Cortège antivalidiste contre la loi Travail

 Posted by on 6 mars 2016 at 22 h 05 min  A la une, Luttes sociales, médecine, santé  Commentaires fermés sur Cortège antivalidiste contre la loi Travail
Mar 062016
 
fauteuils roulants

Cortège antivalidiste contre la loi Travail

Lutte Antivalidiste est un nouveau collectif de personnes handicapés. Le collectif est antivalidiste, anticapitaliste, antifasciste et féministe.

Camarades,

Nous, Lutte Antivalidiste, appelons à manifester contre la loi Travail.
Nous devons nous mobiliser pour notre avenir et celle des générations futures, le 9 mars prochain sera l’occasion d’amorcer un grand mouvement social.
La loi Travail(les et tais-toi) nous concerne tou-tes, y compris les personnes handicapées. Cette loi attaque frontalement le Code du travail, déjà bien amoché par la loi Macron.

Parmi les éléments proposés dans le projet de cette réforme (qui ne fait que légaliser certaines pratiques déjà existantes) :

  • La prime d’activité qui touche en premier lieu les travailleur-ses handicapé-es,
  • En effet, la prime d’activité, qui remplace et fusionne la PPE et le RSA activité, ne pourra plus s’additionner à la pension d’invalidité.
  • La prime d’activité est également supprimé au/à la conjoint-e d’une personne bénéficiaire de l’AHH.
  • Enfin, pour les travailleur-ses en longue maladie, la prime d’activité leur sont également interdites, les indemnités journalières ne sont plus prises en compte comme un salaire au-delà du troisième mois, mais comme une prestation sociale.

Ajouté à cela, toute une série de changements rétrogrades pour la grande majorité des travailleur-ses dont :

  • En cas de licenciement illégal, l’indemnité prud’homale est plafonnée à 15 mois de salaire.
  • Les 11 heures de repos obligatoire par tranche de 24 heures peuvent être fractionnées.
  • Une entreprise peut, par accord, baisser les salaires et changer le temps de travail
  • Les temps d’astreinte peuvent être décomptés des temps de repos
  • Le dispositif « forfaits-jours », qui permet de ne pas décompter les heures de travail, est étendu
  • Les apprentis mineurs pourront travailler 10 heures par jour et 40 heures par semaine
  • Le plancher de 24 heures hebdomadaires pour un contrat à temps partiel n’est plus la règle dans la loi (confirmation d’une loi antérieure).
  • Il suffit d’un accord d’entreprise pour que les heures supplémentaires soient 5 fois moins majorées.
  • Une mesure peut-être imposée par référendum contre l’avis de 70% des syndicats.
  • Une entreprise peut faire un plan social sans avoir de difficultés économiques.
  • Après un accord d’entreprise, un-e salarié-e qui refuse un changement dans son contrat de travail peut être licencié.
  • Par simple accord on peut passer de 10h à 12h de travail maximum par jour.

Pour Paris, RDV le 9 mars, à 14h, Place de la République

Source : http://paris-luttes.info/cortege-antivalidiste-contre-la-4988

2 rdv de critique de la psychiatrie et du monde qui va avec…

 Posted by on 23 janvier 2016 at 20 h 13 min  A la une, Actualité locale, Anarchisme, antipsychiatrie, Informations locales et vie des collectifs locaux., médecine, santé  Commentaires fermés sur 2 rdv de critique de la psychiatrie et du monde qui va avec…
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Critique de la psychiatrie et du monde qui va avec2_img

Le mardi 26 janvier à 17h, campus 1 (université de Caen) – salle du conseil – bâtiment B :

Dans le cadre du Séminaire Pratiques et Pensées de l’Émancipation

« Système psychiatrique : aliénations, résistances et perspectives d’émancipation »

Avec Philippe Artières (historien) et le collectif Sans Remède

plus d’infos : http://www.unicaen.fr/recherche/mrsh/ppe/3816

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Le mercredi 27 janvier à 18h30 au local apache, 35 bvd poincaré (Avec auberge espagnole : possibilité de ramener à boire et/ou manger) :

Causerie avec pour question de départ : les psychiatrisé·e·s doivent-elles/ils se passer des soignant·e·s pour leur émancipation ?

En présence des collectifs médecine libertaire et sans Remède

Les deux lieux sont accessibles aux fauteuils roulants comme volants.

A. Pichot, Aux origines des théories raciales, 2008

 Posted by on 20 octobre 2015 at 10 h 13 min  Anti-fascisme / anti-racisme / Extrême-droite, médecine, santé  Commentaires fermés sur A. Pichot, Aux origines des théories raciales, 2008
Oct 202015
 
book

André Pichot,

Aux origines des théories raciales. De la Bible à Darwin

éd. Flammarion, 2008, 520 p.

 

« Le darwinisme n’est pas une théorie scientifique qui a connu maintes dérives idéologiques, c’est une idéologie à qui la génétique a fini par donner un aspect à peu près scientifique » (p. 299).

Telle est la thèse qui conduit André Pichot, dans son dernier livre, à opérer un bouleversement des catégories habituelles de pensée : Darwin n’est plus le champion de la vision scientifique du monde en lutte contre la conception obscurantiste du créationnisme et du finalisme religieux, mais l’une des figures du grand mouvement idéologique emportant aussi bien la biologie que les religions au XIXe siècle, et qui conduit finalement aux diverses théories du racisme « scientifique » : la biologisation de l’ordre social. Darwin ne l’aurait donc pas emporté contre son temps mais, tout au contraire, serait le produit des idées dominantes de son époque, auxquelles il aurait fourni en retour une arme puissante en la notion de sélection naturelle, susceptible de donner au capitalisme comme au colonialisme alors en expansion le fondement naturel qui leur manquait.

A l’appui de cette thèse provocatrice, A. Pichot convoque une immense érudition qui donne à ce livre une forme différente de son précédent ouvrage sur le sujet. Plus long, Aux origines des théories raciales est aussi plus touffu, et si certains apprécieront le fourmillement d’anecdotes et l’exhumation de « pensées » dont la bizarrerie n’a d’égale que l’oubli dans lequel elles sont (heureusement) tombées, d’autres pourront regretter la clarté synthétique d’ouvrages tels que son Histoire de la notion de gène (Paris, Flammarion, 1999). Reste que le savoir déployé réussit indéniablement à modifier les perspectives sur Darwin.

En particulier, l’auteur réfute ce qu’il estime être la légende de la lutte acharnée de Darwin contre une vision religieuse du monde (supposée dominante à son époque) imposant le fixisme et la différence radicale entre l’homme et l’animal que ce fixisme induirait. Il tâche pour cela de reconstituer le climat intellectuel du moment, pénétré depuis longtemps déjà par diverses théories évolutionnistes et envahi de théories polygénistes et préadamites, niant aussi bien l’origine de tous les hommes en Adam que leur distinction radicale d’avec les animaux. La première partie du livre s’attarde sur ces différentes théories religieuses fondées le plus souvent sur une lecture littérale de la genèse. Non pas pour affirmer, comme on pourrait le penser, une création unique de l’homme en Adam mais, tout au contraire, pour distinguer les véritables hommes (descendants d’Adam) de sous-hommes descendant de créatures antérieures à Adam. Plus généralement, A. Pichot y décrit les différentes tentatives pour fonder la supériorité d’un groupe humain sur des considérations d’histoire – si l’on peut encore utiliser ce terme – du vivant. Appuyé sur ces analyses, il peut ensuite déployer la thèse sur laquelle fait fond la deuxième partie de son livre : Darwin n’est pas, lorsqu’il publie ses travaux, considéré spécialement comme un adversaire de la religion. C’est pourquoi il sera récupéré assez vite par plusieurs d’entre elles – sinon directement du moins via les théories statistiques d’un Galton – qui voient en ces théories un nouveau moyen pour légitimer leur supériorité. Cela jusqu’à la formation des théories racistes proprement dite, dont A. Pichot voit donc des origines tant dans la Bible que dans Darwin.

Au cours de cette analyse, l’auteur est conduit à cette thèse pour le moins délicate à manier et qu’il tâche de démontrer en un long développement (chapitre 21) : « l’hygiène raciale a bien été inventée, sous la forme spécifique d’une hygiène raciale juive, au début des années 1880, par des eugénistes juifs disciples de Galton » (p. 450). Bien qu’elle ne constitue pas le cœur de l’ouvrage, il vaut la peine d’en dire un mot puisqu’elle a déjà été remarquée (voir notamment Stéfane Foucart, Le Monde des livres, 12 septembre 2008). S’agit-il de verser de l’eau au moulin de ceux qui, aujourd’hui, veulent rapprocher le mouvement sioniste de l’idéologie du IIIe Reich ? Assurément pas, et A. Pichot prend explicitement position sur la nécessité de distinguer le sionisme notamment des conceptions de la judaïté appuyées sur la race (p. 378).

Malgré tout, il est vrai qu’un certain goût de la provocation et une méfiance de ce qu’il appelle le « politiquement correct » peut laisser un sentiment de malaise, tant ces questions sont aujourd’hui brûlantes : elles mériteraient d’être traitées sans aucune passion. Ce qui n’enlève pas la nécessité de les traiter, et de se confronter, éventuellement, à ces auteurs juifs qui, selon A. Pichot, ont inventé l’idée d’une politique d’hygiène raciale fondée sur les persécutions à propos de la supposée race juive, auteurs lus et cités par d’importants théoriciens nazis. Car ces égarements sont significatifs, tant pour ce qui est du mouvement d’ensemble décrit par A. Pichot que pour la compréhension même de la judaïté ; c’est sans doute dans cette perspective qu’il faut les interpréter. Non pas qu’ils aient été représentatifs du judaïsme européen au XIXe mais comme si, de ce qui n’a épargné aucune nation ni confession européennes, aucun mouvement politique ou culturel, la folle confiance dans la capacité de la biologie à guider le social, les juifs avaient dû être les premières victimes. N’est-ce pas que la notion de judaïté, identité transmise en même temps que déliée de tout État et de tout territoire, pointe précisément vers ce qui, dans le XIXe siècle décrit par A. Pichot, est devenu si difficile à penser : la filiation hors la biologie ?

Riche d’une très vaste documentation, Aux Origines des théories raciales est donc aussi un livre précieux par les modifications qu’il veut opérer dans la compréhension commune de l’histoire de la biologie. En remettant en cause le lieu commun d’une révolution darwinienne ayant eu à s’affronter à la culture de son temps en général et aux religions en particulier, et en montrant comment les lectures littérales de la Genèse et les théories darwiniennes du social procèdent d’un même mouvement, il conduit à réinterroger le prétendu débat entre créationnisme et darwinisme, comme deux symptômes de la maladie d’une modernité en quête de légitimation biologique.

Anthony Feneuil

Source: Revue ThéoRèmes, Comptes rendus.

Le conseil de l’ordre des médecins : l’incarnation du pouvoir médical

 Posted by on 15 octobre 2015 at 12 h 03 min  antipsychiatrie, médecine, santé  Commentaires fermés sur Le conseil de l’ordre des médecins : l’incarnation du pouvoir médical
Oct 152015
 
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Non-fides.fr:

Officiellement, le conseil de l’ordre des médecins (comme celui d’autres professions libérales) est né le 17 Octobre 1940, c’est-à-dire en plein régime de Vichy. Il vient remplacer les syndicats de médecins considérés comme trop dangereux par Pétain et supprimés dans le même mouvement. Dès 1941, de nombreux médecins s’opposent à cette supersutructure en craignant sa subordination directe au gouvernement. C’est ce qui se produisit puisque le conseil de l’ordre de l’époque était alors ouvertement antisémite et xénophobe, pratiquant allègrement la délation et l’exclusion de nombreux médecins juifs français ou étrangers. De Gaulle dira dans un premier temps qu’il s’agit d’un « clan de fascistes à la solde d’Hitler et Pétain » puis, soulageant ainsi certains défenseurs de l’ordre actuel, acceptera la création d’un petit frère après la libération. En effet dissout à la libération, il renaîtra rapidement (le 24 Septembre 1945) à cause d’un ministre de la santé communiste.

Fonctionnement officiel [1]

Concernant son fonctionnement, il a fallu attendre 2011 pour avoir un rapport d’activité publique, ce qui montre l’opacité de ce lobby. Organisé de manière décentralisée, il se compose d’instances départementales, régionales et d’une instance nationale située dans un riche immeuble du boulevard Haussman à Paris. Cette dernière est composée d’un bureau de 16 membres tous médecins, de cinquante-quatre autres formant la commission nationale élue par les conseils départementaux, d’un représentant de l’académie de médecine, d’un conseiller d’Etat désigné par le ministère de la justice et d’un président. L’institution en elle-même emploie 541 personnes. Son financement vient des praticiens actifs et retraités qui doivent obligatoirement débourser 300 euros par an pour les premiers et 150 euros par an pour les seconds. Ce qui, sur une année complète, représente la somme de 75 millions d’euros pour cette mafia.

Cette dernière se dit être une interlocutrice et une conseillère des pouvoir publics, portant ainsi l’intérêt des médecins et des patients en s’attachant à faire respecter le code de déontologie. Concernant les patients, ces derniers peuvent se considérer comme plaignants, choisir un avocat, avoir accès à leur dossier et se pourvoir en cassation si besoin, seulement depuis 2010. Avant, ils n’étaient que de simples témoins. Ce sont les Conseils Départementaux de l’Ordre des Médecins (CDOM) qui recueillent les plaintes pouvant éventuellement faire l’objet d’un déféré devant une chambre disciplinaire de première instance (CDPI) créée auprès de chaque conseil Régional de l’Ordre des Médecins (CROM) et depuis peu présidée par des magistrats des tribunaux administratifs.

Pour qu’une mafia fonctionne il faut des petites mains qui obéissent au doigt et à l’œil. C’est ce qui est représenté par les conseillers ordinaux qui siègent un peu partout et s’occupent de faire vivre la déontologie, d’appliquer des mesures administratives (recensement des médecins, s’assurer de leurs bonnes compétences…), d’aider juridiquement et matériellement les docteurs en médecine (et leur famille !) et de les conseiller en matière d’assurance. Ces conseillers ordinaux ne sont autres que des médecins quelconques qui ont toujours été les premiers de la classe et qui adhèrent sans contrepartie financière à cette coterie. Tous les toubibs sont électeurs et éligibles mais se sont souvent les mêmes assoiffés de pouvoir et les mêmes conservateurs qui se présentent pour six ans, renouvelés tous les trois ans, avec un taux d’abstention énorme.

Fonctionnement réel

Si les mesures précitées ont été mises au grand jour et actualisées c’est parce que le pouvoir médical était allé un peu loin en termes d’abus, de mensonges et de dominations en tout genre. Toujours est-il qu’il s’est adapté aux différentes évolutions sociales et gouvernementales et qu’à plus de 70 ans, il se porte encore bien. Les affaires se sont suivies sans qu’il n’y ait eu la moindre possibilité de faire reconnaître une quelconque once de vérité, d’égalité ou de justice (à quelques exceptions près). A chaque fois les petits arrangements entre amis (médecins et/ou bourgeois) ont permis d’éviter l’interdiction d’exercer ou des mesures plus lourdes pour certains toubibs. Que ce soit des affaires de viols, d’erreurs mortelles, de falsification de dossiers médicaux, de détournement de fric, de pubs pour sa petite entreprise, de dépassements d’honoraires, etc. Tout est défendu becs et ongles par la confraternité médicale déjà révérée dans le serment d’Hippocrate que la plupart des médecins (ça dépend des facultés) doit lire la main droite levée au moment de soutenir sa thèse [2]. Au final, se sont entre 5 et 10 % des plaintes de patients qui passent le filtre que constituent les CDOM. Ce qui ne signifie aucunement qu’une forme de reconnaissance provenant du pouvoir médical soit obtenu, car après ce passage il y a d’autres instances à affronter.

L’ordre des médecins est censé être une police et une justice parallèles auprès des médecins. Mais à l’instar de la police et la justice d’Etat, elles sont iniques. Tout concourt à ce que l’omerta d’une affaire remettant en cause un toubib perdure. Si un médecin dénonce ou abonde dans le sens du plaignant, il aura sur le dos l’ordre et d’autres confrères qui lui diront qu’en prenant position pour la victime, il se tire une balle dans le pied. C’est donc la suprématie du silence faisant dire à certains que le silence est d’or…dre. Mais ce n’est pas avec tous les médecins que l’ordre ferme les yeux. Soit pour montrer l’exemple soit pour éliminer les plus rétifs, cette obscure et cynique institution peut faire preuve de sévérité. L’objectif de l’ordre des médecins est avant tout corporatiste, il tient à préserver le petit confort et les gros intérêts de ses membres contraints et forcés d’être fidèles.

Quelques bases idéologiques

Ses prises de positions idéologiques se sont, au cours du temps, toujours avérées violemment conservatrices et réactionnaires. Sans revenir sur l’origine pétainiste, l’ordre des médecins s’est positionné contre l’ouverture des plannings familiaux, contre la loi pour l’avortement en 1974-75, contre l’aide apportés aux trans’, contre l’euthanasie, etc. En fait c’est surtout la ligne politique de l’industrie pharmaceutique qu’il suit, affichant implicitement ses conflits d’intérêt avec elle. Il défend ainsi une pensée et une pratique unique. Pas d’autres médecines que la sienne, c’est-à-dire une médecine technique, froide et uniquement allopathique. Les intérêts des malades sont secondaires comme le montre l’exemple de l’accès au dossier médical informatisé (traduisez fichage généralisé) que l’ordre ne veut pas donner aux individus mais qu’il souhaite garder pour lui et les différentes instances de contrôle.

Et concernant son lien avec l’Etat, l’ancien président de ce clan, le Dr Michel Langmann, en place de 2007 à 2013, révèle bien la connivence qu’il peut exister. Maire adjoint de Neuilly depuis 1983, c’est évidement un proche de Sarkozy. Il l’a aidé dans de nombreux dossiers comme, par exemple quand il a été question de faire passer la pilule aux effets indésirables appelé loi Hôpital Patient Santé Territoire (HPST) en 2009. Et il vient d’être remplacé par Patrick Bouet, classé « plutôt à gauche » et généraliste qui plus est (ce qui est une première au sein de cet appareil de spécialiste) prouvant que l’ordre des médecins s’arrange parfaitement avec la couleur du pouvoir politique en place.

Quelles résistances possibles ?

Pour les patients qui voudraient se lancer dans le bourbier judiciaire ordinal (pour éviter qu’un toubib fasse subir d’autres violences), ils doivent avoir en tête que même si une plainte est rejetée dans un premier temps par les CDOM, il est possible de faire appel auprès de la chambre disciplinaire nationale (CDPI) elle-même indépendante du CNOM… en théorie. Car en pratique, même si c’est un conseiller d’Etat qui préside, tous les autres membres sont des médecins élus par le CROM ce qui laisse de la place à la solidarité de classe et/ou de caste du côté des dominants. Et pour rester de ce côté, la proximité entre l’Etat et ce lobby se remarque via la cour des comptes qui s’amuse à critiquer les activités, appuyant les bonnes choses (suivi de la profession et reconnaissance des qualifications) et faisant semblant de s’inquiéter des mauvaises qui perdurent depuis bien trop longtemps (l’absence d’inclusion de certains médecins comme tous ceux qui ont des fonctions politiciennes, la défaillance concernant l’organisation des soins et le contrôle du respect de la déontologie notamment à travers les dépassements d’honoraires).

Concernant les partis politiques au pouvoir, le PS et Mitterrand se sont bien cassé les dents sur la confrérie médicale. En effet, malgré la belle promesse de « supprimer » l’ordre des médecins inscrite dans son programme de 1981, rien n’a pu être supprimé et c’est autant parce que cette institution à un fort pouvoir d’influence, qu’elle permet au gouvernement d’avoir une mainmise sur la profession médicale. Même si depuis que le PS a repris le pouvoir l’ordre fait moins le malin, il reste pour l’instant bien en place et s’arrange comme il peut avec le gouvernement, et cela d’autant plus qu’il a la bénédiction du parlement européen.

Il y a bien quelques médecins réfractaires qui ont tenté de ne pas payer les 300 euros par an et de dénoncer ce lobby. Mais cela se fait faiblement puisque l’ordre porte plainte automatiquement quand un praticien ne paye plus sa cotisation et peut persécuter ses opposants. Certains se sont alors constitués en association afin de rassembler leur force et de se faire plus visibles. L’association Contrordre basée à Rennes semble la plus intéressante. Elle a réalisé une action coup de poing en juin 2012 après 5 ans de refus de paiement de cotisation et une longue bataille judiciaire [3].

Diffuser les informations que l’ordre des médecins cherche à dissimuler, démontrer son iniquité, son corporatisme et son fonctionnement autoritaire, lutter contre son idéologie abjecte et inciter chaque toubib à prendre position contre son déploiement sont des propositions permettant l’instauration d’un rapport de force qui pourra faire plier ce monstre institutionnel.

Notes

[1] Beaucoup de ces infos viennent du livre de René Chiche. Enquête sur les mandarins de la médecine. Édition du moment.

[2] Contrairement à ce que pensent beaucoup de médecins, le serment d’Hippocrate n’a plus grand-chose à voir avec celui écrit il y a plus de 2 millénaires. Il a été retouché à de nombreuses reprises et devrait s’appeler « serment d’hypocrite » étant donné le grand écart qu’il y a entre son contenu et les pratiques courantes de nombreux toubibs.

 

La coopérative intégrale catalane.

 Posted by on 9 septembre 2015 at 14 h 41 min  Chômage / Précarité / Travail / Syndicalisme / Capitalisme, Logement / Squat / Urbanisme, médecine  Commentaires fermés sur La coopérative intégrale catalane.
Sep 092015
 
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Depuis quelques années la coopérative intégrale catalane, pirate le capitalisme et tente de recréer des solidarités concrètes, et ce sans s’en remettre à l’éternel discours étatiste de recours à l’Etat providence. Dans la lignée des expériences coopératives et mutualistes du mouvement ouvrier, avec les mêmes forces et les mêmes limites cette coopérative cherche à enrayer le train-train capitaliste… A la suite un article relate l’expérience qui rappelle au passage que même en coopérant entre « révolutionnaires » ou « alternatifs », on élimine pas le système qui nous oppresse, mais on sape quelques uns de ses fondements idéologiques et pratiques, au risque d’en reproduire au passage quelques tares bureaucratiques et autoritaires.

L’article pourrait laisser croire qu’un piratge du système pourrait mener à son effondrement en évitant le conflit frontal. Seulement, en dernière instance c’est bien l’Etat qui fixe ce qui est ou non légal et qui applique ou non des stratégies répressives contre ce genre d’expériences. L’expérience révolutionnaire de reprise des usines de 1936 en Espagne a d’ailleurs montré ce qu’il en était lorsqu’on laissait intacte l’Etat, voir lorsqu’on y coopérait activement comme communistes et ministres anarchistes…

Coopérative intégrale catalane

Nous pouvons vivre sans capitalisme.

Jeudi 27 Août 2015

Ils fraudent le fisc pour financer la révolution. Avec un budget
de quatre cent quatre-vingt-dix mille euros, la Coopérative
Intégrale Catalane (CIC) tente de construire ses propres
« services publics coopératifs » dans le domaine de la santé, du
logement, du transport ou encore de l’’éducation. Leur but, se
passer de l’’euro, de l’État et des banques.

Au pied de la Sagrada Familia, des cars venant du monde entier
déversent chaque jour des marées de touristes qui rendent
laborieuse la progression sur les trottoirs.

Tous veulent leur selfie avec en arrière-plan l’Objet Volant Non
Identifié (OVNI) architectural d’’Antoni Gaudi.

Deux pâtés d’’immeubles en contrebas, au numéro deux cent
soixante-trois de la rue Sardenya, se niche une autre curiosité,
mais elle n’’apparaît sur aucun guide touristique.

L’’immeuble baptisé Aurea Social a tous les attributs du siège
d’’une entreprise de service prospère. Pourtant, c’’est un squat.
Sûrement le plus luxueux de Barcelone qui compte pourtant une
soixantaine de centres sociaux autogérés comme celui-ci. Quand
on s’’approche de l’’entrée, la porte automatique s’’ouvre sur le
guichet en bois verni de la réception. Dans ce dédale de bureaux
et de couloirs, des groupes de personnes s’’affairent, en réunion
ou le visage rivé sur leur ordinateur pendant que d’’autres font
du yoga ou cultivent des plantes médicinales interdites sur
l’’immense toit-terrasse avec vue sur le haut de la Sagrada
Familia. Quand on rentre dans les toilettes, les lumières
s’’allument sans que l’’on ait besoin d’’appuyer sur
l’’interrupteur. On peut régler le système de ventilation de
chaque pièce avec une télécommande.

Mais le faste du bâtiment n’’est pas la seule chose qui le
distingue des lieux alternatifs barcelonais. Aurea Social abrite
aussi le quartier général de la CIC. Ce mastodonte de
l’’alternative créé en 2010 compte plus de deux mille membres et
dispose cette année d’’un budget de quatre cent quatre-vingt-dix
mille euros dédié à la construction d’’un nouveau monde.

Ces activistes ne demandent pas de meilleures retraites,
l’’instauration d’’une taxe carbone ou la séparation entre banques
de dépôt et banques d’’investissement. Ils ne demandent rien. Et
pour cause. « Nous rejetons l’État comme système de contrôle
basé sur l’exploitation de l’être humain », expliquent-t-il
dans l’appel à la révolution intégrale qui leur sert de
manifeste officieux.

La CIC s’est donné pour logo une fleur multicolore inspirée de
la permaculture. Chaque pétale représente une commission et un
secteur de la vie, santé, éducation, logement, alimentation,
transport et technologie, que la coopérative tente d’extraire
des griffes du capitalisme et de l’État pour les remettre dans
les mains de ses utilisateurs. Ils veulent créer leur propres
« services publics coopératifs » gérés par leurs usagers. Exit
les politiciens professionnels, les personnes décident de ce qui
les concerne lors d’assemblées quinzomadaires ouvertes à tous.
Leur but, se passer progressivement de l’Euro, de l’État et des
banques et prouver que « nous pouvons vivre sans capitalisme ».

Un rêve d’adolescents immatures, peut-être, toujours est-il
qu’ils n’attendent pas le grand soir pour commencer à le
réaliser. En quatre ans, ils ont financé ou facilité la création
de deux logements sociaux coopératifs, d’une école libre, de
deux ateliers de machines-outils collectivisées, d’un centre de
santé, d’une colonie éco-industrielle qui travaille sur la
souveraineté technologique et d’une banque autogérée sans intérêts.

La coopérative a également popularisé des techniques et des
machines pour rouler en utilisant le moins possible de pétrole
et dynamisé une monnaie parallèle utilisée par deux mille
personnes mais aussi un atelier de transformation de produits
écologiques, des greniers alimentaires et une centrale de
distribution de nourriture biologique couvrant toute la Catalogne.

La CIC a aussi permis à une dizaine de communautés de trouver
des terres pour s’installer en zone rurale et aide les personnes
sur le point de se faire expulser de leur logement à le garder
ou à en trouver un autre.

Pour faire tourner cette grosse machine, la CIC verse des
« assignations », sorte d’argent de poche pour activistes, à
environ soixante-dix personnes qui touchent entre deux cent et
neuf cent euros par mois, en fonction de leurs besoins. Pour
financer ses activités, elle ne demande évidemment pas de
subventions. En fait, elle se sert elle-même dans les caisses
de l’État via l’insoumission fiscale.

L’insoumission fiscale, pour comprendre, je m’éloigne de
Barcelone et emprunte les routes ridiculement étroites qui
mènent vers un fournil coopératif dans le nord-ouest de la
Catalogne.

Angel m’accueille avec un sourire et referme rapidement la porte
derrière moi afin de ne pas perdre la chaleur du four. Ce
trentenaire aux allures de gendre idéal est boulanger
autodidacte, mais il est aussi hors la loi. Sa coopérative
tourne bien, pourtant elle ne verse pas un sou au fisc
espagnol. D’’ailleurs, aux yeux de l’État, l’entreprise n’existe
pas. Angel et ses cinq collaborateurs se répartissent les
revenus de leur activité sans que l’administration ne voie la
couleur d’un euro.

Comment cela est-il possible ? Il est membre de Libertanonima,
nom modifié pour ne pas faciliter le travail du fisc, une
coopérative créée par la CIC qui sert de parapluie juridique à
des petits artisans et commerçants, les dispensant ainsi de
créer leur entreprise. Elle propose à ses « socios auto
ocupados », membres auto entrepreneurs, un service comptable et
administratif mutualisé et sert d’interface entre eux et l’État.
En échange de ces services, les membres paient une participation
à la coopérative proportionnelle à leurs recettes et lui versent
la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) qu’ils auraient dû payer à
l’État. Dans le cas d’Angel, un peu plus de mille euros par an,
une somme largement inférieure aux charges qu’il aurait dû
payer s’il avait monté une entreprise classique.

« Aux yeux de la loi, nous sommes des coopérateurs bénévoles de
la coopérative », m’’explique-t-il en me montrant l’attestation
fournie par Libertanonima qu’il garde dans un tiroir en cas de
contrôle. « C’est comme si nous étions un groupe de cyclistes,
que nous avions un local et que nous travaillions dessus
ensemble ».

Sauf qu’ici, les cyclistes sont boulangers et tirent un revenu
de leur activité. « Ce n’est pas illégal, ce n’est pas légal »,
précise-t-il. « Nous jonglons avec la loi ». D’’ailleurs il parle
de sa situation avec détachement et ne requiert pas l’anonymat.
Et si jamais les enquêteurs du fisc décident de le contrôler, il
les renvoie vers le siège de Libertanonima.

La banquière devenue révolutionnaire

Ils seront reçus à Aurea Social par Angels, une ancienne
banquière qui a décidé de rejoindre les rangs révolutionnaires.
Dans son bureau aux parois de verre, cette femme au chignon
sévère et aux cheveux grisonnants les attend de pied ferme.
« Ils sont déjà venus deux fois et n’ont rien trouvé à redire,
nous jouons au chat et à la souris avec l’État. Et pour
l’instant, la souris gagne », dit-elle avec un sourire
satisfait, tout en s’affaissant sur le dossier flexible de son
siège. Angels fait partie des soixante-dix personnes qui
touchent des assignations. Pour m’expliquer le complexe montage
juridique qui leur a jusqu’à présent permis de passer outre la
vigilance du fisc, elle saisit un crayon et une feuille et se
met à dessiner.

L’astuce est la suivante, Libertanonima demande à ses membres de
faire passer leurs factures personnelles pour des frais
professionnels, ce faisant la coopérative équilibre
artificiellement sa balance de TVA. Elle verse donc à l’État une
somme dérisoire et réinjecte le reste dans son réseau militant.
La CIC a créé plusieurs coopératives comme Libertanonima afin de
noyer le poisson et de limiter les risques. Ils font en effet
attention à ne jamais excéder les cent vingt mille euros de
fraude potentielle, afin de ne pas encourir de poursuites
pénales. Quand une coopérative s’approche du chiffre fatidique,
une nouvelle entité est créée.

De la fraude fiscale à des fins sociales

A la tête de ces « parapluies juridiques », cinq personnes, pour
la plupart insolvables, sont prêtes à assumer les risques
judiciaires. Piquete est l’’une d’entre elles.

Quand il ne chante pas des chansons révolutionnaires, ce
cinquantenaire aux allures de rocker qui affiche son engagement
anarchiste sur son T-shirt prend part à la commission juridique
de la CIC. Volubile, il est adepte de la « désobéissance civile
et économique » et prend son rôle très au sérieux. « En 1936, il
y a eu une révolution libertaire ici en Catalogne. Des
milliers d’entreprises ont été collectivisées et nous avons
fonctionné sans chef pendant trois ans. Mais pour rendre cela
possible, il a fallu des décennies de préparation morale et
culturelle. C’est ce que nous essayons de faire avec la CIC,
nous créons des outils pour faciliter la transition. Nous
préparons la révolution tout en la faisant ».

Et leurs outils ne s’adressent pas qu’’aux militants
professionnels. Restaurateurs, maraîchers, bijoutiers,
bûcherons, brasseurs, graphistes, documentaristes et éditeurs,
ils sont près de sept cent artistes, artisans ou petits
commerçants, seuls ou en mini collectifs de travail, à utiliser
le statut de « socio auto ocupado ». Mais la CIC n’’a rien
inventé. Nombre d’entreprises capitalistes font également de
l’optimisation fiscale afin de se soustraire à l’impôt. Sauf
qu’ici, les gains sont distribués de manière collective à des
projets sociaux, de la fraude fiscale en bande organisée, oui,
mais à des fins révolutionnaires.

Source : OCL.

[Micrurus] Notes de l’atelier de lecture de la revue Micrurus à Malakoff.

 Posted by on 16 juin 2015 at 1 h 58 min  Actualité locale, Actualité nationale, Anarchisme, antipsychiatrie, Informations locales et vie des collectifs locaux., médecine, santé  Commentaires fermés sur [Micrurus] Notes de l’atelier de lecture de la revue Micrurus à Malakoff.
Juin 162015
 
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Compte-rendu de la lecture de la revue de médecine libertaire, Micrurus, à la Bibliothèque Associative de Malakoff, le 14 mai 2015.

Présentation de la revue

Pour ce troisième atelier de lecture à voix haute, nous avons choisi de discuter de la revue Micrurus. La revue est une compilation de textes réalisée par un collectif de médecine libertaire sur les questions du système médical, d’autonomie des pratiques, de ressenti, des espaces qu’on peut aménager collectivement. Elle nous interroge également sur la définition de la maladie et son appréhension par les « soignants ». La discussion était riche et chaleureuse, mêlant tour à tour points de vue de militants, de patients, de soignants. Cela permettait un vrai jeu d’aller-retours entre perspectives générales et expériences concrètes.

Une redéfinition de la maladie

Le premier texte de la revue, « Préfiguration d’un système de soin universel », d’Alex Bradshaw, décrit en dix points le point de vue d’un médecin américain sur ce que pourrait être un système de soin « idéal », réapproprié par les communautés locales.

Le choix de mettre ce texte en avant dans la présentation de la soirée sur le site Paris-luttes découlait d’un constat qu’il y avait une certaine distance posée par rapport au contenu par le groupe de Caen dans son avant-propos : c’était peut-être celui qui était, d’emblée, le plus problématique. Le texte est présenté comme une société idéale en assumant le côté préfiguration à travers les perspectives qu’il donne, mais ça n’est pas forcément ce qui ressort dans le texte en lui-même. Mais la réflexion sur la médecine d’un point de vue libertaire rencontre des problématiques similaires à celles du droit libertaire, en particulier autour de la normativité.

Le 7e point sur la criminalité et la maladie (la perception du crime comme le symptôme d’une maladie à soigner) amène la question d’une définition ce qu’on nomme maladie : dans le système de soin classique, on aborde la mort et la maladie d’un point de vue symptomatique, alors qu’on devrait le poser politiquement. Est-ce que dans une société libérée politiquement la maladie existerait toujours ? C’est juste la norme qui définit la maladie qui serait remise en cause (Cf. texte « Maladie et Capital », p. 57). On peut ainsi prendre l’exemple des maladies professionnelles qui posent les symptômes mais pas les causes profondes, que sont le travail et le système de production.

Dans la brochure cette question est aussi abordée d’un point de vue historique avec les réflexions d’un médecin espagnol de la CNT :

L’assemblée déclara que les objectifs de la Fédération des Syndicats de Santé avaient été faussés par la société bourgeoise. Ce qui tenait lieu de soins médicaux était lié à une bureaucratie qui ne réagissait que contre les microbes et les épidémies. Selon les anarcho-syndicalistes, on tentait de concilier la protection de la santé avec une nourriture frelatée, un habitat médiocre, un travail malsain et même avec le système capitaliste, de sorte que la santé du peuple et la vie d’un groupe de gens étaient moins respectables que la somme de mille pesetas. Pour cette raison, la profession médicale ne s’occupait pas de la tâche fondamentale, le soin et la défense de la santé.
Les analyses libertaires soutenaient que l’atmosphère sociale suscitait des complicités entre la médecine, la spéculation commerciale et le profit. Cet alignement détruisait le sens critique de l’individu ou le sentiment philanthropique avant même que celui-ci puisse apparaître. En une phrase : « Le droit à la santé devrait être garanti par l’organisation sociale [qui] devrait fournir à chaque individu la nourriture, le vêtement, l’abri, l’éducation et les soins techniques ». L’objet de l’article et les objectifs de la Fédération de la Santé CNT étaient que si la société était organisée d’une manière différente dans ses objectifs et ses principes directeurs, les besoins de chacun seraient pourvus. Tel était le devoir de tout système de soins médicaux et de toute disposition médicale.

La même idée avait déjà été affirmée dans un article par un membre, Augusto Moisés Alcrudo, qui participa à la formation de la Fédération de la santé. Dans son article « Comunismo sanitario » (Le communisme hygiénique ou de la santé) il soutint l’idée que le soin médical était libérateur puisque la santé elle-même était liberté. Le communisme de la santé que la CNT visait à créer serait libérateur pour tous ceux qui souffraient et pour tous ceux qui n’avaient pas encore souffert.

La normativité de la critique

En arrière-plan et en filigrane de tous les textes de la brochure il y a la vision d’une société malade, ce qui est intéressant dans la réflexion des remises en cause du rapport au corps mais reste un discours normé, normatif. Dans le second texte et dans le point sur la criminalité il y a les exemples de l’usage de drogues ou celui des homosexuels qui restent normatifs en réponse à la définition sociale de la maladie. C’est un terrain un peu aventureux de poser des réponses là où on peut difficilement s’aventurer poser des définitions sans opposer une autre normativité à un système normatif qu’on veut questionner.

L’hygiène sociale est un discours de normativité en général : l’hygiénisme ne se trouve pas seulement dans le domaine des soins, ça se retrouve aussi dans le veganisme, végétarisme où on peut retrouver cette problématique de normativité. Le dernier texte, « Cette sève qui nous unit », très subjectif, amorce des questionnements d’un point de vue social et affectif, et permet un peu de s’écarter d’un discours normatif.

Lecture d’extraits du second texte p.33 à 35 :

Avant de discuter de thérapie sociale, Martí Ibáñez affirme que l’objectif de la SIAS était de convertir et socialiser les soins médicaux à un rôle préventif plutôt que curatif. Par « socialisation » il désigne le concept syndicaliste de propriété générale et de contrôle général de tous les aspects de la société par eux qui, d’une manière ou d’une autre, sont affectés par elle. Conception plus large que le contrôle marxiste sur les moyens de production, l’idée syndicaliste étend le contrôle à ceux qui travaillent dans l’« industrie » spécifique et à ceux qui utilisent le « produit » d’un travail donné. Le contrôle sur ces moyens serait exercé par les gens eux-mêmes, qui établiraient un conseil ou comité de coordination révocable, démocratique et il décrit les « liberatorios de prostituciòn », genre de centres de réhabilitation pour les prostituées, lequel malheureusement ne dépassa pas le stade du projet.

Dans ces centres, les prostituées entreprendraient trois étapes de thérapie qui seraient, d’abord, sanitaire, puis liée à la rééducation et la thérapie sociale ; enfin un travail leur serait trouvé quand elles quitteraient le centre. Martí Ibáñez décrivait ce processus comme une solidarité au sens moral, une thérapie sociale au sens technique et une action humanitaire au sens social. Dans un véritable style anarchiste, il soutenait que la « rédemption » de ces « mercenaires de l’amour » serait la tâche des prostituées elles-mêmes, reflétant le slogan de la Première internationale : l’émancipation des travailleurs sera la tâche des travailleurs eux-mêmes. De plus, la présence et l’engagement seraient purement volontaires.
(…)
Si nous comprenons ainsi la maladie, le concept est élargi et devient un problème social qui doit être élargi par la collectivité. Les diagnostics des médecins ne mettent le doigt que sur un simple « morceau d’une mosaïque de morbidité plus large ». Au-delà de la mosaïque se situent des questions sociales profondes. Martí Ibáñez affirme cela contre les médecins que la science a transformés en automates, et qui ne voient que l’aspect localisé de la maladie plutôt que les causes psychologiques, « combattant ceux d’entre nous qui, en addition d’être médecins, sommes des hommes libres, désireux de créer une forme de médecine plus juste, plus scientifique, et par dessus tout, plus profondément humaine ».
(…)
Martí Ibáñez continua à détailler ses plans de thérapie sociale en déclarant que ceci impliquerait cinq stages distincts pour un individu malade ou mal ajusté. Ceux-ci étaient :
- l’histoire personnelle du patient,
- l’investigation sociale et psychologique de la personnalité et de l’environnement du patient ainsi que l’interrelation entre les deux,
- un diagnostic social de son développement psychophysique et de sa capacité à travailler,
- un pronostic social : perspectives d’avenir,
- la thérapie sociale proprement dite : resocialisation de l’individu grâce aux ressources médicales, psychothérapeutiques et sociologiques.

Ce dernier extrait évoque une recette de cuisine, où chaque situation sociale trouve une sorte de palliatif par le biais de spécialistes (assistantes sociales, etc.) ; on retombe dans une configuration sociale normée, en dépit d’une réflexion intéressante sur la collectivité. Certes, il faut restituer historiquement le contexte lourd de l’époque (fièvres typhoïdes) mais ça ne répond pas forcément à ces critiques.

Autonomisation des pratiques

On a tendance à penser que l’expérience libertaire de 36 en Espagne est exemplaire, mais au Chiapas il y a des pratiques de santé revisitées très intéressantes : par exemple, quand tu vas voir le médecin, il va te transmettre un peu d’autonomie pour tes soins et ceux que tu prodigues à ton entourage, il y a une mise en place de promoteurs de santé. Dans notre société on a peu d’expériences d’autonomisation dans le contexte médical d’aujourd’hui.

Une copine infirmière évoque le fait qu’il y a des mesures officielles dans le milieu hospitalier où on a institué l’éducation thérapeutique pour habituer un patient et son entourage à se prendre en charge.

Cela découle d’une nécessité pour certaines situations de rendre autonomes des personnes qu’on ne peut pas prendre en charge au quotidien. Mais il s’agit davantage ici d’autonomies financière qui contribuent à réduire les dépenses sociales. Cela démonte un peu la normativité par un exemple, certes limitée, qui va dans le sens d’une restitution d’autonomie à l’individuE. Mais ça reste un univers très hiérarchisé avec peu d’humilité.

Il y a deux types de maladies : les maladies graves et permanentes et celles nécessitant des soins limités et ponctuels. Au Chiapas et dans certaines cultures allant dans le sens de pratiques autonomes, il y a des visions de la mort et de la vie différentes. Dans notre culture on est totalement désappropriés du rapport à la mort (on ne sait pas quoi faire des cadavres par exemple).

La réponse zapatiste sur les pratiques, avec les promoteurs de santé, est graduée : certaines personnes y consacrent du temps, s’investissent pour acquérir un savoir et étudier, c’est important que certainEs le fassent et il faut simplement penser à atténuer les frontières et barrières (exemple de personnes qui n’auraient pas envie de se faire soigner par une équipe médics, en qui ils n’auraient pas assez confiance). Il y a néanmoins une dimension de confiance, d’empathie qui fait que parfois ça sera tout aussi important d’être respecté par la personne qui intervient sur soi (par exemple le respect de nos souhaits en terme de médicamentation (phytothérapie, etc.).

C’est aussi une question de pouvoir : tout le monde n’a pas et ne peut pas acquérir l’assurance, la dextérité nécessaires pour pratiquer un acte chirurgical par exemple.

Protocoles et médicamentation

La question du rapport au médicament n’est pas posée au passage dans la brochure. Mais elle serait intéressante à soulever. Une approche qu’on pourrait avoir c’est une critique de la surmédicalisation, la surpathologisation : tout est maladie, pathologie.

Dans le premier des 10 points de préfiguration de constitution de groupes de défense, il y a une amorce de réflexion à ce sujet :

Les usines de fournitures médicales aux États-Unis et les labos que les hôpitaux utilisent doivent être occupés par leurs communautés qui s’y rattachent, tomber sous le contrôle des travaill·eurs/euses, et également comporter des collectifs de défense pour garantir le succès d’une telle opération. Le principal objectif sera de maintenir en activité ces organisations afin qu’elles servent librement et gratuitement les membres de la communauté.

Tout est très protocolisé dans les rapports à la médecine : chaque protocole appelle telle et telle médicamentation ou usage médical (IRM) et ne laisse pas de place aux alternatives.

On ne soulève pas beaucoup la question de l’autonomisation dans la confection des remèdes, on évoque beaucoup plus celle des pratiques. Les labo pharmaceutiques aujourd’hui ont privatisé le vivant dans une chimie qui fait disparaître les plantes sous des appellations scientifiques.

Il y a encore dans certains villages et endroits des traditions de guérisseu-reuses.

Avec le développement d’internet, on pourrait se réapproprier beaucoup de remèdes et pratiques. Mais attention avec la prolifération des avis fantaisistes, malhonnêtes ou intéressés sur internet (notamment on ne peut pas savoir qui est derrière une préconisation, notamment les labo).

Dans le dernier texte il y a notamment une critique sur l’usage des huiles essentielles et le pouvoir des pierres, sur la marchandisation onéreuse de remèdes qualifiés de new age et qui relèvent plus d’une charlatanerie que d’une intention sincère et d’une volonté de rendre appropriables des savoirs quant aux plantes et aux remèdes qu’elles peuvent apporter.

Auto-diagnostic, partage et accompagnement

Cela pose aussi la question compliquée de l’auto-diagnostic. Mais ça contribue néanmoins à remettre en cause la hiérarchie avec le médecin. C’est aussi la question de se connaître : avec le temps, l’âge, on apprend ce qu’on a, comment on réagit physiologiquement. Ce qui serait intéressant ce serait de partager des outils pour se connaître, s’analyser.

La question du partage ne se pose pas seulement pour les remèdes mais aussi pour le partage des pratiques de bien-être qui préviennent la maladie et ne demandent pas forcément une grande spécialisation.

Quand on va voir un médecin ce n’est pas seulement une démarche d’obtenir un soin, mais également une dimension sociale d’accompagnement. Le soin, la maladie relève communément de la sphère de l’intimité et retombe facilement sur les femmes, qui traditionnellement ont une position d’écoute, de confidence. Il faut retrouver des espaces collectifs de partage sur la santé.

Perception sociale des soins

Pour rebondir sur les femmes, leur corps est une maladie potentielle ; on doit régulièrement consulter par défaut, par prévention alors que les hommes sont soignés en réponse à un soucis de santé essentiellement. Par exemple les dépistages pour les cancers du sein, de l’utérus alors qu’on ne préconise pas constamment aux hommes de consulter pour la prostate.

La logique des vaccins en prévention est mortifère : on se fonde sur des maladies qui seraient susceptibles de se développer.

Le médecin est aussi celui qui prescrit les arrêts de travail, ce qui en fait l’émanation d’un édifice social et économique. Il est le dernier maillon de la chaîne d’intérêts économiques des laboratoires pharmaceutiques.

Remarque : on s’éloigne de la brochure, ça pose la question de comment articuler la séance entre ceux qui ont lu ou pas lu l’ouvrage ; cependant l’exercice présent est pertinent pour l’ensemble des personnes présentes, parce qu’il permet d’évoquer les questions intrinsèques à la médecine et de dépasser à la fois la brochure dans ce en quoi elle n’est pas exhaustive

PAUSE

Maladie systémique et thérapie

Reprise avec la lecture de quelques passages du texte « Cette sève qui nous unit », de la page 63 à 68 :

Le modèle mécaniste de l’être humain que la civilisation occidentale moderne s’est forgé est une exception dans l’histoire de l’humanité. Elle seule a créé une scission entre le corps-soma et l’esprit-psyché.
(…)
Toute une perception nous manque, qui n’est pas que « de soi » ou « du monde », mais de forces et d’équilibres. Pas facile de parler de ça, dans le brouhaha en vogue autour des médecines chinoises et autres. Mais comment comprendre nos constitutions, les équilibres sur lesquels nous tenons, et en nous les pentes à suivre ?
(…)
La maladie exprime. Il faudrait peut-être écouter mieux.
Le corps tâche d’expulser
(…)
Parfois, cela n’est pas possible
Nous avons des démons et des morts qui nous hantent et reviennent
Mais nous n’avons rien pour y faire face
Nous ne savons pas quoi en faire, mais aussi nous ne risquons rien.
Pour tant la violence de ces choses-là est réelle
Peur du ridicule, de quelque chose qui ressemble à l’ésotérisme,
Nous pouvons toujours en discuter.
Il y a des choses qui manquent au cœur.

Ce texte aborde ce qu’est la maladie en terme de ce qu’exprime le corps : pas en tant que thérapie mais façon d’aborder la thérapie. Le « mal a dit » serait une façon de décomposer le mot maladie.

Il y a une façon systémique d’aborder la question : le symptôme fait partie d’un système qui rejette les symptômes. Il faudrait que chacunE reprenne sa part de maladie, ce n’est pas juste l’autre qui est malade, on est un peu tous malades.

La médecine occidentale ne guérit pas, elle cache les symptômes : on ne fait que se moucher pour sécher les bronches. Un exemple est celui des gels hygiéniques omniprésents. On crée des besoins et nouvelles normes.

Sur les petites maladies on va choisir facilement le remède parce qu’on n’attend pas que le corps guérisse, on a besoin d’être valides rapidement dans un système productiviste.

Il y a des mal-être de l’esprit et du corps qu’on ne guérit pas forcément, l’enjeu n’est pas tant de guérir le mal que de vivre avec.

Parfois il suffit, par des postures, par de l’osthéopathie pour laisser la lymphe circuler plus facilement, alors qu’on minimise l’immunité par l’assènement de remèdes qui peuvent finalement amener à pire ensuite. La répétition des médicaments peut induire un confort où le corps s’adapte à un nouvel équilibre dans lequel il ne supporte plus de ne pas se moucher. Si on a de la fièvre, c’est l’expression de quelque chose, ce n’est pas un symptôme à occulter.

Consentement

Un cas où le corps médical est impuissant, c’est dans l’expression de la douleur, parce qu’elle fait ressurgir l’indivu, et va à l’encontre de son objectivisation en tant que sujet médical. Et dans les cas où la maladie est importante ou génère de grandes souffrances, le corps médical est atteint dans sa nécessité de rendre valide. Il va donc presser aux somnifères, à l’endormissement pour pouvoir retrouver un objet à soigner et évacuer l’individu qui se met entre le corps médical et les soins.

Dans les street médics, on se fonde beaucoup sur le consentement, et on n’agira pas à l’inverse de la volonté d’une personne consciente, y compris si ça met sa vie en danger.

Un exemple avec les personnes en « phase terminale » qui peuvent refuser les soins palliatifs pour ne pas dormir, disparaître,et vont nier ou minimiser l’intensité de la douleur en conséquence.

Autonomie concrète

Cette lecture et cette discussion peuvent-elles aboutir à des pistes d’autonomie concrète ?

Il y a des techniques de massage qui peuvent permettre un drainage de la lymphe, et augmenter ainsi la défense immunitaire de son organisme. Notamment pour des personnes qui ont des soucis respiratoires.

Il y a plein d’axes de réponse : se réunir comme dans cette discussion pour partager des réflexions ; dans le domaine plus politique, agir dans et envers l’environnement médical en réagissant à des malaises ressentis lors de soins par des lettres, occupations d’espaces médicaux. Dénoncer aussi les cas d’abus, de viols, d’autoritarisme de certains soignants.

Recollectiviser et repolitiser en réévoquant ces questions ensembles dans des milieux où on ne les évoque jamais.

Il y a une équipe médics en train de se former sur Paris avec l’envie de proposer des formations, aller dans les concerts faire des stands et interventions lors des soirées, amorcer des réflexions sur les souffrances morales.

Le principe d’une équipe médics c’est de former et être formés aux premiers secours par des gens issus du milieu médical (ou non) et qui ont été confronté-e-s à des situations d’urgence dans des contextes militants. Ces équipes s’enrichissent aussi d’un bagage politique anti-autoritaire (avec un grand égard porté au principe de consentement et d’horizontalité entre les plus ou moins expérimentés) et d’une connaissance de terrain fondée sur l’expérience des conflits avec les forces de l’ordre, des blessures occasionnées dans ce type de contexte et de partage de pratiques entre individuEs et groupes.

L’historique de ces groupes médics puise ses racines dans les mouvements sociaux et altermondialistes américains où les secouristes officiels ne sont pas présents, soit qu’ils ne répondent pas à la culture militante politique environnante (exemple de la Croix Rouge très dénoncée pour sa collaboration sur les expulsions de sans-papiers),soit qu’ils choisissent de ne pas être là. Les street médics ont essaimé il y a une douzaine d’année en Europe, lors des contre-sommets et grands rassemblements internationaux. En France ce n’est qu’avec les mouvements récents d’occupation des Zones à défendre que ces pratiques essentiellement germanique et anglo-saxonne, ont abouti à la constitution de groupes de premiers secours activistes.

Le soin, autrement que soigner les individuEs, c’est soigner le lien. C’est comment soi-même rendre plus visible et être plus à l’écoute, créer un espace collectif de soins et soutien.

A l’automne dernier il y avait une grosse mobilisation dans les hôpitaux qui soulignait la difficulté d’aller vers plus d’autonomie.

Dans les hôpitaux on est isolés d’un service, espace de soin ou établissement à l’autre, aujourd’hui se construit par conséquent un réseau d’interconnexion, interprofessionnels de santé qui tentent de briser laborieusement cet isolement.

Extrait du texte « Quelques questions relatives à la constitution de dispositifs de soin autonome », p. 50 :

On ne soigne pas des individus mais des relations. Au fond un collectif ne peut soigner qu’en se soignant,qu’en prenant soin de ses liens, des médiations qu’il est en mesure de fabriquer. C’est ce que nous ont appris d’ailleurs des expériences de psychiatrie dites alternatives, ou l’ethnopsychiatrie lorsqu’elle s’intéresse aux formes de guérison traditionnelles par exemple.

Il y a donc au moins trois lignes de travail à envisager dans les réseaux politiques radicaux à propos du soin : d’abord prendre soin de la vie des collectifs politiques, ensuite inventer des formes de réappropriation de ce qui peut « faire » soin, nous permettant de commencer à nous passer des institutions. Enfin, et simultanément, mener une enquête politique, dès l’intérieur des institutions, pour saisir des lignes de fuite qui peuvent y apparaître par rapport à leurs logiques de contrôle ou d’autorité. A ce propos il faut une certaine honnêteté : nous ne pouvons pas nous passer complètement des institutions sous peine de confondre autonomie dans le soin et fermeture dans des logiques affinitaires qui nous éloignent de ce que j’ai nommé, provisoirement, le monde ordinaire de la politique. Et ceci en contraste avec« l’exceptionnalité » de la décision politique « radicale »,censée produire des formes collectives d’intervention politique,ou des formes de vie autres que celles sécrétés, promues, voire prescrites, par la subjectivation libérale.

Donc, il faut insister sur cette question : il me semble important de redire que dans le soin il est toujours mis en jeu le collectif entant que tel. Et un collectif devient un collectif capable de soin en se soignant. On ne soigne pas des individus mais des relations, j’ai dit plus haut : des médiations qui permettent de procéssualiser ce qu’on appelle la souffrance ou la maladie.

Concrètement,des collectifs de malades n’ont pas attendu les dénonciations des milieux radicaux des institutions répressives (« répressif » étant un concept bien insuffisant, au demeurant, pour caractériser les nouvelles technologies de gestion de la « santé », qui vont plutôt dans un sens « implicationiste »). Je pense ici à des groupes d’auto-support mettant en crise les savoirs, « par le haut », des soignants : groupes d’auto-support d’usagers des drogues, groupes « d’entendeurs des voix » refusant leur statut de psychotiques, groupes des parents d’enfants autistes, collectifs des malades du sida… Nous devrions certainement nous y intéresser à nouveau.

Trois lignes qui résument : enquête, prendre soin de soi et des autres, appropriation.
Les limites de l’autonomie

Il y a une domination de groupe, viriliste, qui s’opère dans les milieux libertaires, qui va à l’encontre, dans la pratique, de ce dont on parle là, ce qu’on voudrait faire valoir dans la brochure.

Il y a la dimension de la blessure qu’on cache, soit parce qu’elle est gênante, soit parce qu’elle est difficile à verbaliser, soit encore qu’il y a une dimension de fierté devant les « faits de guerre ». Dans les collectifs, quand quelqu’unE a une souffrance psychique on arrive pas à aborder ces questions-là.

Il y a aussi l’exemple des pathologies mentales de personnes en squat devant lesquelles on devient clivants et excluants par manque de concertation collective.

Le texte évoque un « éthos de l’exceptionnalité » qui est un peu faux, qui supposerait que quand on est militant on se poserait en rupture avec ce qui se fait habituellement, alors que ce ce n’est pas forcément le cas. Par ailleurs il y a une vision du collectif militant comme un tout où tout unE chacunE aurait sa place, alors qu’ille peut y être isoléE dans son vécu très introspectif, personnel, surtout si ce vécu relève d’une situation hors de la sphère militante.

C’est quand même chouette de pouvoir poser au sein du collectif la question de ce qui se joue, beaucoup de collectifs s’étouffent parce qu’ils ne posent pas les questions de dynamiques de groupes : souvent ça explose et on donne des raisons politiques à ça alors que ce n’est pas forcément du domaine politique. On peut aussi penser des actions collectives au sein ou envers les institutions.

La Bibliothèque Associative accueillera la prochaine lecture le 10 juin à 19h, autour de l’ouvrage Crack Capitalism, de John Holloway.

Par ailleurs, le groupe de médecine libertaire de Caen viendra présenter la revue Micrurus le 27 juin à la Bibliothèque.

Source : Paris Luttes infos.

Juin 062015
 
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Le collectif Médecine Libertaire organise une soirée de soutien à des inculpés dans les Cévennes (à Sumène pour être plus exact) pour avoir tenter d’empêcher une hospitalisation d’office en HP. Il y a besoin de sous.

C’est aussi l’occasion d’un débat critique autour du documentaire de Jean-Claude Julien « JP, Archi et les autres fauteurs de troubles ».

C’est à la fac, amphi Tocqueville, campus 1, le 09/06 à partir de 20h.

Viendez nombreux-ses.

Affiche en pièce jointe à diffuser.

 

 

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[Micrurus] Lecture à voix hautes d’articles de la revue à Malakoff.

 Posted by on 11 mai 2015 at 17 h 16 min  Actualité nationale, Anarchisme, Informations locales et vie des collectifs locaux., médecine, santé  Commentaires fermés sur [Micrurus] Lecture à voix hautes d’articles de la revue à Malakoff.
Mai 112015
 
ruines

Un extrait de Micrurus : contre la médecine et son monde

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Le prochain atelier de lecture à voix hautes aura lieu jeudi 14 mai à la BAM (Bibliothèque autogérée de Malakoff). Il portera sur la brochure « Micrurus » qui rassemble des textes libertaires de sensibilités différentes sur et autour de la médecine. Nous proposons ci-dessous la traduction d’un texte d’Alex Bradshaw, ainsi qu’un lien vers la brochure intégrale.

Préfiguration d’un véritable système de soin universel

1. Occuper les hôpitaux, les laboratoires médicaux, les usines de fournitures médicales et de médicaments, et rétablir les hôpitaux comme cliniques communautaires libres et gratuites
Si les communautés et les personnels soignants n’appellent pas à ce que ces institutions changent leur pratique, elles ne le feront tout simplement pas. Des collectifs de défense ad hoc, bien entraînés dans l’art de la défense – pas de la force – doivent être dressés comme force de dissuasion aux forces externes afin que ces communautés puissent occuper les hôpitaux de la manière qui leur convienne. Cela requiert qu’une majorité des hôpitaux tombent sous le contrôle des travaill·eurs/euses et que les communautés travaillent en tandem avec elleux. Bien que ces dernier·es doivent avoir leur autonomie, ils font avant tout partie d’une communauté ; car pour qu’une telle occupation soit un succès et demeure libertaire, communauté et travaill·eurs/euses doivent être sur la même longueur d’onde.
Les usines de fournitures médicales aux États-Unis et les labos que les hôpitaux utilisent doivent être occupés par leurs communautés qui s’y rattachent, tomber sous le contrôle des travaill·eurs/euses, et également comporter des collectifs de défense pour garantir le succès d’une telle opération. Le principal objectif sera de maintenir en activité ces organisations afin qu’elles servent librement et gratuitement les membres de la communauté.

2. les compagnies d’assurances privées doivent être expropriées
Les communautés et leurs collectifs de défense doivent non seulement occuper les bâtiments et les sièges sociaux des compagnies d’assurance, mais également s’assurer de la cessation de leurs activités. De plus, une majorité de citoyen·nes doivent arrêter de payer leurs primes d’assurance. Les communautés peuvent alors décider ce qu’elles vont faire des bâtiments après que les employé·es aient rejoint ou non la lutte. Elles peuvent par exemple transformer le bâtiment en clinique de soin, en faire un abri ou une soupe populaire pour les sans-abris, etc. Il faut insister sur le fait que cette étape n’a de sens que si les les hôpitaux sont occupés et fonctionnent avec succès en tant que cliniques de santé libres et gratuites.

3. Destruction du monopole sur le savoir médical
Les étudiant·e·s de tous les États-Unis ont un rôle à jouer. Pour qu’une telle transformation du système et, en fait, de la société se réalise, nous devons viser la source d’information des praticien·nes médic·ales/aux. Les étudiant·e·s doivent occuper les écoles de médecine, les écoles de soins infirmiers, les programmes d’ergo-physio-psycho-thérapie, etc., et s’assurer que tous les établissements aient la même qualité d’enseignement. En d’autres termes, les soidisant « meilleurs » établissements doivent être au même niveau que tous les autres. Il s’agit de rendre infime la ligne de partage entre les établissements d’enseignement et les cliniques communautaires libres et gratuites. Alors tous les établissements d’enseignement et d’apprentissage pourraient avoir accès aux mêmes technologies, informations, et fonctions en tant que cliniques servant la communauté.

4. Décentraliser la bureaucratie médicale
Infirmier·es, médecins, thérapeutes, psychologues, et autres personnels de santé, s’ils sont compétent·es, devraient recevoir la connaissance et le savoir-faire pour devenir praticien·nes des premiers soins. Cela ouvrirait un plus large accès aux communautés et permettrait également la disparition de la bureaucratie et de la hiérarchie dans la médecine. Le système actuel, bien trop spécialisé et divisé, place les médecins en tant que princip·aux/ales décid·eurs/euses des établissements médicaux. Cette situation accentue à la fois le rôle du/de la médecin et le sentiment de subordination du reste du personnel. Dans un système de santé plus égalitaire, un pouvoir décisionnel égal devrait être accordé aux personnels compétents et volontaires (willing). Le système pourrait être plus démocratique et participatif ; la mise en œuvre d’une plus forte coopération permettant ainsi de prévenir beaucoup d’erreurs médicales.
La division du travail lui-même est une des cibles de la critique dont découle la préfiguration d’une nouvelle société. Je pense que cela doit être appliqué aux services de santé. Les professionnel·es formé·es devraient travailler comme infirmi·er/ère ou thérapeute le lundi et comme médecin le mardi s’illes le choisissent et y sont convenablement formé·es.

5. Implanter des installations médicales de pointe dans toutes les communautés
Nous avons besoin de reconsidérer l’espace et la manière dont nous l’utilisons. Au final, si les points de préfiguration mentionnés ci-dessus sont réalisés avec succès, la société pourrait sans doute commencer à se restructurer d’elle-même selon des principes plus démocratiques et antiautoritaires. Avec le succès des services de santé tombés sous le contrôle des travaill·eurs/euses et de la communauté, il est peu probable que ces communautés toléreraient la domination dans les autres sphères de leur vie. Il est donc très peu probable que, dans une telle société, la planification urbaine soit ce qu’elle est actuellement.
L’idée que les bâtiments soient construits à petite échelle et que les surfaces les séparant soit cultivées pour la nourriture de la communauté, que la régulation du transport public se fasse par la communauté, que soit prohibée la fabrication de voitures (mis à part les ambulances et les bus communautaires), et que les routes soient beaucoup moins nombreuses, tout cela devrait devenir banal dans certaines régions.
Avoir des installations de pointe à tous les coins de chaque communauté à la place des actuelles stations-service, restaurants rapides, ou magasins de vins et spiritueux rendrait la vie beaucoup plus profitable. Il n’y a aucune raison pour que les installations de pointe en neurologie, en cancérologie, ou celles émergentes concernant les interventions cardiologiques soient centralisées dans d’immenses bâtiments à forte empreinte écologique. Toutes les communautés auront besoin de ces traitements spécialisés et d’urgence. Ces communautés devraient être conçues de manière à être écologiquement soutenables et de façon à ce que chaque communauté ait des installations de premier ordre.

6. Plus de praticien·nes, moins d’heures
Il est évident de dire qu’une société libre et volontaire est celle dans laquelle le capitalisme est une relique du passé. Dans une telle société, repenser le principe de division du travail semble aller de soi. Le principal objectif de la division des tâches est de gagner en efficacité pour augmenter la maximisation du profit. Or, il est peu probable que dans une société qui se concentre sur les besoins et désirs humains – qui ne semblent certainement pas être de travailler 40 heures ou plus par semaine – une personne ait à faire la même tâche 8 heures ou plus par jour, 5 à 6 jours par semaine, durant 40 ans. Une société qui se concentre sur le bien-être de tou·te·s et basée sur des principes socialistes et libertaires devrait à tout prix éviter cela.
À la place de la division du travail, on peut imaginer une personne suivant ses propres envies durant la majeure partie de la journée tout en s’occupant, a minima, des besoins communautaires tels que la nourriture, l’eau, l’énergie, les soins de santé, la recherche scientifique, etc.
Il n’y a aucune raison pour que les communautés ne puissent être équipées d’installations ne demandant la participation de chaque praticien·nes que 2 ou 3 heures par jour si le nombre de ces dernier·es augmente de manière très importante. Ce point est trop souvent absent des débats : nous devons prendre en considération la qualité de vie des praticien·nes. De mon point de vue, il est tout à fait probable qu’un certain nombre de personnes qui, à cause de la société de classe et du capitalisme, n’ont pas eu l’opportunité de devenir praticien·nes ou simplement de sortir de la pauvreté, seraient probablement intéressé·es par devenir praticien·nes de santé Et je crois qu’assez de gens recevraient une formation pour que les installations soient dotées en personnel 24 heures sur 24 tout en maintenant les normes d’heures de travail minimales des membres de la communauté. Par exemple, si un·e praticien·ne de soins de santé travaille 10-12 heures par semaine, soit par exemple deux ou trois heures par jour, le système pourrait prospérer. Les praticien·nes pourraient avoir aussi l’opportunité de se former dans divers domaines de soins, ceci afin d’empêcher la division du travail de se réétablir.
Je suggère que s’efforcer de réduire au maximum le temps de travail hebdomadaire et remettre en question l’existence d’une grande partie du travail que nous accomplissons devrait faire partie de la nouvelle société.

7. Faire des crimes avec violence un problème de santé : personnel de service de santé et abolition des prisons
La prison, dans une société de classe dominée par un modèle économique virulent (capitalisme), a subit un double échec : (1) elles n’enrayent pas la criminalité, et (2) elles ne réhabilitent pas. Bien sûr, c’est bien trop simpliste : beaucoup croient qu’un grand nombre de détenu·es étasunien·nes ont été emprisonné·s du fait de la couleur de leur peau. Les quartiers blancs – d’après mon expérience d’homme blanc de classe moyenne – sont autant le théâtre
d’actes « criminels » (comme le vol, l’usage et le deal de drogue) que les quartiers black et brown. Mais, alors que les agents de police ne se trouvent commodément jamais dans nos quartiers, les quartiers black et brown en sont surpeuplés.
La drogue est un problème qui peut largement être pris en charge par les personnels des services médicaux : les psychiatres, psychologues, ergothérapeutes, infirmi·er/ères, et d’autres, ont tou·tes reçu une formation adéquate dans l’aide aux personnes ayant des problèmes d’addiction. On peut douter que ce serait par choix que beaucoup de personnes vendent de la drogue dans les communautés black et brown. Le « crime » sans victime est commis par désespoir dans une société basée sur le profit et dans laquelle l’individu vendant
de la drogue est souvent exclu de l’abondance du monde blanc. La plupart des usager·es de drogue n’en prendraient sans doute plus dans une société libre. D’ailleurs, peut-être que sans capitalisme l’usage de drogue lui-même diminuerait spectaculairement.
Quoi qu’il en soit, c’est un problème de santé. Un autre problème que les personnels de santé peuvent aborder est celui de celleux qui commettent des crimes violents ou des viols. Les mêmes praticien·nes susmentionné·es sont équipé·es pour aborder les questions comportementales ainsi que la maladie mentale. J’extrapolerai alors que, même si la plupart des crimes cesseraient dans un société antiautoritaire, il y aurait toujours des anomalies. Celles-ci pourraient être traitées par les personnels de soins médicaux et non par des cellules de prison qui ne font qu’aliéner encore plus celleux n’ayant pas commis de crime grave ou souffrant de maladie mentale.
De la même manière que des problèmes de santé tels qu’un accident vasculaire cérébral ou la pose d’une prothèse de hanche demandent une rééducation très importante, les personnes qui commettent des actes sadiques devraient être traitées comme des personnes atteintes de troubles mentaux et être sujettes à rééducation. Les structures de santé mentale devraient remplacer les prisons qui sont largement occupées par des toxicomanes, des gens de couleur et des personnes atteintes de maladie mentale. Il est certain que la crise des systèmes de santé s’étend à la population carcérale.

8. Éliminer le rationnement
S’il est vrai que les deux modèles de services de soins rationnent, le programme privé le fait tout autant, si ce n’est plus, que le public. Ce système qui exclut beaucoup de personnes des soins de santé – un besoin basique – sera supprimé par les fédérations de communautés libres. Il y a une solution simple à cela : s’il n’y a pas de système de soin disponible dans une communauté, l’individu sera pris en charge dans une autre. Néanmoins, mettre en place des installations de pointe et augmenter le nombre de praticien·nes formé·es et compétent·es dans toutes les communautés, tout en étant certainement faisable, limiterait en grande partie le rationnement. Les procédures émergentes de services médicaux et celles qui améliorent la qualité de la vie devraient être traitées de la même manière que la nourriture ou l’eau qui, du
fait de leur nécessité vitale, ne devraient jamais être rationnés.
Cela implique un besoin en fédéralisme médical à travers la nation mais aussi à travers le monde. Un système de santé décentralisé serait sûrement quelque chose qui lutte pour un établissement à l’échelle internationale. Partant de là, un service de santé au Chiapas devrait être à cet égard de la même qualité que celui de l’État de New York ou en Éthiopie. Toutes les structures de soins de santé devraient avoir une politique d’ouverture à tout le peuple et
pas seulement aux membres de la communauté dans laquelle elles se situent.
Des réseaux et des communications gardant en contact constant les structures de soin des différentes communautés et zones géographiques devraient alors se mettre en place.

9. Recherche régulée par la communauté
Les scientifiques dans le domaine médical et celleux qui contribuent à la recherche médicale devraient être contrôlé·es par la communauté. Même si celleux qui contribuent à la recherche médicale devraient être autonomes, s’ils gaspillent des ressources pour des choses que la communauté à laquelle els sont affilié·es trouve superflues, cela devrait être rigoureusement débattu, et la décision finale n’appartiendrait pas seulement aux scientifiques du domaine médical, mais aussi à toute la communauté concernée. Par exemple, si du temps et des ressources sont gaspillés en un développement poussé de la chirurgie esthétique telle que les implants mammaires ou le lifting facial, une communauté pourrait décider que cela est inutile quand une communauté voisine, ou la leur, est victime d’un virus épidémique qui tue les enfants et les personnes âgées. Et ceci ne devrait pas être régulé par la seule communauté
médicale mais par la communauté dans son ensemble, tout particulièrement si la recherche n’est pas consacrée à des questions affectant la communauté.

10. Utilisation démocratique de la technologie et des ressources
Enfin, les communautés devraient, main dans la main avec les travaill·eurs/euses du secteur médical, décider quelle technologie utiliser ou non. Si quelque chose comme, disons, un certain usage de rayon X a une corrélation avec le cancer, cet usage devrait être examiné et déterminé par tou·te·s celleux qui en ont recours ou en sont affecté·es.
De plus, une grande partie de la technologie qui pourrait être utilisée par tou·tes dans la communauté ne l’est pas à cause des marges bénéficiaires. Pour prendre un exemple, un physicien m’a dit il y a quelques années que GE (General Electrics) a des rayons X pouvant montrer immédiatement si l’individu est séropositif ou s’il a d’autres virus dans le sang. Il expliquait que les médecins n’ont pas les moyens financiers d’avoir une telle technologie dans
leur clinique. Certaines technologies devraient être accessibles à la plupart des communautés dans un endroit libre et gratuit afin de pouvoir l’utiliser au lieu d’attendre inutilement pendant des mois et d’aller d’un spécialiste à un autre.
La technologie peut aussi bien être intrinsèquement mauvaise que vitale. Un hôpital fait beaucoup de bonnes choses pour les êtres humains, mais c’est aussi une structure gaspillant beaucoup et coûteuse en terme écologique. Ces établissements sont souvent extrêmement grands, n’utilisent jamais d’énergies renouvelables et sont ouverts 24 heures sur 24. En outre, le plastique – matière issue de combustible fossile – est utilisé pour des milliers de produits hospitaliers, des couvercles de gobelet aux seringues. Cela doit être supervisé par les conseils communautaires et strictement régulé. Sachant que la dégradation de l’environnement peut avoir des effets catastrophiques sur la santé des individus (toxines dans le lait maternel, mercure dans le poisson, émanation des combustions de charbon et d’autres combustibles fossiles, maladies pulmonaires dues aux gaz d’échappement, virus devenant pandémiques à cause des changements climatiques), il devrait être logique que les structures de soins de
santé ne perpétuent pas ces pratiques. Il serait de même logique que soit pris en compte dans ces installations les émanations de dioxyde de carbone et de toxines provoquées par l’usage d’électricité issue de combustion de charbon.

La force de la préfiguration
Préfigurer ou prévoir une société très différente a ses avantages. Cela peut nous apporter de l’optimisme dans une ère très tumultueuse. Et si nous pouvons préfigurer le nouveau monde, il est probable que nous puissions le construire, même au sein du vieux monde aux traits déliquescents. Les centres communautaires peuvent accueillirent des travaill·eurs/euses de santé volontaires fournissant des soins de santé gratuits, créant une troisième façon de recevoir des soins médicaux qui ne soient ni privée ni gouvernementale. Le nouveau monde peut être créé par un vaste réseau de petits espaces libérés. Des services de santé révolutionnaires ne devraient certainement pas être une exception : ces services de santé de guérilla peuvent offrir une petite lueur vacillante d’espoir et se dresser comme un exemple qu’une résistance active face à la charge mortifère du capitalisme.
Pourtant le problème doit être abordé de manière conflictuelle pour mettre en œuvre un véritable changement. Peu importe que nous soyons libér·aux/ales, progressistes ou radic·ales/aux, les décid·eurs/euses étasunien·nes n’agissent, cela n’a rien d’étonnant, que dans l’intérêt des grandes entreprises et non dans celui de la population. Ainsi, tandis que la création des cliniques libres à but non lucratif est un geste symbolique et un infime aperçu de ce que les services médicaux devraient être, si nous n’affrontons pas nos oppress·eurs/euses que sont les tyrannies privées soutenues par l’État et perpétuant l’application de logiques commerciales aux services médicaux, le statu quo sinistre continuera.
Mon optimisme réside dans le potentiel des masses organisées des communautés. La Commune de Paris, la révolution espagnole, le mouvement zapatiste, et la campagne pour les droits civiques ici aux États-Unis sont tous des rappels que des choses miraculeuses peuvent être accomplies dans un monde dominé par des statu quo menaçants quand les communautés s’unissent contre la domination. Tandis qu’aucun des scénarios mentionnés ci-dessus n’a apporté une nouvelle société, ils ont tous préfiguré des circonstances radicalement différentes. C’est en cela que leurs actions ont été déterminantes. Peut-être la population étasunienne, dans ces circonstances agitées au regard de la crise actuelle dans les services de soins, devrait prendre exemple sur ces gens.

P.-S.

La brochure est librement téléchargeable ici.

Source : Paris-Luttes Infos.

Fév 192015
 
Ruins_25-02-15

Le Collectif Médecine Libertaire vous invite à une Projection/Débat du documentaire :

*Ruins, chroniques d’une chasse aux sorcières

*Réalisé par Zoe Mavroudi, vostfr, 53 min, 2013.

*Mercredi 25 février, Université de Caen, Amphi Tocqueville, Campus 1, 20h

* En Grèce, peu avant les élections législatives de mai 2012, ce documentaire retrace l’histoire d’un groupe de femmes séropositives, raflées et détenues par la police grecque, soumises à des tests de dépistages forcés, accusées de crime, incarcérées, et exposées publiquement dans les médias qui diffusèrent leurs photos d’identités judiciaires et leurs données personnelles. Il propose notamment des interviews de deux de ces femmes, de médecins, d’avocat.e.s, de journalistes, de militant.e.s mobilisé.e.s lors de cette affaire.

La projection sera suivie d’un débat.

Venez nombreuses et nombreux !

*Plus d’info sur le documentaire : http://ruins-documentary.com/en/ <http://ruins-documentary.com/en/>

*Plus d’infos sur le collectif : https://sous-la-cendre.info/collectif-medecine-libertaire

PDF : Ruins_25-02-15

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