franck Lejeune, ex-candidat sur la circonscription Caen 3. Sauf si Christelle Lechevalier est destituée et que nous rentrons dans nos frais. »

Ils déchirent leurs cartes : « C’est fini. On n’ira même plus voter »

Pour Christelle Lechevalier, ces accusations relèvent du « machisme » et d’une ambition politique déçue. La défense ne tient pas pour les frondeurs.  » La moitié des candidats sont des femmes », rétorque une candidate, précédemment membre du bureau. Quant au prétendues ambitions politiques, les ex-candidats ont déchiré leur carte du FN mercredi soir. « Il n’est plus question pour nous de politique. Maintenant c’est fini. Et on n’ira même plus voter. »

La mairie de Caen installe 47 caméras de surveillance : Projection/discussion autour de la vidéo-surveillance.

 Posted by on 13 octobre 2015 at 17 h 24 min  Actualité locale, Flicage / Répression / Carcéral / Sécuritaire, Informations locales et vie des collectifs locaux.  Commentaires fermés sur La mairie de Caen installe 47 caméras de surveillance : Projection/discussion autour de la vidéo-surveillance.
Oct 132015
 

La mairie installe 47 caméras de surveillance à la Guérinière, au Port, à la Gare, à la Grâce de Dieu, au Chemin Vert, à la Pierre-Heuzé, aux différentes entrées et sorties de la ville.

Ainsi, elle entend fliquer et contrôler nos mouvements, nos comportements pour mieux les adapter aux besoins de ce monde marchand. A ces dispositifs s’ajoutent ceux que Twisto, les banques, les hypers-marchés et « autres bienfaiteurs de l’humanité » ont déjà mis en place et qui visent tout autant à quadriller la ville pour sécuriser leurs intérêts qu’à analyser nos comportements en vue d’augmenter leurs bénéfices. S’ajoutent également ceux qui scrutent nos agissements sur le net, qui enregistrent nos déplacements dans les réseaux de transports, qui fichent nos situations dans les administrations… En chaque fraudeur potentiel s’élimine le véritable coupable : le monde dans lequel nous sommes enfermés.

« Notre environnement change à toute allure. Et lentement mais sûrement, de façon presque inaperçue, nous aussi changeons en même temps. L’environnement nous change. Il influence nos faits et gestes, la conception de notre temps, nos mouvements, nos désirs et nos rêves. Regarde cette ville. C’est un endroit qui se trouve constamment en état de changement. Le pouvoir y érige de nouveaux centres commerciaux et des prisons, y occupe les quartiers avec des milliers de nouvelles caméras et des commissariats supplémentaires, y construit des lofts pour les riches et pousse les pauvres en dehors de la ville, y étend les transports en commun pour que tout le monde puisse toutefois arriver chaque jour à l’heure à sa place dans l’économie. Et pourtant – et les défenseurs du système le savent trop bien – l’occupation du territoire par toutes ces infrastructures reste au fond relative. En l’espace de quelques nuits sauvages, une foule en insurrection pourrait techniquement parlant réduire tout cela en cendres. C’est bien pour cela que la véritable occupation – l’occupation durable qui garantit que l’oppression survive sous différentes formes à travers l’histoire – se trouve ailleurs. Elle se trouve dans nos têtes. » - Extrait de la guerre de l’imagination – Revue La Cavale (Belgique).

Nous organisons le mardi 20 octobre à 18 heures au local Apache – boulevard Poincaré – une projection autour de la vidéo-surveillance, suivie d’une discussion.

Le collectif sans nom.

L’ETAT ET LE CAPITAL NOUS OBSERVENT, CREVONS LEUR LES YEUX !

Des infos régulières sur : https://sous-la-cendre.info/

A la suite une affiche téléchargeable non signée et collable…

Affiche annonce vidéo-Surveillance.

Manif et actions le 8 octobre à Caen et au Havre

 Posted by on 9 octobre 2015 at 17 h 27 min  Actualité locale, Chômage / Précarité / Travail / Syndicalisme / Capitalisme, Education / Facs, Informations locales et vie des collectifs locaux.  Commentaires fermés sur Manif et actions le 8 octobre à Caen et au Havre
Oct 092015
 

ouest-plouc:

Au lycée Fresnel à l’appel de l’UNL. Plus de 300 élèves manifestent

A l’appel de la CGT, de la FSU et de Solidaires, un mouvement national pour les salaires et l’emploi se déroule aujourd’hui. Des lycéens de Fresnel ont rejoint le cortège.

Environ 300 des 1 000 élèves du lycée Fresnel étaient rassemblés devant leur établissement ce matin. À l’appel de l’Union nationale lycéenne (UNL), ils se sont joints à la manifestation organisée par la CGT, la FSU et Solidaires.

Parmi leurs revendications, « des mesures à prendre d’urgence », lance Nathan Le Potier, porte-parole de l’UNL dans le Calvados. Il cite entre autres « une consultation nationale sur les rythmes scolaires, la gratuité des transports, la rémunération des lycéens pros et des effectifs limités ».

En milieu de matinée, les lycéens de Fresnel ont rejoint le cortège en centre-ville.

Notre reportage. Le Havre bloquée pendant quatre heures hier matin

Retour sur une matinée agitée, entre blocage des accès de la ville et rassemblement à Octeville. Parmi 1 500 manifestants, 300 grévistes de Sidel, où 300 emplois sont menacés.

Toutes les entrées de la ville bloquées de 6 h 30 à 10 h, des embouteillages de plusieurs kilomètres, plus de 500 manifestants devant le stade Océane… Le mouvement national interprofessionnel à l’appel de la CGT, Solidaires et de la FSU a paralysé Le Havre et son activité économique, hier matin. Avec « de 1 000 et 1500 manifestants dont 500 portuaires, 500 dockers, Total, la pénitentiaire, les employés municipaux… » liste Reynald Kubecki de la CGT Sidel à Octeville qui insiste : « Et aucun incident ».

La CFDT, FO, UNSA se sont joints au mouvement « pour s’opposer à la casse de l’emploi, la politique d’austérité, la précarisation, la remise en cause des acquis sociaux… », détaille Jacques Richer, secrétaire de l’union locale CGT du Havre. « Nous montrons que l’unité des salariés est possible. »

L’intégralité du reportage dans l’édition Ouest-France du 9 octobre 2015

Manifestant blessé au Medef de Caen en 2010 indemnisé

 Posted by on 9 octobre 2015 at 17 h 21 min  Actualité locale, Flicage / Répression / Carcéral / Sécuritaire, Informations locales et vie des collectifs locaux.  Commentaires fermés sur Manifestant blessé au Medef de Caen en 2010 indemnisé
Oct 092015
 

D’après Ouest-france, le manifestant blessé par un tir tendu de lacrymogène lors des affrontements au Medef de Caen en 2010 devrait être indemnisé à hauteur de plusieurs milliers d’euros. L’Etat aurait été condamné, suite à l’échec de l’enquête interne à trouver le tireur (sic). Suite à cette blessure à la tête, le pronostic vital avait été un temps engagé. Le long épisode juridique s’achève donc après plusieurs années, non sans s’appuyer sur l’habituelle distinction entre gentil manifestant (catégorie dont la justice met cet étudiant) et méchants émeutiers/casseurs.

Rappel des faits: le matin, une manif regroupe 40 000 personnes qui s’opposent à la nouvelle réforme des retraites. L’après-midi, un cortège nombreux, appelé par l’AG de la fac et l’Ag intercatégorielle, part de la fac vers le Medef, où des salariés se rassemblent à l’appel de l’Intersyndicale. A peine le cortège arrivé au Medef, des projectiles sont lancés auxquels répondent des lacrymos. Les flics sont acculés au Medef, et saturent l’air de lacrymo. Un des tirs tendus frappera en pleine tête un manifestant, rapidement évacué puis pris en charge par l’équipe médicale mise en place pendant cette lutte (comme quoi c’est utile). Les affrontements dureront une bonne heure, et vaudront à Hortefeux, Ministre de l’Intérieur, d’inventer la catégorie des anarcho-libertaires (sic) dans une déclaration au Parlement attisant le souffle de la répression…

Vidéoprotection et barrières arrivent sur le port de Caen

 Posted by on 30 septembre 2015 at 14 h 53 min  A la une, Actualité locale, Flicage / Répression / Carcéral / Sécuritaire, Informations locales et vie des collectifs locaux.  Commentaires fermés sur Vidéoprotection et barrières arrivent sur le port de Caen
Sep 302015
 

Les premières caméras de vidéosurveillance supplémentaires arrivent à Caen… 4 sur le port, pour empêcher les noyades (sic).

France 3:

Mardi 8 septembre, la municipalité a annoncé l’installation de quatre caméras de vidéoprotection et 700 mètres de barrières de sécurité.

Quarante-sept caméras sont déjà en fonction dans la ville de Caen pour prévenir contre les actes de délinquance. Quatre caméras supplémentaires vont être installées au niveau de la promenade du quai Vendeuvre, du carrefour du quai Vendeuvre et de la rue Guilbert, du quai de la Londe et du Pont de la Fonderie et une dernière, au niveau de la Capitainerie du bassin Saint-Pierre.

D’ici le 14 septembre prochain, 700 mètres de barrières de type bastingage seront mises en place autour du port, pour prévenir le risque de chute. Des travaux qui répondent aux attentes des familles. Rappelons que cinq personnes se sont noyées dans le bassin Saint-Pierre depuis 2010.

Par ailleurs les dispositif existants ont été renforcés. Une ligne de vie et des échelles supplémentaires ont été posées en juillet 2015. Désormais, il y a 1240 mètres de ligne de vie, 13 échelles et 12 bouées de sauvetage au niveau du port. Des kits de secours ont également été distribués à dix commerces situés à proximité.

Tract caennais contre la vidéosurveillance

 Posted by on 30 septembre 2015 at 13 h 15 min  A la une, Actualité locale, Flicage / Répression / Carcéral / Sécuritaire, Informations locales et vie des collectifs locaux.  Commentaires fermés sur Tract caennais contre la vidéosurveillance
Sep 302015
 

Tract qui a circulé dans les rues de Caen:

Vidéosurveillance : « rien à se reprocher donc rien à craindre » ?!

 

« Dans ce système, c’est l’homme ordinaire, libre de ses mouvements, qui représente une menace. Ce n’est plus le délinquant qui est dangereux (car il est surveillé, contrôlé, encadré), c’est le citoyen libre et autonome, donc imprévisible. » (ARENE, « La vidéosurveillance nous protège »)

 

Dérive vers totalitarisme ?

Allez, admettons que nous vivons sous un régime dans lequel nos libertés seraient garanties. La vidéosurveillance ne nous concernerait donc pas, nous, citoyen-ne-s sans reproches. Sauf que chacun-e- d’entre nous à quelque chose à se reprocher ! Si on prend l’exemple des transgressions au code de la route, on se rend compte que chacun-e a un jour ou l’autre déjà commis un écart de conduite par rapport aux règles sociales (qui n’est jamais passé au feu orange, n’a jamais dépassé une limitation de vitesse, etc…). Qui plus est, poser des actes illégaux fait partie intégrante des luttes contre l’ordre existant qui produit de l’oppression et des inégalités. Le fait de sortir de la légalité peut être bien plus légitime que le fait de s’y soumettre.

On nous dit que son utilisation y serait encadrée, limitée. Et que certes, dans un régime dictatorial ou totalitaire, de tels outils pourraient se révéler néfastes : on a étudié « 1984 » à l’école républicaine comme un modèle éloigné, dont nos sociétés ne seraient pas traversées. Sauf que, sur certains aspects, la fiction est devenue réalité voire parfois la dépasse[1]! La démocratie libérale dans laquelle nous sommes administré-e-s n’est en fait qu’une dictature insidieuse qui s’immisce petit à petit dans tous les aspects de nos vies quotidiennes. Une société où chacun-e est voué-e à être pisté-e, enregistré-e, fiché-e, où l’on doit rendre des comptes sur tout, est en effet difficilement distinguable d’un régime totalitaire.

Et si toute la population est contrôlée, qui contrôlera les gardien-ne·-s ? Quelles prises pourrions-nous avoir sur les données ainsi collectées ? Déjà, croire que de tels dispositifs de contrôle ne nous échapperaient pas est illusoire ; et dans l’hypothèse où ce serait possible, il faut admettre qu’un système de surveillance généralisée de chacun-e sur chacun-e serait tout de même assez effrayant/effarant ! Par ailleurs, qu’il existe ou non une possibilité de maîtrise sur la surveillance, nous sommes fondamentalement opposé-e-s à toute forme de contrôle : on ne veut pas de surveillance « éthique et responsable », on n’en veut pas du tout !

 

Intériorisation des comportements et auto-censure

Les dispositifs de vidéosurveillance n’auraient pour vocation que de prévenir les comportements délictueux ou criminels ayant lieu dans certaines zones précises. Du moins, c’est l’argument largement présenté jusqu’à ce que toute une ville et tou-te-s celles et ceux qui s’y déplacent ou y « vivent » soient vidéo-quadrillé-e-s. A Caen, la municipalité prévoit d’installer entre 50 et 80 caméras supplémentaires en plus de celles déjà existantes. Les quartiers populaires et le centre-ville sont particulièrement ciblés pour surveiller les pauvres et protéger les intérêts bourgeois.

Ce n’est pas tant le seul espace « public » (si tant est qu’il existe encore) qui en est presque autant affecté qu’une taule. En effet la vidéosurveillance n’est qu’une des manifestations d’une logique plus générale de contrôle et d’auto-contrôle, même dans les espaces non vidéo- « protégés ». Comme toute technologie, la caméra n’est pas un objet neutre et inerte : même quand elle n’est pas pointée sur nous, elle dicte les conduites à suivre dans la rue, les transports, les magasins… y compris chez soi.

 

Citoyen-ne-s relais

Cette extension progressive a pour effet l’habituation sociale : s’habituer à la caméra dans la banque, puis celles des supermarchés, dans certains coins de la ville… puis partout. Le fait d’être constamment sous surveillance devient banal, tout comme on intériorise les comportements à suivre pour ne pas lancer d’alerte. Il faut savoir que les caméras peuvent être couplées à des logiciels (caméras dites intelligentes qui analysent les comportements) qui définissent différents niveaux d’alerte. Par exemple, le simple fait de courir devient suspect ; le fait de se regrouper aussi, ou encore, le fait de marcher en sens contraire d’un mouvement de foule, etc… Les logiciels intégrés aux caméras peuvent aussi être en capacité de reconnaître les visages, les silhouettes, les postures et les démarches pour que les individu-e-s considéré-e-s comme suspect-e-s soient repéré-e-s puis signalé-e-s. À la justification des caméras et à l’intériorisation des normes comportementales, vient s’ajouter le relais de ces surveillances…

En tant que dispositif, les caméras de surveillance se déclinent en de multiples appareillages (caméras portables personnelles, googleglass[2], etc…). Au-delà d’être utilisées et d’offrir la possibilité pour des individu-e-s, au pouvoir ou non, de voir à travers eux sans/contre le consentement de leur propriétaire, ces dernier-e-s peuvent les utiliser aussi sciemment en vue de surveillance et/ou de délation (blancs blocks[3], voisin-e-s vigilant-e-s, etc…). Quand ce n’est pas nous-mêmes que nous filmons! Cette généralisation rend de fait suspect-e-s les individu-e-s qui refusent de s’y plier (dis donc, t’as pas facebook, t’aurais pas des trucs à cacher par hasard ?!).

La surveillance, le contrôle, la suspicion, la délation maillent alors nos relations sociales. C’est l’autre, c’est l’altérité qui est sommée de se justifier et non les normes sociales dominantes et oppressives.

 

Privatisation du contrôle

La vidéosurveillance, c’est aussi un business qui rapporte ! Les plus grand-e-s promoteur-euse-s de la vidéosurveillance ont bien souvent des intérêts économiques à la voir se développer. Ici à Caen, le coût de l’installation des nouvelles caméras est estimé à 1 million d’euros : c’est une somme plutôt impressionnante qui partira en partie vers des sociétés privées. Les individu-e-s participeront sans le vouloir/savoir, par le biais des impôts locaux, au développement de leur propre surveillance et à alimenter des intérêts qui ne sont pas les leurs, contrairement à ce qu’on voudrait leur faire croire. Autre exemple local : l’étendue de la vidéosurveillance concernera aussi les principaux arrêts de bus et de trams (on en trouve déjà à l’intérieur de chaque véhicule et à quelques arrêts). Là encore, des fonds publics sont utilisés pour servir des intérêts privés : le réseau « twisto » appartient à Kéolis (dont les bénéfices en 2013 s’estimaient à 38 millions d’euros), qui préfère le choix de l’augmentation des prix des titres de transports et du développement des dispositifs de contrôle, dans le seul et unique but de dégager plus de profits et de protéger ces derniers.

« 12 %. Ce devrait être le taux de croissance du marché mondial des équipements de vidéosurveillance pour l’année 2014 pour atteindre 15,9 milliards de dollars (contre 14,1 milliards en 2013), si on en croit les chiffres d’une étude réalisée par IHS Technology » (Protection Sécurité Magazine, 31/01/2014). Le sécuritaire représente donc aussi un marché : aux enjeux de contrôle social, se mêlent des enjeux économiques dont on peut voir ici qu’ils ne sont pas minimes. Comme toujours, les liens entre État et capital ne sont plus à prouver !

« En France : 20 000 agents en 1983, date des premières réglementations, introduites après le meurtre d’un clochard par un vigile aux Halles, 70 000 en 1990 où P. Joxe invite le secteur privé à une « coproduction de sécurité » avec l’État, 160 000 aujourd’hui (…) L’état engage à partir de mars 2009 un grand programme de promotion des métiers de la sécurité privée, le « Cap 100 000 emplois sécurité privée », avec pour objectif l’embauche d’ici 2015 de 100 000 agents supplémentaires. » Ce qui signifie que le nombre d’agents privés sera passé en 2015, selon cette prospective, à 250 000 et excédera le nombre d’agents publics, maintenu autour de 200 000 (Sylvain Prudhomme, « Cap des 250.000 vigiles »). On peut imaginer (sans grand risque de se tromper) que ce qui était annoncé/orchestré s’est produit, voire pire encore !

 

Gestion des flux et traçabilité

C’est une surveillance constante de tout ce qui ne rentre pas dans les cadres qui est en place, ce qui bouge trop vite, ou pas assez, ou à trop nombreux (biométrie, détection automatique de comportements non « habituels », téléphone portable, RFID, GPS, internet, poubelles à puces, etc.). Après la traçabilité des animaux non-humain-e-s et des marchandises, l’État rend opérante la traçabilité des individus, présentée comme seul moyen de faire disparaître les imprévus et les dysfonctionnements, là où il n’y a que les conséquences d’un système social féroce. Il s’agit d’administrer les flux pour faciliter la circulation des échanges financiers. Cette volonté de contrôle total se traduit par le renforcement des dispositifs législatifs.

 

Filmer les effets et non les causes

La propagation des dispositifs de surveillance s’accompagne d’un discours vantant ces vertus en termes de prévention et de protection. Mais de qui, de quoi ? Qui les caméras dissuadent-elles ? Et de quoi ? En quoi ces relais oculaire et digitaux du système au pouvoir nous protègent-ils de sa domination (qui, en elle-même, reste infilmable) ?

L’exemple de l’argument utilisé à Caen pour justifier la vidéosurveillance sur le port est remarquable : il semblerait que son objectif soit de prévenir les noyades ! Alors admettons que les caméras soient « intelligentes », aient des capacités impressionnantes (ou effrayantes, au choix !), notamment pour détecter les comportements déviants et lancer des alertes. Mais leur capacité d’adaptation aux situations a ses limites ; on n’a encore jamais vu des caméras se transformer en sauveteur-euse pour sortir des personnes de l’eau ! Là encore, il ne s’agit pas de démontrer le degré d’inefficacité des caméras de surveillance quant à leurs buts affichés ; ce texte ne vise pas à rendre ces dispositifs plus démocratiques ou plus fiables mais à participer à leur disparition.

« La technologie de la surveillance fait système avec l’idéologie de l’origine individuelle de la dangerosité sociale, et permet ainsi, en détournant l’attention sur une image particulière, de masquer les faillites du système qui l’expliquent. Pendant que la caméra filme les faits divers qui font les choux gras des grands médias, le système idéologique qui en est la source invisible continue sa progression, alimentant régulièrement le lot des images de violence, ce qui justifie la présence des caméras en même temps que la nécessité d’en ajouter aux anciennes, saturant ainsi toujours plus l’espace public d’yeux technologiques qui nous empêchent, finalement, d’y voir quelque chose. » (ARENE, « La vidéosurveillance nous protège »). Le système qui cherche à disséminer la surveillance est celui qui produit les effets que les caméras vont ensuite traquer

 

Injonction pour tou-te-s à rendre des comptes

Cellui qui n’aurait rien à se reprocher n’aurait pas à rendre compte de sa conduite. Par conséquent il serait légitime pour ielle de demander à la société de lui foutre la paix, de ne pas se sentir épié-e, évalué-e, d’avoir plaisir d’être quelque part sans que personne ne le sache.

« Tu n’as rien à te reprocher : irréprochable Henri Chabert, heureux Henri Chabert qui n’a que des amis policiers. Mais es-tu tant à l’abri que ça ? Qui décide de, ce que tu dois ou non te reprocher ? Faut-il absolument commettre des actes délictueux pour subir les foudres de la répression ? Parfois il suffit d’exister (…) Comment pourras-tu réagir lorsqu’une nouvelle catégorie de personnes, fichées et encartées, sera stigmatisée ? Comment pourras-tu désobéir à des lois que tu jugeras liberticides ? Comment pourras-tu exercer un contre-pouvoir à la toute-puissance de l’État et des entreprises ? Sauras-tu encore réagir ? (« Lettre ouverte à Henri Chabert, un homme qui n’a rien à se reprocher »).

 

Foutons en l’air la vidéosurveillance et le monde qui la produit !

 

Références des textes cités et sources :

 

  • « La vidéosurveillance nous protège »

Source : https://quineditmot.wordpress.com/ressources/videosurveillance/

 

  • « Lettre ouverte à Henri Chabert, un homme qui n’a rien à se reprocher »
    Au doigt & à l’oeil : quand vidéo-surveillance et biométrie resserrent les petites mailles du filet », Sébastien Thomasson, décembre 2005 (dispo ici : https://infokiosques.net/spip.php?article319)
  • https://lignesdeforce.wordpress.com/tag/michelonfray/

 

 

  • Références sur la traçabilité : lettre sur le puçage des animaux (Y. de brocéliande) : https://sniadecki.wordpress.com/2014/11/29/ogor-responsables/

 

  • http://www.surete-securite.com/actualites/marche-mondial-de-la-videosurveillance-croissance-a-deux-chiffres-_652192)

 

  • http://le-tigre.net/IMG/pdf/TM_20147_XxrlKQ.pdf)

 

Collectif sans nom.

[1]Qu’est-ce que facebook, si ce n’est Big Brother qu’on invite chez nous ?!

[2]Un des projets de google qui vise à développer et mettre sur le marché des lunettes équipées de caméras.

[3]Appel d’individu-e-s à se regrouper habillé-e-s en blanc pour la manifestation du 22 novembre à Nantes (suite à l’assassinat de Rémi Fraise par la police), dans le but de se différencier des black-blocks et de constituer une force pour repérer, signaler et empêcher les manifestant-e-s qu’ielles considèrent violent-e-s. Le contenu de cet appel est explicitement un appel à désolidarisation et à délation : les flics ont trouvé au sein des manifestations des relais pour faire leur travail, sans même avoir à demander !

Présentation d’un collectif antiautoritaire caennais (qui se cherche toujours un nom)

 Posted by on 30 septembre 2015 at 13 h 04 min  A la une, Actualité locale, Informations locales et vie des collectifs locaux.  Commentaires fermés sur Présentation d’un collectif antiautoritaire caennais (qui se cherche toujours un nom)
Sep 302015
 

Depuis quelques mois des gens ont ressenti le besoin de s’organiser collectivement à partir d’un certains nombre de constats liés à de précédentes expériences collectives, d’envies communes et de réflexions/questionnements. Plusieurs discussions ont eu lieu. Ce texte, qui n’est en rien figé et définitif, est une tentative de présentation de là où nous en sommes. Une de ces envies partagées est, entre autre, de prendre le temps de discuter et d’acter collectivement nos convictions et pratiques communes tout en commençant à nous organiser et à agir dans ce collectif. Nous sommes un collectif ouvert à toutes personnes tant qu’elles partagent nos principes de base.

Nous nous inscrivons dans une rupture avec le monde existant en vue de construire une société égalitaire dans laquelle pourra se vivre et se conjuguer l’émancipation de chacun·e. Cela induit de lutter contre toutes formes de domination et d’oppression dont le racisme, le sexisme, le capitalisme, l’État, l’industrialisme… Nous cherchons à ce que notre/nos manière-s de nous organiser ensemble, nos actions, notre engagement dans les luttes et nos expériences collectives prolongent/dépassent nos sentiments de révoltes et soient portés par cette perspective révolutionnaire.

Nous refusons de hiérarchiser les différentes dominations existantes. Le but est d’essayer de toujours lier les luttes contre les différentes formes de domination. Nous pouvons toutefois, collectivement ou individuellement, faire le choix d’en privilégier certaines par moment, sans pour autant oublier les autres. Les un·e·s et les autres peuvent être traversé·e·s par certaines motivations qui leur parlent davantage à un moment donné.

Nous souhaitons aussi nous donner les moyens de combattre tous rapports de domination et d’oppression qui peuvent ou qui pourraient se jouer dans cette « association d’individu·e·s ». Ces modalités peuvent passer par le recours à différents outils tels que la non‑mixité, les réunions en petits groupes, des temps de discussions formels et informels, des temps d’analyses critiques / autocritiques. Cela passe aussi par l’attention portée à la sensibilité et à la parole de chacun·e sans pour autant masquer les tensions et les divergences qui doivent pouvoir s’exprimer. La volonté est de créer les conditions d’écoute pour que chacun·e·s des personnes puissent se sentir légitimes à s’exprimer. Nous cherchons à veiller à ce que la parole ne soit pas monopolisée par quelques‑un·e·s et à ce qu’il n’y ait pas de paroles jugées légitimes et d’autres ignorées. Chacun·e doit pouvoir se sentir en confiance pour s’exprimer (points de vue, ressenti, doutes, divergences) et cela passe par une attention collective aux conditions d’écoute dans les réunions, débats, discussions, luttes…

L’attention portée à chacun·e passe aussi par être attent·ifs/ives aux rythmes de chacun·e et avoir une attention particulière aux nouvelles personnes. Nous ne sommes pas tou·te·s dans les mêmes situations (boulot, chômage, enfants etc.), nous ne pouvons pas tou·te·s avoir le même temps de présence, ce qui n’est pas une raison pour créer une nouvelle hiérarchie, surtout qu’on n’aime pas ça la hiérarchie.

Suivre nos propres rythmes c’est créer collectivement nos propres temporalités et non pas celles qu’on nous impose par le travail et les administrations, l’actualité, les réformes etc. On a bien envie d’essayer de s’extraire autant que possible de l’urgence, ce qui par ailleurs limitera la reproduction d’une routine militante et l’apparition de formes de dépossession.

Le groupe est avant tout une expérience collective, traversée par des contradictions, des erreurs. Il paraît essentiel de nous réunir régulièrement après des activités menées pour élaborer une analyse critique. Nous comptons privilégier les liens directs et limiter l’usage d’internet dans l’organisation du collectif, mais aussi dans nos luttes.

L’analyse critique et l’autocritique passent également par le partage, la mutualisation des savoirs de chacun-e car nous ne possédons pas forcément les mêmes références et codes. Cela permet de requestionner collectivement nos évidences et d’éviter de considérer nos acquis comme allant de soi. Nous souhaitons également maintenir sans cesse le lien entre actions et questionnements de fond et prendre le temps de penser et discuter collectivement nos activités, d’avoir un retour dessus sans pour autant rester dans de vastes considérations théoriques.

Nous voulons rechercher systématiquement à discuter collectivement pour essayer d’avoir des positions et des textes communs. Nous ne cherchons pas à dégager une majorité mais à tendre vers un consensus où les divergences, les doutes et les ressentis pourront être identifiés et discutés. Il ne s’agit pas pour nous de fétichiser le groupe. Plusieurs voix peuvent toutefois se confronter et être émises par la suite, la condition étant d’essayer au préalable de chercher le commun. Il est donc possible que parfois il y ait plusieurs textes avec quelques divergences émanant du collectif. C’est une manière de matérialiser le fait que dans certains cas, il peut il y avoir des analyses différentes qui sont ponctuelles et pas forcément fondamentales.

Nous souhaitons partir le plus possible de nos réalités et de nos vécus, notamment pour se défaire de la routine, de l’automatisme militant, de l’activisme. Partir de nos réalités et de ce que nous sommes, c’est aussi une manière de refuser de parler « au nom de », « à la place de », de faire preuve d’une certaine honnêteté dans nos interventions et de se prémunir autant que possible de tendances avant-gardistes ou produisant de la dépossession. Nous ne pensons pas pour autant qu’il faille se contenter de partir de nos réalités. Nous comptons bien nous solidariser avec des gens qui ne partagent pas les mêmes situations que nous, avec des luttes, et éviter de rester entre soi ou dans une forme de corporatisme.

Nous cherchons à donner du sens à ce que l’on fait, à ne pas séparer nos convictions et activités de notre vie quotidienne. C’est aussi une façon de mettre en avant la question du plaisir dans ce que l’on fait sans évidemment en faire le seul moteur de nos actions. En effet, si nous voulons une rupture avec le monde existant, nous ne pouvons pas faire autrement que d’y vivre aussi. Nous voulons donc expérimenter des choses en donnant un sens subversif à nos activités, sans reproduire des formes alternatives intégrées au système. Nous voulons aussi résister ensemble à ce qu’on se prend dans la gueule et essayer d’améliorer nos quotidiens, mettre en place des formes concrètes de solidarité.

Ce collectif se réunie régulièrement, le plus souvent au local Apache, 35 bvd Poincaré à Caen. Il est possible de se pointer aux permanences du local les 1er et 3ème samedis du mois à 15h où, au détour de la bibliothèque La pensée sauvage et de l’infokiosque subversif, vous pourrez avoir des infos et rencontrer des membres de ce collectif.