Contre la COP21 : appel international ! International Call out against COP21 !

 Posted by on 27 septembre 2015 at 23 h 20 min  Actualité Internationale, Actualité nationale, Ecologie / Nucléaire / OGM / Industrialisme / Nécro-technologies  Commentaires fermés sur Contre la COP21 : appel international ! International Call out against COP21 !
Sep 272015
 
arton986-f3666

Un appel international a été rédigé dans le cadre de l’assemblée générale contre la COP21 ! Diffusez-le et traduisez-le le plus largement possible !

Du 28 Novembre au 12 Décembre, nous nous mobiliserons à Paris contre la COP21. 195 chefs d’État, et un nombre incalculable d’industriels se réuniront pour décider de mesures inutiles afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre. En fait, il s’agira de statuer sur la quantité de pollution raisonnable que les industriels pourront rejeter dans l’atmosphère. Les nouveaux quotas de CO2 ne sont qu’un nouveau moyen pour les pays riches de continuer à s’octroyer le droit de polluer impunément.
Nous ne laisserons pas ceux qui sont les seuls responsables du réchauffement climatique et de la marchandisation du vivant tenir leur énième mascarade tranquillement !

La seule solution pour régler ce problème est la fin du système capitaliste et productiviste, pas un sommet dans une zone militarisée.
Que toutes celles et ceux qui n’en peuvent plus de ce système mortifère, d’Europe et du monde, convergent vers Paris contre la COP21 !
De multiples manifestations et des rencontres auront lieu pendant la conférence. Venez avec vos propositions et votre volonté, pour créer ensemble, d’autres formes de vie en commun loin des diktats économiques.

Des lieux d’hébergement et d’accueil seront prévus, ainsi que les
actions suivantes :

  • Dimanche 29 Novembre : Manifestation
  • Du 29 Novembre au 12 Décembre : Diverses journées d’action.
  • Samedi 12 Décembre : Clôture et journée d’action.

Assemblée parisienne contre la COP21

COP21
Sur Facebook : Anticop21

 - 816.6 ko

English

International Call out against COP21

From November 28 to December 12 we will fight against the COP21 held
in Paris.
195 governments and countless business leaders will gather
to decide useless measures in order to reduce greenhouse gas
emissions. In fact , all they will discuss is the reasonable amount of
pollution industries can release in the atmosphere. The new CO2 quotas
are nothing but another way for rich countries to grant themselves the
right to pollute with impunity.

We won’t let those who are responsible of global warming and the
commodification of every life form hold their umpteenth masquerade
peacefully !

The one and only solution to this matter is to end capitalism and
productivism, not a summit in a militarized zone.

Those in Europe and the world who cannot stand this deadly system must
converge in Paris against the COP21 !
Multiple demonstrations and discussions will be held during the
conférence. Come with your initiatives and your will to create other
ways of living, far away from the dictates of the economy.

Accomodations and reception places will be provided. The following
actions are planned :

  • Saturday November 28 : Gathering of the convoys from the ZADs (zones to be defended against urban projects)
  • Sunday November 29 : Demonstration
  • From November 29 to December 12 : Multiples action days
  • December 12 : Closing day, and action day

The Parisian assembly against COP21
COP21

Castellano

Desde el 28 de noviembre al 12 de diciembre nos vamos a movilizar en París contra el COP21.
195 jefes de estado y un número incalculable de directivos de grandes empresas se van a reunir para decidir medidas inútiles que pretenden reducir las emisiones de gas de efecto invernadero.De hecho, se trata de decidir cuál es la cantidad de « contaminación razonable » que las empresas podrán emitir a la atmósfera. Las nuevas cuotas de CO2 son solo otra fórmula que los países ricos han encontrado para concederse el derecho de contaminar impunemente.¡Nosotros no vamos a dejar que aquellos que son los únicos responsables del calentamiento global y de la mercantilización de los seres vivos disfruten tranquilamente de su enésima farsa !

La única solución para arreglar este problema es el fin del sistema capitalista y productivista, no una cumbre en una zona militarizada. ¡Que todos aquellos y aquellas que no pueden más con este sistema mortífero de Europa y del mundo se reúnan en París contra el COP21 !

Van a tener lugar numerosas manifestaciones y encuentros durante la conferencia. Venid con vuestras propuestas y vuestra voluntad para crear juntos otras formas de vida en común lejos de los dictados económicos.
Están previstos lugares de alojamiento y de acogida así como las siguientes acciones :

  • Sábado 28 de noviembre : Encuentro de los convoyes de ZAD en París.
  • Domingo 29 de noviembre : Manifestación
  • Del 29 de noviembre al 12 de diciembre : Diversas jornadas de acción
  • Sábado 12 de diciembre : Clausura y jornada de acción

Asamblea parisina contra el COP21
COP21

Deutsch

Von 28. November bis 12. Dezember mobilisieren wir gegen den UN-Klimagipfel, COP21, in Paris. 195 Staatschef_innen und unzählige Industrielle treffen einander, um fadenscheinige Maßnahmen zu vereinbaren, mit dem Ziel Treibhausgas zu reduzieren. Dabei geht es hauptsächlich darum ein Maß an Treibhausgasemissionen festzulegen, das Industrielle ausnützen können, das jedoch noch als salonfähig an die Öffentlichkeit verkauft werden kann. Die neuen CO2-Quoten sind nicht mehr als ein neues Mittel der wohlhabenden Länder sich das Recht zu nehmen weiterhin folgenlos die Erde zu verschmutzen.
Wir lassen nicht die einzigen Verantwortlichen für die Klimaerwärmung und die Vermarktung von Humankapital in Ruhe ihre Maskerade abhalten !
Die einzige Lösung ist nicht ein Gipfel in einer militarisierten Zone, sondern das Ende des kapitalistischen und gewinnorientierten Systems. Alle, die genug von diesem System haben, vereinigt euch in Paris gegen den COP21 !
Zahlreiche Demonstrationen und Treffen werden während der Konferenz stattfinden. Kommt mit euren Vorschlägen und eurer Bereitschaft, um gemeinsam andere Formen des gemeinschaftlichen Lebens, fernab des ökonomischen Diktats, zu schaffen.
Unterkünfte, als auch Informationszentren sind vorgesehen, sowie zahlreiche Aktionen :

  • Samstag 28 November : Zusammentreffen des Convois des ZADS (Protestzonen gegen städtebauliche Projekte) in Paris.**
  • Sonntag 29 November : Demonstration
  • 29 November bis 12 Dezember : Zahlreiche Aktionstage
  • Samstag 12 Dezember : Ende und Tag der Aktion.

Pariser Vereinigung gegen den COP21
COP21

Italiano

Dal 28 Novembre al 12 Dicembre, ci mobiliteremo a Parigi contro la COP21.
195 capi di Stato, e un numero incalcolabile di industriali si riuniranno per decidere di soluzioni inutili per redurre le emissioni di gas ad effetto serra.
In pratica, si tratterà di statuire sulla quantità ragionevole che gli industriali potranno rigettare nell’atmosfera.
Le nuove quote di CO2 non saranno nient’altro che un nuovo modo per i paesi ricchi di continuare a concedersi il diritto di inquinare impunemente.

Non lasceremo che siano quelli che sono gli unici responsabili del riscaldamento climatico e della mercificazione della vita, tenere la loro ennesima bufala tranquillamente !

L’unica soluzione per risolvere questo problema è la fine del sistema capitalista e produttivista, non un summit in una zona militarizzata.

Che tutte quelle e tutti quelli che non ce la fanno più di questo sistema letale, di Europa e del mondo, convergano verso Parigi contro la COP21 !

Numerose manifestazioni e incontri si svolgeranno durante la conferenza. Venite con le vostre proposte e la vostra volontà, per poter creare insieme altre forme di vita in comune lontano dai diktat economici.

Luoghi per l’alloggio e l’accoglienza saranno previsti, cosi come le azioni seguenti :

Sabato 28 Novembre : convergenza delle ZAD (Zone da difendere) verso Parigi.

  • Domenica 29 Novembre : Manifestazione.
  • Dal 29 Novembre al 12 Dicembre : Diverse azioni.
  • Sabato 12 Dicembre : Giornata finale e azioni.

COP21(at)riseup.net

P.-S.

Si vous voulez effectuer une traduction dans une langue qui n’est pas inscrite ci dessus n’hésitez pas à proposer un texte à l’adresse COP21(at)riseup.net !
If you want to translate it in another language, please send the translation to COP21 (at) riseup.net

Source : Paris-Luttes Infos.

Sep 272015
 
arton1705-958f1

Dix ans de prison et la menace de 150 000 euros d’amende : c’est la peine qu’encourra Loïc, un Anonymous de 19 ans, en novembre prochain, au tribunal correctionnel de Nancy. Accusé d’« accès et maintien frauduleux » dans un système informatique « commis en bande organisée », l’hacktiviste a surtout commis le crime de dénoncer, via des piratages de sites Internet, le gaspillage d’argent public et le déni de démocratie liés au projet d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse).

« C’était un mercredi matin, il devait être six heures. Ma petite sœur essaye de me réveiller pour m’avertir qu’on vient de sonner chez nous et que c’est certainement la police qui veut m’arrêter. Mais pas moyen de me réveiller… Les flics entrent dans la chambre, écartent ma petite sœur, et tentent de me réveiller à leur tour. Au même moment, j’entends un grand BOUM, c’est mon père qui, en bas, fait un malaise et tombe par terre. Moi je crois tellement être dans un rêve, un cauchemar plutôt, que… je trouve le moyen de me rendormir. Les flics croient que je fais un malaise aussi. »

Mais Loïc finit par revenir à la réalité, ce 8 avril 2015, et prend conscience de la gravité de la situation lorsque les sept agents de la DGSI le menottent et l’emmènent au commissariat, à Nancy, pour 48 heures de garde à vue. Débarqués spécialement de Paris la veille, les policiers recherchaient notamment son matériel informatique. Perquisition. Arrestation. Un gros quart d’heure à peine d’intervention et tout est terminé. Une opération réglée comme du papier à musique [1].

Au poste, Loïc subira neuf interrogatoires, « qui duraient chacun entre deux et quatre heures » : « Je leur répondais le plus sincèrement possible, croyant que ce serait réciproque, qu’ils auraient un soupçon d’humanité derrière leur uniforme, mais, au contraire, plus ils en savaient sur moi, plus ils en jouaient. Tout était manipulation. » En faisant parfois allusion à des éléments de la vie privée de Loïc en plein interrogatoire, comme une «  lettre très personnelle » ou d’autres intimités dénichées dans son disque dur, les policiers exerçaient un chantage constant sur l’Anonymous pour retrouver l’identité de ses complices. « Les policiers m’ont montré qu’on reconnaissait le visage d’un ami qui se trouvait dans ma chambre au moment où je tournais une vidéo. Le flic me lance : “Écoute, on va faire un deal. Tu nous donnes les pseudos des gens qui font partie du comité restreint [2] ou ton ami va avoir des ennuis… T’as cinq minutes pour y réfléchir.” » Et si Loïc donne des pseudos, les policiers répondent que cela ne suffit pas, qu’il leur faut davantage d’informations…

Un défi lancé aux élus

En novembre prochain, deux autres personnes impliquées dans l’Opération contre les grands projets inutiles imposés encourront la même peine que Loïc (dix ans d’emprisonnement et/ou 150 000 euros d’amende). L’un, arrêté à Reims, a subi également 48 heures de garde à vue. L’autre a passé « seulement » dix heures au commissariat, à Nantes, mais au prix d’une arrestation encore plus impressionnante que celle de Loïc. En marge d’un procès pour récupération de denrées dans des poubelles de supermarché, une dizaine de policiers et gendarmes lui ont sauté dessus, en pleine rue, dans sa voiture, avant de l’enfourner dans leur camionnette [3].

Des peines encourues et des arrestations ahurissantes qui reflètent la crainte des autorités devant l’étendue des grands projets inutiles ciblés [4] et surtout l’efficacité des hacktivistes. Pour dénoncer les dangers liés à la « poubelle nucléaire » de Bure, les sites Internet d’acteurs institutionnels de l’Andra, de Cigéo [5], du conseil général de la Meuse ou encore du conseil régional ont été piratés plus d’une dizaine de fois en l’espace d’un mois à peine, en décembre 2014. Pendant que les uns se chargeaient de lancer des DDoS, une sorte de sit-in, de blocus en mode numérique, Loïc endossait le « rôle de communicant » et s’occupait de la rédaction des textes revendicatifs, avant de les relayer sur les réseaux sociaux ou dans les médias sous formes de communiqués.

Ensemble, les Anonymous rappelleront le « déni de démocratie » inhérent au projet d’« implantation d’un laboratoire » de l’Andra, en 1993, approuvé par les conseils généraux de la Meuse et de la Haute-Marne, alors que, « dès cette époque, la population s’est plainte de n’avoir pas été consultée pour ces décisions, ni même informée au préalable ». Ils souligneront que, en 2006, une pétition restée sans suite de plus de 60 000 signataires réclamait un référendum sur l’enfouissement des déchets radioactifs. Ils balanceront les tentatives d’influence du lobby nucléaire sur les collectivités territoriales, ces « dizaines de millions d’euros déversés chaque année en Meuse et en Haute-Marne. 30 millions s’infiltrant dans tous les projets sans que les habitants le sachent ».

Suivi à la trace

Décembre 2014, se sentant « trop vulnérable », Loïc décide de tout arrêter. Plus tard, il découvrira dans le dossier d’enquête préliminaire (de 1 400 pages) que « le budget correspondant aux recherches des personnes à l’origine des attaques contre le conseil général de la Meuse aurait été d’environ 10 000 euros ». Le moindre de ses déplacements a été géolocalisé, chacune de ses données minutieusement recueillie par le service du renseignement depuis le mois d’octobre 2014, date de ses premières participations à des opérations contre le conseil général du Tarn destinées à contester le projet du barrage de Sivens.

Autant dire que les pandores réduits à la collecte du moindre déplacement de la souris de Loïc connaissent ce dernier par cœur  : « En garde à vue, se rappelle Loïc, la magistrate me dit  : “Je pense vraiment que vous pouvez oublier l’idée de devenir avocat, mais vous pouvez toujours continuer vos études…” Et là, l’agent qui se trouve à côté complète, d’un ton méprisant : “Vous pourrez toujours devenir maraîcher…” Ils savaient même que j’hésitais entre ces deux métiers  ! » Loïc devrait effectivement se tourner vers le maraîchage, à la rentrée, le temps de repasser le bac en candidat libre la saison prochaine. Car l’Anonymous démasqué n’a pas laissé tomber son objectif de devenir avocat en droit de l’environnement, même s’il a loupé sa capacité en droit, ses démêlés judiciaires y étant pour beaucoup.

Pour autant, il ne regrette pas d’avoir abandonné le lycée où il se sentait « rejeté, méprisé » aux côtés « des fils de haut-placés ». Il en a profité pour découvrir les ZAD de Notre-Dame-des-Landes et du Testet tout en créant sa chaîne YouTube « Anonymous France ». Une mouvance qui a su le séduire davantage que n’importe quelle autre organisation politique. Et ce, pour une raison claire  : « Face à des pros de la com’, il faut vraiment une forme d’action bien plus directe, conclut-il. Il y a trop de débats avant l’action. De plus, on est dans une société dans laquelle l’apparence des gens compte beaucoup trop. Je rejette l’idolâtrie. Justement, dans l’approche militante des Anonymous, j’aimais avant tout cette façon de rester dans l’ombre, de rester dans la représentation de la majorité, de ne pas se monter la tête, et d’être plus connecté sur les idées que sur les identités. »

Franck Dépretz.

Notes

[1] Le PV relatant l’arrestation, évidemment, est tout à fait différent du récit de Loïc : celui-ci n’aurait pas été réveillé en sursaut (la police aurait toqué à la porte de sa chambre), on ne lui aurait pas passé les menottes, le malaise de son père ne serait jamais arrivé, etc.

[2] Comité restreint  : modérateurs du tchat, soient les Anonymous les plus impliqués dans le projet.

[3] « À Nantes, les méthodes de western de la police pour interpeller un suspect », Isabelle Rimbert, Reporterre, mis en ligne le 5 mai 2015.

[4] Parmi les autres cibles de l’opération : l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), le Center Parcs de Roybon (Isère), le barrage de Sivens (Tarn), la ligne de à grande vitesse Lyon-Turin et la nouvelle route littorale de La Réunion.

[5] Cigéo est l’acronyme du Centre industriel de stockage géologique censé s’implanter à Bure. Ce projet de stockage profond de déchets radioactifs français est mis en œuvre par l’Andra, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs.

Source : CQFD n°135 (septembre 2015)

Notre-Dame-des-Landes: le juge est venu, il a vu mais il n’a pas vaincu !

 Posted by on 23 septembre 2015 at 0 h 26 min  Actualité nationale, Ecologie / Nucléaire / OGM / Industrialisme / Nécro-technologies, Logement / Squat / Urbanisme, Luttes sociales  Commentaires fermés sur Notre-Dame-des-Landes: le juge est venu, il a vu mais il n’a pas vaincu !
Sep 232015
 
seme2.cleaned-9eb2a

Depuis 7h du matin, la ZAD était bloquée en 6 points d’accès par des barricades, plusieurs centaines de personnes et une trentaine de tracteurs. Il s’agissait en empêchant la venue du juge des expropriations, de répondre avec détermination aux menaces du sous-préfet. Celui-ci annonçait reprendre les procédures contres les locataires en vue d’une possible expulsion et démarrage des chantiers dans les mois à venir.

Le mouvement anti-aéroport a été très réactif. De nombreuses personnes des comités de soutien et paysans de la région étaient présentes dès 7h du matin au carrefour de la Saulce malgré la pluie et se sont réparties sur les différents points de blocage. Les infos étaient rediffusées partout sur la zone à défendre par Radio Klaxon.

Vers 9h, plusieurs 4×4 suivi de voitures de gendarmerie sont arrivées à une centaine de mètres de la barricade sud, entre Vigneux et la ZAD, où 200 personnes environ étaient présentes. Le juge en cravate est descendu de 4×4, accompagné d’un commandant de gendarmerie. Il a insisté pour passer mais il lui a été signifié qu’il en était hors de question. Après un échange vif, le juge et son escorte sont rentrés précipitamment dans les véhicules officiels et ont rebroussé chemin.

Contrairement aux gouvernement, nous tenons nos engagements. Comme a pu le dire un paysan rigolard au coin d’une barricade « Le juge est venu, il a vu mais il n’a pas vaincu… » Adieu César !

Après avoir eu la confirmation par l’avocat des locataires que le juge avait renoncé, les barricades ont été levées en fin de matinée.

Leur test de ce matin a échoué mais nous restons plus que jamais vigilant.es et appelons à densifier la mobilisation dans les semaines qui viennent. Dans le même temps nous continuerons à renforcer les cultures et habitats sur la ZAD, ainsi que les liens à l’intérieur du mouvement et dans la région pour construire un avenir sans aéroport.

Il n’y aura pas d’expulsion de la ZAD. L’aéroport ne se fera pas !

Les bloqueur’heuses du mardi

2015-09-22_NotreDameDesLandes_tracteurs

2015-09-22_NotreDameDesLandes_leszadistesbloquentplusieurscarrefours

Source : Zad-nadir.

Belgique : Expulsion de la ZAD du Keelbeek, contre la maxi-prison.

 Posted by on 23 septembre 2015 at 0 h 18 min  Actualité Internationale, Flicage / Répression / Carcéral / Sécuritaire, Logement / Squat / Urbanisme  Commentaires fermés sur Belgique : Expulsion de la ZAD du Keelbeek, contre la maxi-prison.
Sep 232015
 
arton14225-587ea

ZAD du Keelbeek, expulsée !

Hier lundi 21 septembre 2015, à 8h du matin les policiers ont investi la ZAD du Keelbeek et délogé tout le monde présent sur place. Ils ont profité du moment ou certainEs assistaient à l’audience au tribunal de première instance pour faire opposition à l’ordonnance d’évacuation de la Régie des Bâtiments.

Ils ont arrêté 7 personnes sur place. Arrestations administratives et judiciaires.
Ils ont brûlé les installations, la cuisine, le salon.
2 zadistes sont encore dans une cabane dans un arbre. Les flics n’ont pas réussi à les déloger.
Vandersmissen dirigeait les opérations. Apparemment certainEs lui auraient déversé du contenu de toilette sèche dessus.

Les occupantEs expulséEs se sont installéEs sur le terrain juste à côté du Keelbeek. Une entreprise a commencé à clôturer le terrain. Les flics sont reparti vers 19h, laissant 4 vigiles avec leur berger allemand pour surveiller le terrain.

Source : Indymédia Bruxelles.

*********************************************

Communiqué : Expulsion du Keelbeek… mais pourquoi pas le dialogue demandé ?

Communiqué de presse 21/09/2015
Par le comité de Haren et le collectif Vrije Keelbeek Libre !

La Régie fait du zèle

Ce lundi 21 septembre à 9h30, le juge de première instance de Bruxelles a entendu les habitants du Keelbeek et la Régie des bâtiments, à propos du recours porté contre l’avis d’évacuation de ce terrain de 18ha menacé par la construction d’une mégaprison, et a mis l’affaire en délibéré.

C’est le moment qu’a choisi la Régie pour faire exécuter l’évacuation du Keelbeek, le recours n’étant pas suspensif. L’acharnement de la Régie n’est plus à prouver et s’est exprimé à travers le dispositif policier déployé (une centaine d’agents), le terrain rendu inaccessible au public, l’arrestation de sept personnes, la destruction de la totalité des installations du camp par des engins, et l’incendie des biens restants. Ces oppositions frontales contre l’expression citoyenne ont franchi ainsi une nouvelle étape.

Tout cela s’est déroulé en présence d’habitants du Keelbeek, de riverains de Haren, de sympathisants venus dès le matin apporter leur soutien, de personnes politiques et de nombreux médias.

La Régie, qui ne dispose à ce stade d’aucun permis pour commencer les travaux, a ensuite entrepris de déloger deux militants postés dans une cabane construite dans un arbre à 10m de hauteur. Des ouvriers ont commencé à tronçonner des arbres situés à proximité immédiate de la cabane occupée, et qui ont ainsi menacé de la détruire. En outre, un bulldozer a volontairement violemment percuté l’arbre dans lequel se tenaient les militants, les mettant en danger vital. Ceux-ci ont alors crié et interpellé les ouvriers et policiers sur place pour se signaler et leur demander d’arrêter, sans succès. C’est seulement lorsque la hiérarchie de la police a pu être contactée par des sympathisants repoussés aux abords du Keelbeek et informés en urgence par téléphone de la situation, que cette opération a cessé. La vie de ces deux militants a été mise en jeu.

La Régie ne s’arrête toutefois pas là, puisque les arbres en questions sont des arbres à haute tige, protégés dans la région bruxelloise. Il faut impérativement avoir des permis pour pouvoir les couper ou les détériorer, ce dont ne dispose pas la Régie qui s’est une nouvelle fois mise en infraction.

Face à tout cela, il est pour le moins légitime et urgent de se poser la question suivante : y a-t-il un pilote dans la Régie ?

L’entièreté de ce projet de mégaprison, anti démocratique par de multiples aspects, a pris ce lundi une tournure violente : saccage, incendie, arrestations avec gaz lacrymogènes et actes de violence, expulsions, mise en danger de la vie d’autrui.
En attendant que le juge se prononce sur la légalité de ces actes, d’autres actions en justice vont être intentées.

Alors que le terrain expulsé a commencé à être clôturé, les occupants, confirmés dans le bon sens, la légitimité et la nécessité de leurs actions pour la défense des biens communs, ont sans aucune hésitation monté ce jour-même un nouveau camp sur une parcelle adjacente, avec l’autorisation du propriétaire. Ils sont déterminés à maintenir leur présence citoyenne et vigilante pour éviter la destruction du terrain du Keelbeek.

Contact : Laurent Moulin : 0499.03.09.01

Pour le Comité de/van Haren et le Vrije Keelbeek Libre

Source : Haren Luttes paysannes.

************************************************

L’expulsion de la ZAD de Haren doit marquer le vrai début de cette lutte !

Ceci est une contribution à la lutte contre la maxi-prison de Haren et son monde. Pour des territoires et espaces de vie libres, en résistance, et créateurs « d’autres possibles ».

Ce matin, les forces du désordre sont venues foutre leur petit bordel sur la ZAD de Haren. Après la destruction totale des lieux de vie de copains-copines, quelques arrestations, quelques images pour la presse, l’info a tourné sur face de bouc et hop l’affaire était réglée ! Accompagnées de leur commissaire préféré en chef d’orchestre dont nous ne citerons pas le nom tellement ça lui ferait plaisir…Alors peut-importe l’échelon étatique d’où la décision est venue, ce qu’il faut comprendre c’est que ce moment marque le début de notre capacité à nous organiser collectivement au-delà de nos différences, pour faire face à la logique destructrice du capitalisme promue par l’État. Car nous sommes tous et toutes menacées par ce genre de projets nuisibles à la vie.

3 ans de lutte, 13 mois d’occupation, quelques perquisitions, quelques actions, quelques « papiers » ou « dépêches » dans la presse mainstream, quelques minutes à la radio, quelques lignes issue de quelques dizaines de communiqué de presse, quelques pages et articles dans la presse alternative, sans doute quelques écoutes téléphoniques et autres ignobles surveillances de la Sureté de l’État, quelques tentatives de division du mouvement…

Mais surtout des rencontres infinies sur la ZAD et en dehors, des affinités et ouvertures politiques inattendues, des clash et du conflit politique, des discussions, des complicités nouvelles, des assemblées, du vivre ensemble pas simple et souvent très riche. De la récup, un potager collectif, des légumes (surtout des patates !), de la réflexion sur les stratégies à adopter…des liens créés avec les harenois-es, des amis-es en France, Allemagne, Italie…des cabanes construites ci-et là (aujourd’hui détruites) dans ces quelques hectares de nature préservée du béton.

Des centaines de gens sont passées sur la ZAD durant cette période. De tous horizons. Partager une bouffe, un café, une discussion politique, un concert, une utopie, une partie de rigolade ou une embrouille, un contact avec les animaux de la ZAD, une autre vision de l’agriculture, une partie de potager, de la vie collective…et bien d’autres aspects et composantes de moments de lutte.

Ne soyons pas étonné-es par l’expulsion de ce matin. Elle était prévisible…et planifiée. Elle a sans doute surpris certain-e-s. Leur monde s’écroule on le savait déjà. Leur besoin de contrôle sur les humains et les ressources naturelles est sans limite…ça aussi on le savait. Si l’État n’a pas d’amis - hormis le capitalisme – la justice ne brille pas non plus par sa capacité à distinguer l’urgence démocratique, écologique et sociale de nos situations de vie. Allons-nous attendre « la fin de leur monde » pour en construire d’autres ?

Pour ceux qui s’attendaient à un scénario de répression « à la française » de ce qu’il se passe / s’est passé en France sur les ZAD de Roybon, NDDL, Sivens etc. il faudra repasser ! Ou pas…Car c’est aujourd’hui que nous devons collectivement augmenter le rapport de force et ne pas les laisser passer force. Car ils n’hésiteront pas. À nous bloquer, nous diviser, nous discréditer, nous faire peur.

Ils sont déterminés ? Nous aussi !
Même pas peur ! Nous ne nous battons pas uniquement contre la maxi-prison, mais aussi le monde qui va avec !! Nous ne les laisserons pas passer en force, menacer à terme notre souveraineté alimentaire, nous enfermer et contrôler toujours plus ! Organisons-nous ! Créons des comités de soutien à travers la Belgique, multiplions les actions directes, joyeuses ou subversives (ou les deux !) contre les « aménageurs » de vies de tous bords. Organisons des rassemblements. Plantons des patates sur d’autres terres/terrains menacées par le bétonnage. Et puis surtout pensons à ré-investir les lieux…Car seule l’occupation directe sur le terrain stoppera pratiquement sur le terrain leur délire d’un temps révolu !
À très vite dans la lutte…

posté le 22 septembre 2015 par Une patate.
Source : Indymédia Bruxelles.

Notre-Dame-des-Landes: pourquoi nous nous opposerons à la venue du juge des expropriations sur la ZAD

 Posted by on 19 septembre 2015 at 12 h 55 min  Actualité nationale, Ecologie / Nucléaire / OGM / Industrialisme / Nécro-technologies, Logement / Squat / Urbanisme, Luttes sociales  Commentaires fermés sur Notre-Dame-des-Landes: pourquoi nous nous opposerons à la venue du juge des expropriations sur la ZAD
Sep 192015
 
seme2.cleaned-9eb2a

Communiqué de l’assemblée du mouvement anti-aéroport du 17 septembre 2015
Pourquoi nous nous opposerons à la venue du juge des expropriations sur la ZAD le mardi 22 septembre

– Petit déjeuner et rassemblement le 22 à partir de 7h au carrefour de la Saulce.

Le gouvernement déclare ne plus vouloir attendre les appels des recours contre le projet d’aéroport, ce qui constituerait une rupture des engagements pris en 2012 et 2014.

Il choisit de commencer par remettre la pression sur les locataires historiques de la ZAD en faisant venir chez eux le juge des expropriations.

Il affirme que cette démarche est une étape vers l’expulsion policière de la ZAD et vers le démarrage des travaux de l’aéroport.

Pour toutes ces raisons et dans ce contexte de menaces, la « visite » du juge accompagné par la police est une provocation inacceptable. Nous ne les laisserons pas faire croire à qui que ce soit que le projet d’aéroport avance. Nous nous opposerons coûte que coûte à tout ce qui menace les habitats et cultures sur la ZAD. Paysans, occupant.e.s, locataires, nous sommes tou.tes des habitant.es qui résistent. Il n’y aura pas d’expulsion. L’aéroport ne se fera pas !

Nous appelons donc le mouvement anti-aéroport à se retrouver mardi matin pour un petit déjeuner sur la ZAD et pour faire barrage si nécessaire à la venue du juge et de la police. Nous nous assurerons que celle-ci ne soit pas possible.

Un rassemblement de soutien lors de l’audience en expropriation des locataires de la ZAD est aussi appelé par l’ACIPA et le CNCA à 14h devant le tribunal de Nantes.

– A l’attention des habitant.es des alentours :

Nous annonçons que certaines routes de la ZAD seront probablement encombrées pendant quelques heures au matin du 22. Nous organiserons les déviations nécessaires. Nous nous excusons par avance des désagréments causés à cette occasion, désagréments dont seul l’Etat et les porteurs du projet d’aéroport peuvent être considérés comme réellement fautifs.

Numéro d’urgence de la ZAD: 064 – 439 – 07 – 01

ZAD_Notre-Dame-des-Landes

Source : Squat.net!

Menaces sur la ZAD : Après Valls, le sous préfet prépare l’opinion.

 Posted by on 16 septembre 2015 at 17 h 20 min  Actualité nationale, Ecologie / Nucléaire / OGM / Industrialisme / Nécro-technologies, Flicage / Répression / Carcéral / Sécuritaire  Commentaires fermés sur Menaces sur la ZAD : Après Valls, le sous préfet prépare l’opinion.
Sep 162015
 
82709777_o

Menaces sur la zad : quelques points de vue sur la question et une copie de l’interview du sous-préfet.

Vu que tout le monde ne lis peut-être pas ouest France, et histoire de partager les mêmes infos, on reproduit ci-dessous l’interview du sous-préfet à propos la zad datant de vendredi. Ces paroles viennent confirmer et préciser les affirmations de Valls cet été après les jugements sur les recours environnementaux : le gouvernement considère les accords grèves de la faim de 2012 et ceux de 2014 comme caducs et n’entend pas attendre les appels en cours pour agir (et ce alors qu’il s’était engagé en 2014 à attendre l’ »épuisement » des recours). Ils se préparent à démarrer les travaux et considèrent l’expulsion de la zad comme un préalable nécessaire.

Ceci étant, cela ne sert à rien de s’affoler et ça ne veux pas dire qu’ils vont venir expulser ou démarrer les travaux dans les quelques semaines à venir. Cela ne veux même pas dire néccessairement qu’ils vont lancer une opération de ce type pendant ce quinquennat. Mais cela laisse à penser qu’ils s’y préparent sérieusement et veulent se laisser une possibilité de le faire, si ils sentent le rapport de force en leur faveur. Une fenêtre s’ouvrira peut-être pour eux en ce sens, vraisemblablement dans les premiers mois de l’années 2016 - vu l’agenda politique général (cop21, élections régionales, puis année pré-présidentielle), mais aussi les contraintes techniques liées au défrichage. Cela semble trop tôt pour eux avant et probablement trop tard après. Cela nous laisse donc quelques mois pour refermer cette fenêtre et réfléchir sérieusement à tout ce que l’on doit mettre en place dès maintenant en terme de communication, d’actions et d’initiatives communes pour les faire renoncer à priori et s’épargner une nouvelle opération à l’issue incertaine (incertaine pour nous mais aussi heureusement pour eux). Mais cela implique aussi d’intégrer l’éventualité qu’ils reviennent vraiment et de repenser précisément ce qui se passerait à ce moment là sur le terrain, dans la région et partout en france, et de le mettre en travail avec les comités locaux. On ne peut en tout cas pas imaginer refaire un simple copié-collé de l’automne 2012, notamment parce qu’eux ont appris entre temps et vont tout faire pour ne pas se planter 2 fois et aller jusqu’au bout.

Il faut s’attendre aussi à vivre une période préparatoire où ils vont chercher sérieusement à nous diviser et à faire monter une animosité d’une partie des gens des bourgs, mais aussi plus généralement de la population de ce pays face à nous, par tout un tas de moyens répugnants et de grosses manipulations (en mode reportage M6, montée en épingle de faits divers and co, coups de pression divers et variés). Cette guerre de la com’ et cette mobilisation des élans réactionnaires est une clé de la réussite de leur opération et un préalable nécessaire pour eux pour agir. On peut parier sur le fait qu’ils ne pourront rejouer dans le contexte de Notre Dame ce qu’ils ont su faire au Testet avec l’engagement de la FNSEA à leur coté. On peut estimer à ce titre que la lutte contre l’aéroport et le soutien à la zad peut toujours suciter des mobilisations massives en notre faveur. Mais on ne doit pas penser tout cela acquis : cela reste toujours à (re)construire en multipliant les points de rencontre dans les semaines à venir, en étant plus malin.e.s qu’eux et en ne tombant pas dans leurs pièges.

En espérant que l’on puisse se retrouver ensemble dans les jours à venir, mobilisé par ces enjeux décisifs, et les mettre en échec une nouvelle fois. On imagine que tout le monde ne sera pas d’accord avec cette analyse, mais on espère bien que ça fasse réagir.

Des occupant/e/s.

ps : Leur marge de maneuvre va aussi sûrement dépendre des délais d’expulsion obtenus par les locataires et paysans historiques sur la zad. Le juge des expros vient le 22, il y a une assemblée extraordinaire à ce sujet (à priori le jeudi 17 au soir) pour décider ce qu’on fera à ce moment là. On devrait pouvoir comprendre plus clairement ce qu’il en est des procédures à ce sujet dans les jours prochains.

____________________________________________

L’article :

NDDL. Pression sur la ZAD de l’aéroport Notre-Dame-des-Landes - 11 Septembre Ouest-France

Dans une interview exclusive à Ouest-France, le nouveau sous-préfet en charge du dossier Notre-Dame-des-Landes précise les intentions de l’Etat.

Stéphan de Ribou est le nouveau représentant de l’État en charge du dossier Notre-Dame-des-Landes. Arrivé à Nantes en mai, le sous-préfet, ancien commissaire au redressement productif en région Bretagne, se consacre totalement au projet de transfert de l’actuel aéroport nantais dans le bocage, à 25 km au nord-ouest de Nantes.

Dans une longue interview à Ouest-France du vendredi 11 septembre (édition papier Loire-Atlantique, et édition numérique), le sous-préfet évoque la volonté affirmée par Manuel Valls de redémarrer le projet, gelé depuis trois ans, et de lancer les travaux après évacuation des occupants de la zone.

Les huissiers sont de retour dans la ZAD (zone à défendre selon les opposants) pour relancer des procédures d’expropriations.

Un accord de 2012, qui protégeait de l’expulsion les habitants de la ZAD en situation légale, est désormais caduc, estime Stéphan de Ribou. Le dernier arrêté préfectoral nécessaire avant travaux, la dérogation à la protection du campagnol amphibie, sera bientôt signé. « Tout le monde se met en ligne pour être en capacité d’y aller quand le top sera donné ».Le chargé de mission ne donne pas de date. Mais il indique que l’État n’attendra pas le résultat d’un probable recours contre l’arrêté. « Cela voudrait dire perdre encore un an, et sans doute nous renvoyer après l’élection présidentielle », fait-il remarquer.

Compte tenu du calendrier politique, la fenêtre d’une éventuelle intervention pourrait se situer entre la fin décembre et le début mars, analysent des opposants qui reconnaissent sentir monter la pression. Avant, il y a les élections régionales et la conférence sur le climat. Personne n’imagine, dans cette période, une opération de maintien de l’ordre, complexe et de grande ampleur, à fort retentissement national. Et après le 10 mars, en raison de contraintes environnementales, il sera trop tard pour les travaux de défrichage.

L’interview :

Avant les travaux, le préfet de région doit prendre un arrêté dérogeant à la protection du campagnol amphibie. La consultation se termine le 11 octobre. L’arrêté sera-t-il pris dans la foulée ?
Il nous faudra d’abord un peu de temps pour prendre en compte les remarques et observations. Ensuite, le préfet sera en mesure de signer l’arrêté. Je suis incapable de vous dire quand. Forcément avant le début des travaux.
Y a-t-il un délai légal ?
Pas à ma connaissance.
On peut donc temporiser jusqu’après l’élection présidentielle…
Je ne le pense pas. Depuis les jugements du 17 juillet (N.D.L.R. : opposants déboutés de leurs recours dans le volet environnemental), un certain nombre d’orientations fortes ont été données par le Premier ministre. Tout le monde, aujourd’hui, se met en ligne pour être en capacité d’y aller quand le top sera donné.
L’arrêté campagnol est-il un signal fort de la volonté du gouvernement de passer à l’action ?
Le signal fort, c’est quand le Premier ministre dit : « Le projet doit reprendre ». Ensuite il y a d’autres signaux montrant qu’on redémarre. L’arrêté campagnol, mais aussi la relance de la procédure d’expropriations. L’huissier est passé vendredi dernier (1). Légalement, cela nous permettra de procéder aux expulsions le moment venu. La procédure avait été gelée par l’accord qui avait mis un terme à la grève de la faim de 2012.
Vous considérez comme caduc l’accord qui protégeait de l’expulsion les habitants et paysans en situation légale ?
Oui, toutes les actions juridiques à la base de l’accord ont été jugées.

Le gouvernement est donc bien décidé à engager les travaux ?
C’est clair. Le Premier ministre l’a dit, redit, il l’a écrit. Il n’y a pas d’ambiguïté sur sa volonté.
Cela implique l’évacuation préalable de la Zad ?
Oui, pour que les entreprises puissent travailler en sécurité, et pour mettre fin à cette situation, assez étonnante, d’illégalité. J’ai rencontré les maires de toutes les communes autour. Favorables ou opposés au projet d’aéroport, ils sont unanimes pour dire qu’il faut évacuer les zadistes, et vite.
Avez-vous reçu des instructions pour préparer l’opération ?
Personnellement non, car ce sont des choses qui sont mises en place au niveau national.
Une idée des échéances ?
Il est très difficile de répondre. Il y a le calendrier politique, les contraintes fixées par les arrêtés environnementaux… Je ne sais pas exactement quand le feu vert sera donné.
Compte tenu de la complexité de l’opération, sera-t-il fait appel à l’armée ?
C’est impensable. Ce n’est pas son métier, et l’armée est très occupée sur d’autres terrains. De mémoire, sa dernière utilisation en maintien de l’ordre remonte à la guerre d’Algérie. Ici, cela doit rester une opération de maintien de l’ordre que le Premier ministre veut exemplaire.
L’arrêté campagnol amphibie va faire l’objet d’un recours. Vous n’attendrez pas le résultat comme ce fut le cas pour les autres arrêtés du volet environnement ?
L’engagement du gouvernement d’attendre que les recours soient jugés avait été pris dans un autre cadre, celui de l’accord de 2012. C’est fini. On en est complètement sorti. Et puis attendre le résultat d’un nouveau recours, cela voudrait dire perdre encore un an, et sans doute nous renvoyer après la présidentielle. On est dans la manoeuvre dilatoire d’opposants qui ont perdu cent cinquante-quatre recours.

(1) Sont concernés les occupants légaux de trois maisons situées au coeur de la ZAD (La Rolandière, les Fosses-Noires, Saint-Antoine). Celles-ci n’avaient pas été rasées lors de l’opération de l’automne 2012.

Stéphan de Ribou : Âgé de 62 ans, cet ancien officier d’infanterie, sous-préfet hors cadre chargé de mission a été nommé à Nantes pour s’occuper du dossier Notre-Dame-des-Landes. Homme de terrain, accessible, il connaît bien l’Ouest pour avoir été, entre autres, sous-préfet de Lannion, directeur de cabinet du préfet de Région Bretagne, commissaire à la réindustrialisation en Poitou-Charentes, et pendant trois ans commissaire au redressement productif en Bretagne.

Link_go http://zad.nadir.org/spip.php?article3158

Email Email de contact: zad_AT_riseup.net

Source : Indymédia Nantes.

***********************************

ZAD-NDDL - s’ils reviennent, on résistera plus fort encore !

— -Appel à tous les comités et personnes solidaires

Depuis la zad de Notre dame des landes, réactions en cas d’opération policière, d’expulsion ou de démarrage de chantiers de l’aéroport.

Des comités de toute la région se sont réunis à plusieurs reprises au cours des deux dernières années pour planifier les réactions en cas de nouvelle attaque sur la zad ou démarrage des travaux. Alors que 17 recours contre l’aéroport viennent d’être rejetés, le premier ministre renouvelle ses menaces d’intervention. Celles-ci ne seront pas forcément suivies d’effet. Le gouvernement préfèrera peut-être tenir ses engagements passés et attendre sagement le résultat des procédures d’appel. Cependant, nous estimons nécessaire que chacun-e soit en mesure de parer à toute éventualité. Nous souhaitons donc rappeler les propositions élaborées à ce sujet en intercomités.

A chacun-e de s’organiser pour pouvoir les adapter localement le moment venu. C’est la mise en commun de ces différents types d’actions, à plusieurs échelles géographique, qui nous permettra de les faire renoncer de nouveau.

Partout :

- Appel à remettre à jour les chaînes téléphoniques et mails dans tous les comités. Si des signes d’opérations policières massive apparaissent et sont confirmés, un appel commun à réagir émanera de COPAIN, de l’ACIPA et d’occupant-e-s de la zad

Sur la zad et juste autour :

- Appel à venir résister sur la zone même et à en faire en sorte que la zad ne se retrouve pas enclavée et encerclée. Faire en sorte que les déplacements et check-points policiers soient perturbés et que les soutiens et ravitaillements circulent.

Dans la région :

- Dès le premier jour de l’opération, actions coordonnées de bloquages des routes ou des opérations escargot, sur les points d’accès à la zone ou sur les grands axes, ponts et points stratégiques de la région, et/ou à des occupations de lieux du pouvoir.

- Un point d’info permanent sur la situation devant la préfecture, et un système de communication entre les différents points de mobilisation.

- Des actions nocturnes de casserolades et autres manifestations sonores devant les hotels où seront logés les policiers et gendarmes.

- Une convergence le soir même, à partir des différents points de blocage ou d’actions, pour se rendre à 18h devant la Préfecture et une assemblée après coup dans un lieu réservé pour se coordonner en vue des jours suivants.

- Une manifestation le samedi à Nantes après une semaine d’opération. A l’extérieur de la région :

- Appel à occupation des lieux de pouvoir ou à des opérations de ralentissement des flux localement, ainsi qu’à venir sur le terrain défendre la zad pour ceux et celles qui le peuvent.

L’aéroport ne se fera pas - La zad de Notre Dame des Landes continuera à fleurir !

Source : Zad-Nadir.

 

 

Bure : Retour sur le camp vu par l’automédia.

 Posted by on 21 août 2015 at 23 h 19 min  Actualité nationale, Ecologie / Nucléaire / OGM / Industrialisme / Nécro-technologies  Commentaires fermés sur Bure : Retour sur le camp vu par l’automédia.
Août 212015
 
infotour

Les textes suivants sont repris du site du camp de Bure. Ces fils d’infos à couper le Bure retrace quotidiennement le camp vu par l’auto média. S’y glissent quelques infos et communiqués.

 

Jour J : Fil d’info à couper le Bure…

DSC_9055Nous y voilà, le camp est dressé ! Des copains et copines s’installent, toujours plus nombreux-ses, et des tentes poussent comme des chardons (ardents) dans l’espace camping. Les nouveaux arrivant.e.s gagnent la tente info où on leur explique le fonctionnement du campement, les différents groupes qui se réunissent entre eux pour éviter de faire des assemblées générales trop souvent, les tâches du quotidien qui tournent entre ces groupes… Autant dire que ça fourmille dans tous les sens car une partie du montage et du défrichage du terrain reste encore à faire, mais pas d’inquiétude, on ne manque pas de bras et de bonnes volontés. Un atout pour le moral des participant.e.s : la nourriture est toujours aussi bonne. L’Est Républicain, pour sa part (édition du 2 août), sort sa prose bucolique en parlant d’un « repas frugal, végétarien et véganien [sic] ».

Pendant ce temps, le camp des Ami(e)s de S!lence s’achève dans la bonne humeur. Surtout que certain.e.s ont décidé de rester pour nous tenir compagnie. Chouette!

DSC_9075
Cet après-midi, la grande AG de lancement a rempli le chapiteau principal. Le collectif VMC et les différentes commissions ont été présentés, avant d’aborder une longue discussion sur les perspectives de ce rassemblement qui nous a occupé jusqu’à 20 heures. Nos ami(e)s non francophones ont pu les suivre et y participer grâce au matériel du collectif de traduction BLA, et surtout grâce à des participants volontaires polyglottes qui ont traduit les propos de l’assemblée en simultané.

La tente ciné a été installée ce soir, et le vélo projecteur inauguré par la même occasion — un tandem bricolé pour fournir du courant 24 V et assurer l’alimentation d’un ordi portable et d’un vidéoprojecteur. C’est « Bouh! », un documentaire qui retrace la vie collective du squat grenoblois « Les 400 couverts », qui a ouvert la première séance de projection (une quinzaine de films seront projetés durant toute la durée du campement).

Sur les routes et alentours, la maréchaussée est sortie de sa réserve ce dimanche. Quelques contrôles sporadiques ont eu lieu à Ligny et Houdelaincourt, sur des axes de circulation empruntés par toute personne venant nous rejoindre. Pour éviter les mauvaises surprises, un collectif local, La Graine, assure depuis samedi une vigie permanente, dès six heures du matin, à l’entrée du village de Mandres-en-Barrois, situé à moins de six km de nos bases. En fin de journée, ils ont reçu la visite d’un fourgon de gendarmerie qui s’est arrêté quelques instants. Une visite de courtoisie, semble-t-il…

DSC_9086Lundi 3 août, c’est l’ouverture des discussions. Cette première journée sera dédiée à la lutte locale contre Cigéo. Dès le début de la matinée, les associations de la région regroupés dans le collectif Bure Stop, qui s’échinent depuis bientôt vingt ans contre ce nuisible projet d’enfouissement des déchets nucléaires, viennent faire un historique de la lutte passée . Ensuite, une petite balade sera proposée pour découvrir les environs (la première d’une grande série). Nous ferons une halte à Mandres au moment du repas du soir et regagnerons le camps en empruntant d’autres itinéraires qui restent encore à construire…

***************************************

Radio Active 88 FM : VMC sème ses ondes

DSC00147Depuis dimanche soir, une antenne autogérée émet sur la fréquence 88 MHZ, audible dans un rayon d’action de quelques kilomètres autour du campement VMC. Annonces info-traflics, interventions ponctuelles et spontanées sur la vie du camp, reportages et témoignages réalisés par l’équipe Automedia… Un outil que chacun.e peut s’approprier au cours du rassemblement, en apostrophant les copines et copains de l’automedia.

Ceux qui ont quelque chose à dire, n’hésitez pas à venir nous voir. Pour les autres, à vos transistors !

*****************************************

[Conférence de presse] 03/08 à 12h30 à la Maison de Bure

Un rassemblement politique se prépare à Bure du 1er au 10 août 2015.

De nombreuses informations concernant ce campement sont accessibles sur le site http://vmc.camp/

Ce campement a été organisé depuis plus d’un an par des personnes et des collectifs de toute la France.

Les enjeux de ce campement sont multiples et les raisons d’en parler tout aussi nombreuses.

C’est pourquoi, afin d’éviter les confusions de tous ordres, tout en prenant le temps de présenter publiquement nos motivations et objectifs, le groupe media/automedia du campement a prévu une conférence de presse le LUNDI 03 AOUT 2015 à 12h30 à la Maison de la Résistance, 2 rue l’Église à Bure.

Nous vous invitons à rejoindre cette conférence de presse pour avoir toutes les informations nécessaires à la compréhension des enjeux de ce campement et du contexte local.

En attendant, nous sommes joignables au numéro suivant : +33(0)7.58.23.08.97

L’équipe communication/automedia du Collectif Vladimir, Martine & Co (VMC).

***********************************************

Pique-nique et marche aux flambeaux

Message relevé dans la petite boîte « expression libre » Ce lundi 3 août, dans l’après-midi, deux marches sont parties du campement pour visualiser les infrastructures de l’Andra… A leur arrivée à Mandres-en-Barrois, des citronnades les attendaient sur la place à côté du lavoir. Elles ont été rejointes par plusieurs centaines de personnes venues du campement et des villages alentours pour un délicieux pique-nique vegan préparé par l’une des cantines du camp, Le Sabot. Deux groupes de musique, « Sang Conteste » et « Nemesis », confectionnaient joyeusement des crêpes et ont improvisé un concert. Ils continueront leur tournée jusqu’en Roumanie, à Rosia Montana, où des gens s’opposent à un projet de mine d’or. Spéciale dédicace aux vins de mûre, rhubarbe et cerise, leurs auteur.e.s se reconnaîtront.

pik nik le nukalternatour

 

À la tombée de la nuit, des torches éteintes sont distribuées et la marche commence, la batucada en tête. La lune teintée de rouge à l’horizon. On distingue dans la pénombre des visages masqués par des tissus colorés. La joyeuse procession, d’au moins 300 personnes, s’élance sur la route de Bure, le site de l’Andra en vue. Lumineux comme une ville, au milieu de nulle part. Le cortège bifurque vers la forêt de Mandres, récemment troquée en catimini à l’Andra, lors d’un conseil municipal plutôt matinal. C’est ce qui arrive quand une municipalité veut faire passer une décision alors même que les habitant.e.s s’étaient déjà prononcé.e.s contre la cession de leur forêt à l’Andra. flambeauxDans les champs autour du labo, une cinquantaine de flambeaux s’allument, des feux d’artifices sont lancés. Puis le groupe traverse la forêt et disparaît dans la nuit. On apprendra plus tard que des grilles de l’enceinte du labo ont été quelque peu chahutées et sont tombées à terre. Décidément, si l’Andra embauche les mêmes ingénieurs pour les grilles que pour les galeries souterraines, on n’a pas fini de rigoler.

 

Des petites lucioles…

****************************************

Compte-rendu de la conférence de presse à la Maison de la résistance de Bure

_MG_9058-ModifierSix personnes du groupe automédia, en se présentant sous l’identité qu’elles et ils avaient choisi, ont pris la parole devant une douzaine de journalistes à la maison de la résistance (Bure Zone Libre) le jour de l’ouverture du camp, lundi 3 août. Se sont déplacés l’AFP, Le Monde, Libération, M6, RTL et France Inter pour les médias nationaux, L’Est républicain et Le Journal de la Haute Marne pour la presse locale.

Les intervenant.es disent ce qu’elles ou ils ont à dire et éludent les questions avant d’avoir terminé leurs déclarations. Questions ouvertes à la fin, sur un laps de temps court : 15 minutes maxi. Aucun apparté accepté, ni aucune réponse individualisée/personnalisée.

Le principe, décidé collectivement, était de refuser que les journalistes débarquent sur le camp avec leur matériel comme on vient visiter un zoo ou « couvrir » un évenement culturel (comme le texte le rappelle plus bas – principe édicté dans le chapitre Presse de la brochure). Cette question a bien évidemment été discutée, avec plus ou moins d’effusion (écouter ci-dessous la 2ème partie du compte-rendu audio…). Rappelons que les journalistes, comme toute personne intéressée par le campement, pouvaient évidemmment venir nous rencontrer, pour peu qu’illes acceptent de venir sans leurs caméras, micros ou stylos inquisiteurs… Ce que certains n’ont pas voulu comprendre, au point d’affirmer que le camp était « interdit aux journalistes » – comme l’Est républiciain du 3 août, alors que deux jours plus tôt le même journal écrivait exactement le contraire après qu’un autre de ses journalistes ait pu faire un tour dans le camp sans se faire scalper.

_MG_9059Voici le texte qui a servi de support à la prise de parole. Suivi de deux comptes rendus sonores.

Sur notre rapport aux médias.

Nous intervenons en qualité de participant-e-s au groupe automedia du camp de Bure. Nous ne sommes ni porte-paroles, ni responsables du campement, dans la mesure où le fonctionnement du campement est anti-hiérarchique et que nous ne prenons aucune décision en lieu et place du reste des participant-e-s au campement.

Le campement de Bure est un campement politique et non culturel ou événementiel. Ses participant-e-s portent des principes politiques et un regard critique sur les institutions, dont les medias mainstream font partie.

En conséquence, et parce que nous sommes habitué.e.s à un traitement médiatique défavorable à nos mouvements, voire complice des discours officiels, il a été décidé qu’aucun enregistrement (sonore et video) ne serait permis sur le campement lui-même. De surcroît, nombre de personnes présentes sur le campement sont partie prenantes de luttes qui subissent une répression forte et ne souhaitent pas apparaître publiquement dans les médias.

Sur l’organisation du camp de Bure.

Le camp de Bure a été préparé depuis plus d’un an par environ 70 personnes investies dans diverses luttes sociales et politiques, et issues de différentes régions de France et d’Europe. Ces luttes ne sont pas spécifiquement anti-nucléaires et cherchent à dépasser cette seule question.

Dans les motivations communes, il y a la volonté d’intervenir en réaction à la COP21, mais il y a également la nécessité de trouver des manières de résister aux grands projets d’aménagement du territoire qui s’inscrivent dans une logique capitaliste, imposés d’une manière autoritaire et violente : aéroport de Notre-Dame des Landes, barrage de Sivens, Center Parks de Roybon, train à grande vitesse du Val Suza, mines d’extraction du charbon de Rhénanie, mines d’or de Rosia Montana, autoroute de Khimki, mais aussi les infrastructures du nucléaire ici et partout. Il nous importe également d’aborder la question de la répression et du système sécuritaire qui se développe et se durcit irrémédiablement depuis quelques années, dans les luttes et dans nos vies de tous les jours.

Le campement est anti-autoritaire et rassemble en premier lieu des personnes se reconnaissant dans l’autonomie politique. Cela signifie que tout ce qui organise la vie du campement cherche à éviter la reproduction des schémas de domination qui régissent la vie sociale habituellement. Pas de décideurs ou de décideuses, pas de prises de pouvoir, mais des décisions prises au consensus et des discussions qui s’organisent dans le respect de chacune et chacun.

C’est un espace sans drapeaux et sans hymnes, sans couleurs politiques et sans rapports marchands.

Les porteuses et porteurs du projet se sont constitué-e-s en collectif, qui a été baptisé Collectif Vladimir, Martine & Co, en soutien à Vladimir Martynenko, le conducteur de la déneigeuse qui a provoqué la chute du Falcon dans lequel le patron de Total, Christophe De Margerie, a perdu la vie. Vladimir Martynenko, à l’heure où commencera notre campement, est toujours en détention provisoire dans les prisons russes. Nous lui avons adressé une lettre de soutien qui a été diffusée largement sur internet.

Le campement est avant tout un moment de rencontres et de discussions, qui doit permettre à nos réseaux de partager leurs expériences et de bâtir des stratégies communes, transfrontalières et sur le long terme.

Sur le lien avec la lutte locale contre l’enfouissement des déchets nucléaires.

Le choix de Bure, s’il ne s’imposait pas dès le début du projet, nous est apparu très vite évident. Parmi les porteuses du projet figuraient des personnes investies dans la lutte locale contre Cigéo, qui en suggérant la tenue du campement à Bure, souhaitaient donner un souffle nouveau à une lutte de plus en plus en malmenée par le rouleau-compresseur de l’Andra et de l’état français.

La question du nucléaire est pour nous primordiale, parce qu’elle interroge à la fois notre manière de consommer et de produire, parce qu’elle met en lumière l’inconséquence humaine face à l’avenir de la planète et l’indifférence des gouvernant-e-s face à la vie.

En choisissant de transformer la Meuse en poubelle nucléaire, les nucléocrates nous imposent leur vision mortifère de l’existant. De surcroît, ils et elles nous mentent sur les conséquences possibles de leurs projets en prétendant garantir ce qui ne peut en aucun cas être garanti par l’humain, à savoir la neutralisation au-delà des siècles de matières qui restent hautement radioactifs durant des milliers, voire des millions d’années.

Conclusion

Notre position politique est claire : nous sommes pour l’arrêt total du nucléaire et nous rejetons l’idée qu’une croissance perpétuelle est viable et nous estimons qu’il est plus que temps d’arrêter de produire au-delà de nos besoins vitaux. Nous nous opposons à tous les projets répondant à des logiques financières plutôt qu’à nos besoins réels. Et avec la même détermination, nous nous opposons à toute forme de domination, d’impérialisme, ou toute volonté d’opposer les peuples les uns aux autres, ainsi qu’à toute forme d’autorité et de contrôle sur nos vies.

Dans nos vies et dans nos luttes, nous construisons des rapports basés sur la confiance mutuelle et la réciprocité, sur le partage et la solidarité. Nous développons des espaces de libertés au sein desquels prime l’autogestion et le partage des responsabilités, où les rapports marchands sont bannis et où chacun doit pouvoir s’épanouir, sans considération de son orientation sexuelle, de son genre, de son origine ou de sa couleur de peau, de son apparence ou de ses handicaps. La justice et la sécurité dans ces espaces se pensent collectivement, en dehors des réflexes sécuritaires ou punitifs, pour ne pas reproduire les schémas qui engendrent irrémédiablement la même conséquence : le totalitarisme, qu’il s’assume en tant que tel ou qu’il se cache sous les apparats de la démocratie.

Les événements politiques les plus récents démontrent la manière dont les lois les plus liberticides s’imposent par le 49.3, telle la loi Macron et son amendement sur la réversibilité de l’enfouissement des déchets nucléaires. De même que la manière dont des dirigeants ignorent les résultats des référendums, comme le gouvernement grec vient d’en faire la démonstration en acceptant les menaces de la Banque Centrale Européenne et du FMI malgré les résultats du scrutin.

Si les médias fabriquent l’opinion, ils contribuent aussi le plus souvent à nous faire passer pour des écervelé.es.

Il est plus que temps de reprendre en main nos existences, de désobéir aux vendeurs d’armes ou aux capitaines d’industrie qui ont pris en main les grands médias. Et à raconter d’autres histoires que celles qui nous sont trop souvent contées, parce qu’il est plus que temps de véhiculer une autre vision du monde et de la vie que celle, fataliste et austère, des visages pâles du capitalisme.

Merci de votre attention.

******************************************

Presse citron : revue de presse acide

Décidément on peut faire tous les efforts pour se rendre intelligibles, au prix de se prêter à des exercices médiatiques qui ne nous correspondent pas, on constate qu’au final le monde journalistique dans sa majorité produit un travail bâclé. On se demande si finalement il s’agit d’incompétence ou de malveillance, tant le résultat est pathétiquement éloigné de l’information construite, argumentée que nous nous efforçons de produire collectivement au sein de notre équipe automédia.

Faisons un petit tour d’horizon de la cascade d’articles nauséeux que nous avons eu le déplaisir de découvrir au petit matin et tout au long de la journée et qui illustrent les méfiances que nous concevons à l’égard des médias mainstream et de l’information très partielle et partiales qu’ils produisent.

Commençons avec le plus affligeant : la dépêche AFP rédigée par M. Paul Aubriat

– nous ne sommes pas une soixantaine mais 700 selon les cantines qui servent nos repas (et 300 selon les gendarmes qui aiment diviser les chiffres par deux. Espérons que sa collègue, qui écrit pour libération saura s’y retrouver dans ses comptes avec cette estimation.

– nous n’empêchons personne d’autre que les forces de l’ordre et les idées nauséabondes d’entrer sur le campement. Si ce M. Aubriat s’est senti empêché d’y entrer, c’est sans doute parce qu’il n’a jamais pris le chemin qui mène de Bure à Luméville. Plusieurs journalistes ont déjà visité le campement et su laisser leur matériel d’enregistrement et leur étiquette à l’entrée (certain-es s’installent même pour plusieurs jours).

– il doit y avoir une prime pour l’utilisation du mot ZAD pour qu’on s’obstine tellement à vouloir nous voir en créer une. Cette insistance frise l’obsession dans la presse depuis que nous avons initié ce campement.

– lors de la conférence de presse ce monsieur semblait très contrarié que nous ne donnions pas notre nom alors que les dépêches AFP ne sont pas signées alors qu’elles peuvent colporter sur des dizaines de médias des informations erronées.

Passons à sa collègue Sandrine ISSARTEL, qui a publié pour Libération et qui, après s’être déplacée jusqu’au camp, y être entré et que nous lui ayons consacré une heure de temps à lui expliciter longuement notre projet et nos motivations, a réussi en fin de compte à titrer que nous interdisions toute visite et que nous avions une communication hostile.

Au ton de l’article et au vu de sa malhonnêteté (citations inventées et falsifiées), on regrette que les journalistes aient ce pouvoir de nuisance quand leur ego est écorné.

– entre samedi où on attendait effectivement 200 personnes au premier jour de montage et lundi où nous comptions déjà 500 personnes, Mme ISSARTEL a dû, dans la perspective imminente de ses vacances, mélanger ses notes.

– de l’explication sur l’appellation du collectif, on constate que les journalistes, malhonnêtes, ne retiennent que la moitié qui sert leur propos : nous avons avant tout et surtout choisi ce nom en soutien au conducteur de la déneigeuse injustement victime de l’acharnement politique à le présenter comme coupable et qui croupit à présent dans les geôles moscovites dans l’indifférence totale.

– le terrain n’est absolument pas prêté par un agriculteur sympathisant mais par un ensemble de personnes proches de la lutte contre le projet CIGÉO.

– Mme ISSARTEL ne doit pas avoir souvent l’usage de toilettes sèches pour ignorer que c’est de la sciure et non de la paille que nous utilisons.

– Nous n’avons jamais forcé les journalistes à décliner leur identité mais leur avons demandé de préciser leur média d’appartenance afin que nous sachions à qui nous avions à faire lors de la conférence de presse.

– On nous prête une communication hostile alors que nous avons, jusqu’à présent accordé nombre d’interviews à des journalistes moins truffés de préjugés et plus compréhensifs des réalités auxquelles nous devons faire face dans le respect de l’intimité des espaces de vie que nous partagerons durant ces dix jours.

– On ajoute à ce florilège de considérations aigries des élucubrations sur des hiérarchies implicites de gens qui commanderaient à d’autres de ne pas parler aux médias, comme si nous étions une secte retranchée dont les gourous verrouilleraient la communication. L’automedia du campement compte plus d’une vingtaine de personnes dont plusieurs ont une carte de presse et tentent collectivement de repenser les médias et leur approche.

– Si Mme ISSARTEL a eu la sensation de ne rien apprendre et de ne pas pouvoir travailler, elle aurait sans doute du planter sa tente sur le terrain, comme tout un chacun qui rejoint le campement et comme l’ont déjà fait plusieurs de ses collègues. Elle aurait sans doute eu bien plus de matière pour son article, entièrement focalisé sur la forme. Elle devrait lire l’article de son confrère Lionel Fontaine du Journal de la Haute-Marne ou de Martine Valo pour le Monde (qu’on remercie pour leurs articles fidèles à ce que nous tentons d’exprimer et construire), également présents lors de cette conférence, et qui ont visiblement été bien plus inspirés qu’elle.

Bref, un mauvais article qui ne contribue pas à relever la moyenne, loin de là …

Un autre candidat bien placé dans la malhonnêteté journalistique, M. BASSAND Ludovic qui, dans l’Est Républicain, s’est ingénié à atrophier nos propos et les caricaturer. C’est exactement pour cette raison que nous essayons d’être prudents dans notre rapport aux journalistes et que nous avons choisi de les enregistrer par audio et images.

– Là encore la prétendue interdiction du camp aux journalistes. (cf. ci-dessus).

– Le tri sélectif opéré dans l’énumération des journées thématiques de discussion est pour le moins insolite : « moment de partage non mixte pour une gynécologie domestique », « expériences et considérations sur l’alcool dans nos luttes », cours matinal de krav-maga (self défense). Retenir du programme, qui s’articule autour de grandes questions thématiques et de réflexions sur les luttes passées, seulement quelques ateliers sortis de leur contexte, pousse à se demander l’intention sous-jacente de Monsieur BASSAND et son indépendance. On avait été habitué à un peu mieux avec l’article de Sébastien GEORGES, le rédac. chef départemental de l’Est Républicain, en date du 27 juillet. M. BASSAND devrait relire ce qu’écrivent ses collègues avant de prendre la plume.

Ensuite, viennent en vrac tous ceux qui veulent absolument inventer une ZAD dans la Meuse par sensationnalisme ou mimétisme, alors que nous répétons à l’envi que l’évènement n’appelle ni ne prédispose à une ZAD. Ce terme devenu générique pour toute lutte de territoire ne répond à aucune définition réelle (n’en déplaise à l’académie française qui se ridiculise en l’avalisant) et ne peut en rien recouvrir les réalités à chaque fois singulière de chaque endroit de lutte. Un florilège de médias qui ne se sont pas déplacés et qui paraphrasent ce qu’ils pensent avoir perçu et compris de ce que nous construisons actuellement à Luméville-en-Ornois. On peut ainsi citer Le Parisien qui titre « Bure, nouvelle ZAD ?« , Valeurs Actuelles s’interroge sur « l’émergence d’une nouvelle ZAD« , France Inter a changé son titre initial « Une nouvelle ZAD à Bure » et France Info se demande si le « centre d’enfouissement va se transformer en ZAD« . Pour la Croix, comme le projet d’enfouissement ne démarre qu’en 2020-2025, en phase pilote, il serait encore « trop tôt pour envisager une ZAD« . Quand tout sera construit on pourra faire une grande ZAD souterraine …

Et le meilleur pour la fin : BFMTV et sa légendaire objectivité, son traitement médiatique sensationnaliste et populiste (il suffit de demander aux journalistes des autres médias ce qu’ils en pensent pour prendre la mesure de la perception qu’ils ont de ce média qui emprunte aux USA ce qui se fait de pire comme journalisme). Visiblement ils n’ont soit pas apprécié qu’on les éconduise (à raison) soit ils sont en service commandé de stigmatisation. Dans tous les cas, on ne peut que s’affliger d’une presse aussi ostensiblement propagandiste et agressive, se dire que l’ANDRA sera ravie de cette pub fortuite qu’on nous offre sur les grandes ondes et voter « contre » au petit sondage écoeurant qui est proposé par ce média.

Sinon, du côté de l’ANDRA ou de la préfecture, la communication est en vacances: on ne doit pas vouloir que ça parle de Bure …

************************************

5 août : Fil d’info à couper le Bure

DSC_9280Deux jours depuis le dernier fil d’infos, et tant de choses à raconter. Les arrivées se sont multipliées et le campement fourmille de près de 700 personnes qui s’activent partout, se retrouvent, se donnent des nouvelles, s’occupent de missions de la vie quotidienne, rejoignent les différents lieux de discussions et ateliers, partent en balade.

Entre autres choses, ce matin, une partie du collectif Mauvaise troupe, auteur de « Constellations, trajectoires révolutionnaires du jeune 21è siècle », propose une discussion dans le grand chapiteau. Ils et elles commencent par des lectures de récits de plusieurs NoTav sur des batailles dans la Vallée, et d’habitant.e.s de Notre-Dame-des-Landes et des alentours qui évoquent les premières assemblées de lutte et comment elles ont évolué en réunissant de plus en plus de personnes différentes, ou du rapport aux médias. Puis s’enchaîne une présentation du mouvement NoTav, de sa dimension populaire, des moments forts qui ont construit un sentiment de puissance collective et de solidarité. La lutte de Notre-Dame-des-Landes, nourrie d’une histoire de lutte assez différente, met davantage de temps à prendre une dimension populaire. Mais une notion émerge qui permet de dépasser la question de la lutte contre l’aéroport et d’envisager quelle serait la vie sur la ZAD après l’abandon du projet : comment faire commune, pas au sens administratif actuel mais au sens de la Commune de Paris, du mouvement ouvrier à Nantes en 68 ou d’Oaxaca. Comment revenir sur les succès et les échecs liés aux histoires de ces luttes, comment se construire à partir de ça ; autrement dit de mettre en commun, des forces, des visions, construire ensemble.

En parallèle avait lieu un atelier autour des médias, de l’automédia et des médias libres, avec des personnes qui travaillent sur des projets de sites d’infos alternatives comme Paris Luttes Infos, La Rotative, ou sur des versions papier automédia type journaux de ZADs (Roybon, NDDL…). La discussion s’est ouverte sur la question juridique de l’automédia et le rapport à la loi en particulier, notamment autour du droit de diffusion, du droit de réponse à la presse bourgeoise et de la responsabilité des écrits produits. Puis plus concrètement, ont été abordées en vrac les questions de nos financements et de la mutualisation de nos ressources, de l’autonomie face à la diffusion de nos médias, de la présence de journalistes plus ou moins problématiques sur nos espaces de vie (et de comment l’on pourrait s’en prémunir…)…

Dans l’après-midi, une balade est partie du camp pour continuer à explorer les environs.

DSC_9375

Dans le même temps, une discussion avait lieu sous le grand chapiteau à propos des ZADs. Nommée « Retours critiques sur les ZADs et perspectives« , cette discussion a permis d’explorer les déconvenues et les réussites liées à cet outil qu’est une « ZAD », d’aborder de façon approfondie la question de l’ancrage local et l’importance d’un terreau de lutte qui va au-delà de la simple occupation par des squatteureuses. Le retour sur la ZAD de Sivens, notamment, a été l’occasion de faire le bilan sur les oppositions qui ont pu naître entre locaux/locales et occupant.es et les incompréhensions qui en ont découlées. Des interventions autour d’autres ZADs (Roybon, Notre-Dame…) ont pu permettre d’inscrire cette forme de lutte dans une temporalité historique et d’ouvrir le débat sur la nécessité d’une mémoire collective. Enfin, à partir d’expériences de la ZAD de Notre-Dame, l’échange s’est ouvert sur les perspectives liées à ces formes d’occupation et sur comment elles pouvaient être l’occasion d’arracher à l’état des espaces de vie où il serait possible de réinventer nos vies au sens large, de déconstruire nos rapports notamment de domination et nos constructions oppressives, et de travailler à dépasser l’entre-soi militant et la tendance à s’enfermer sur nos modes de vie respectifs. La discussion s’est finie sur la nécessité de dépasser et se détacher de « la ZAD » et de ce que ce terme peut aujourd’hui véhiculer, notamment à travers l’usage qu’en font les médias, et sur l’importance de ne pas brider nos imaginaires dans ce terme, ainsi que de construire l’hétérogénéité autour de ce que nous offre ces espaces de vie et de faire des ponts entre nos luttes.

Dans la soirée, une assemblée générale extraordinaire a été proposée à mi-camp. Cette assemblée a été l’occasion d’évoquer les questions de dominations sexistes, transphobes, lesbophobes ou racistes vécues sur le camp.

Dès le début de l’assemblée générale, qui se déroulait sous le chapiteau central après le repas du soir, un groupe a demandé la parole et a lu un communiqué pour dénoncer les différentes formes d’oppression et de domination constatées sur le camp. Cette prise de parole a entraîné de longs échanges sur ces questions, et la manière dont elles étaient prises en compte dans nos luttes de manière générale, et sur l’espace du camp en particulier. Bien que la tension ait été palpable toute la discussion, et les échanges parfois peu sereins, des ressentis très forts liés aux oppressions vécues ici ont pu être exprimés, et la nécessité d’ouvrir d’autres espaces de discussions liés aux questions du sexisme dans nos milieux a été posée de façon claire. Suite au(x) prochain(s) épisode(s) donc…DSC_9363Différentes commissions ont également présenté des informations d’ordre technique sur la vie du camp. Quelques éléments en vrac :

– le nombre de personnes participant aux commissions (Vladimir, Martine, Nestor, etc.) qui contribuent à la vie du camp est assez faible par rapport au nombre de personnes présentes (environ 160 sur 600). Inscrivez-vous à l’espace dédié, sous la tente qui accueille le Point Info (espace central);

– le camp a un coût (à vue de nez, 29 000 balles) et 15 000 euros ont été récoltés avant le camp et depuis le 1er août. Plusieurs caisses de soutien sont disposées à l’accueil, à la tente infos, aux différentes cantines, pour accueillir les contributions ; le détail des dépenses est consultable auprès de l’équipe thunes.

– des crieurs et crieuses circulent dans le camp avec les petits messages qu’ill et elles trouvent dans la boîte de la tente Infos. Si vous avez une info à faire passer, vous pouvez faire appel à elles !

– le collectif Bla est présent avec son matériel de traduction simultanée et a mis en place une caisse prix libre pour être soutenu. On salue également le travail impressionnant des volontaires polyglottes qui traduisent en direct en anglais, allemand, russe, espagnol, portugais les discussions du grand chapiteau.

– l’équipe anarcho-pompiers a fait un point sécurité ; vu la chaleur, faites gaffe aux départs de feux !

– l’équipe médic manque de personnes motivé.es et formé.es. Pour remédier à ça, illes proposent un atelier « Conseils en action » jeudi à 17h30 ainsi qu’un rendez-vous « Formation street médic » à 19h, le tout à la tente médic derrière la gare.

– enfin, une éolienne est en cours de construction et sera finie aujourd’hui. Vers toujours plus d’autonomie !

Nous profitons de ce fil d’info pour lancer un petit appel. Etant donné que la maréchaussée procède à de plus en plus de contrôles dans les environs du camp, nous serions rassuré.es si nous pouvions compter sur le soutien d’avocat.es ami.es. Qu’illes n’hésitent pas à nous contacter s’illes veulent apporter leur aide.

 

A bientôt pour le prochain fil d’infos.

**********************************************

Contexte et historique de la lutte locale contre Cigeo

Le 3 août à 10h00, une grande discussion a eu lieu sur le contexte local de la lutte contre Cigeo et l’Andra. Nous étions entre 150 et 200 personnes. Différentes associations sont venues nous parler du processus qui a été mis en oeuvre pour implanter le « Centre industriel de stockage géologique » dans la région.

NB: Ce compte-rendu a été retranscrit par deux personnes volontaires, elles ont tout fait pour rester fidèles à ce qui s’est dit oralement, et nous invitons toutes les personnes qui voudraient approfondir cet aspect à se renseigner auprès du collectif Bure Stop, qui fédère toutes les initiatives locales d’opposition à l’Andra et à son projet Cigéo.

burestop

Un représentant du Cedra 52 (Collectif contre l’enfouissement des déchets radioactifs) commence à nous expliquer l’historique. Dans les années 80, les industriels des pays nucléarisés se retrouvent confrontés au problème des déchets nucléaires. La solution étant alors de les jeter en mer. L’enterrement des déchets a donc été envisagé dans la Creuse, mais la population n’a pas été consultée. La population locale, découvrant la situation, entre en résistance, suivie par les élus.

En 1987, quatre départements sont ciblés mais la situation n’était pas claire sur la localisation envisagée. Un moratoire est décidé en 1990 suite à la rebellion de la population.

En 1991, le député (PS) Christian Bataille est à l’initiative de la première loi relative au traitement des déchets : il recherche des sites candidats en France avec un projet de laboratoire souterrain, un accompagnement économique pour les régions impactées, et des promesses d’emplois.

Fin 1993, quatre départements sont envisagés par Christian Bataille : la Vienne, le Gard, la Haute Marne et la Meuse, ces deux derniers ayant une frontière commune. La Meuse et la Haute Marne seront finalement retenus, avec Bure comme cible.

Jean-Pierre Remmelé, maire de Bonnet entre 1995 et 2014, agriculteur retraité, prend la parole pour raconter avec émotion l’implantation de Cigéo. Quatre ZIRA (Zone d’intérêt pour la recherche approfondie) sont envisagées sur la communauté de communes. Ce qui crée des tensions entre les quatre municipalités (Mandres-en-barrois, Ribeaucourt, Bonnet, Bure), car chacune convoite la « descenderie » qui est présentée comme un important facteur de développement économique.

Dans la commune de Bonnet, le conseil municipal vote à l’unanimité contre le projet. En octobre 2009, toutes ces municipalités sont invitées par l’Andra à la présentation du projet. Finalement, c’est une cinquième ZIRA qui est retenue, malgré le fait que personne n’en a entendu parler ! Il s’agit de Bure. En janvier 2010, lors d’une autre réunion, les 4 maires sont réunis autour d’une table et font face à quatre fonctionnaires : le préfet, le secrétaire de la préfecture, une stagiaire de l’ENA, et… le chef des RG de la région ! Trois maires sur quatre souhaitent consulter leurs administrés, mais la préfecture sort alors un texte interdisant les référendums locaux. Seule la mairie de Bonnet tente de s’opposer en évoquant le principe de précaution en prenant une délibération contre l’enfouissement, entamant ainsi une bataille rangée contre l’ANDRA, et donc ontre l’État.
L’association EODRA (Elus opposés aux déchets radioactifs), avec le soutien de la population locale de la Meuse, rechigne car la loi Bataille imposait la création de plusieurs laboratoires, et cela n’est donc pas respecté.

En janvier 2000, un second laboratoire est donc envisagé parmi 16 départements candidats. Parmi eux, la Corrèze, département dont F. Hollande était député. Sous la pression des opposants, le projet du second labo est rejeté, alors que Hollande avait voté pour la loi Bataille de 1991.

_MG_8982

La mobilisation locale
L’opposition locale prend corps en 1994 avec une première manifestation contre CIGEO, à l’appel de diverses associations comme le CDR 55, le CEDRA ou l’EODRA, regroupant plusieurs centaines d’élus meusiens ayant signé contre CIGEO.

Corinne, militante locale, raconte : « En 1994, l’association Meuse Nature environnement a lancé l’idée de créer des collectifs de résistance. L’ensemble du département s’est mobilisé, on a fait des chaînes téléphoniques, des réunions mensuelles, des blocages du Conseil général, des manifestations, des recours juridiques, etc.. Car en 1994, à la vue du cahier des charges de l’ANDRA, on s’est rendu compte que le projet était de confiner les remontées radioactives en surface. Au fur et à mesure, on a découvert les dangers et l’ensemble des problèmes mettant en péril les générations futures, l’eau, les nappes phréatiques, etc. Le but de l’ANDRA est d’enfouir le problème pour 100 ou 200 ans. Il y a donc un risque que les générations futures ne puissent plus connaitre le lieu exact de la contamination. Le travail, avec des experts indépendants, met en évidence des problèmes techniques que l’ANDRA n’a toujours pas résolu : les déchets produisent de l’hydrogène qui peut devenir explosif, il y a donc des risques d’incendie en grande profondeur. Sans parler du transport : il y aura deux convois de matières radioactives par semaine pendant 130 ans. Un risque insensé d’accident et de contamination. Comment prédire l’imprévisible?»

Jean-Marc Fleury, président de l’association EODRA, renchérit : « la question du coût de cette opération est largement éludée par CIGEO alors que l’on sait qu’il s’agit aujourd’hui d’une opération de quelques 35 milliards d’euros, minimum. Et si les porteurs de ce projet suivent les recommandations de sécurité de l’IRSN et de l’ASN, on est au dessus de 50 milliards. L’État en a-t-il les moyens ? Non. Sur quoi va-t-il devoir rogner ? Il n’y a aucun contrôle, ni technique ni financier. Je fais partie du CLIS (Comité Local d’Information et de Suivi). En 2000, nous avons commandé une contre expertise. On s’est trouvé face à un gros problème : impossible d’expertiser le programme de l’ANDRA, car il n’y avait tout simplement pas de programme de recherche ! Ici, ce qui est recherché par les sociologues et psychologues payés par l’ANDRA, c’est la capacité d’une population à accepter un tel projet. C’est la seul chose étudiée ici. A chacune de nos questions, l’ANDRA répond par l’opacité. Aujourd’hui, environ une quinzaine d’associations se battent contre le projet, avec chacune ses spécificités et ses modes d’action (manifestations, information citoyenne, actions juridiques, participation à la lutte anti-nucléaire nationale, etc.).

Irène, du collectif des Habitants Vigilants de Gondrecourt, explique : Aujourd’hui le projet de poubelle nucléaire, une sorte de « CIGEO Valley » a permis à d’autres d’entreprises liées au nucléaire de prospérer aux alentours du labo. Par exemple : à Saudron, Syndièse, un projet du CEA, est une usine de biocarburants dite « de 2ème génération » à 22 millions d’euros, destinée à engloutir la forêt alentour car le procédé utilise le bois. Le tout avec un permis de construire non déposé ! A Velaine-en-Haye, EDF a construit une centrale logistique de pièces de rechange pour son parc de centrales nucléaires (37 millions d’euros). A une trentaine de kilomètres de là, à Void-Vacon, une plate forme de transit a été construite en 2009 par une filiale d’Aréva. Il s’agit d’une aire de repos de matières radioactives en provenance du Tricastin. Autre exemple: à Saint-Dizier, une usine de maintenance nucléaire pour Areva et EDF est en cours de construction pour 42 millions d’euros. De multiples entreprises devraient encore voir le jour autour de CIGEO.

Claude Kaiser, Association La Graine. « Dans la Meuse, on trouve ici concentrées toutes les horreurs du capitalisme. On nous a dit « peut importe ce que vous pourrez dire, vous l’aurez, la seule façon d’empêcher l’implantation de CIGEO est de mettre 10.000 personnes dans la rue ». Mais avec 7 habitants au km2, comment mettre 10.000 personnes dans la rue ? C’est bien la raison pour laquelle ce site a été choisi, nous a-t-on répondu. Je n’ai plus aucun espoir dans ce système. Il faut mettre en place un rapport de force, car ils ne comprennent que ça. Aujourd’hui, on sent un vrai renouveau dans la lutte. La mobilisation a pris un bel essor avec le blocage du débat public en 2013. Ce pseudo débat a été perturbé puis finalement empêche par des centaines de militants locaux. Pour les vieux militants que nous sommes, c’est un grand coup de fouet et beaucoup d’émotion. Il y a eu les 100 000 pas à Bure le 7 juin, l’occasion de réunir prés de 2000 personnes. On n’avait pas vu ça depuis longtemps. Et désormais, le projet mobilise bien au-delà de la Meuse et la Haute Marne. Par l’action de TOUS, dont le camp VMC, on sent que le rapport de force commence à se structurer. Un des problèmes reste que les gens pensent qu’ils n’ont pas les moyens de faire arrêter le projet. Maintenant, je pense qu’il est possible de mettre ces 10 000 personnes dans la rue. Et ça commence aujourd’hui !

Questions dans la salle

En quoi la loi Macron accélère t-elle le projet de BURE ?
A l’origine, il y a la loi Bataille de 91, puis une nouvelle loi sur les déchets nucléaires votée en 2006. Cette dernière, relative à la gestion durable des matières et déchets radioactifs, définit une politique nationale, renforce la transparence dans ce domaine, et met en place des dispositions de financement ainsi que d’accompagnement économique. L’autorisation pour l’enfouissement en couche géologique profonde ne sera délivré que si la « réversibilité » du stockage est assurée pour au moins 100 ans. Mais il y avait une date limite pour l’autorisation de la création d’un centre de gestion durable des déchets, et ce délai arrive à terme. C’est pourquoi le gouvernement a accepté, dans la dernière loi Macron, de valider un amendement – déposé par Gérard Longuet, sénateur LR de la Meuse –qui entérine cette « réversibilité ». (Même si le 6 août, nous avons appris que le Conseil constitutionnel vient d’invalider cet amendement).
Mais la « réversibilité » n’est qu’un concept psychologique pour assurer l’acceptabilité sociale. L’Andra est capable de truquer les résultats scientifiques et les associations luttent juridiquement. Le cahier des charges est public. Mais le site de l’ANDRA est tellement blindé de documents qu’il est difficile de s’y retrouver. Au CLIS, on a commandité une contre expertise. Ce ne fut pas possible car il n’avait pas de programme de recherche à expertiser! C’est une anecdote invraisemblable à propos de la supercherie de ce projet. Cela pose aussi le problème de la capacité d’une population à accepter un projet aussi terrible.
Nous connaissons un centre d’enfouissement, le WIPP au Nouveau Mexique (USA) où il y a eu, en février 2014, un accident suivi de fuites radioactives. Les futs les « moins dangereux », qui du moins n’auraient pas été envisagés comme dangereux, ont contaminé 21 ouvriers et les installations souterraines. Il n’y a que très peu d’information relayé mais Mediapart a réalisé un bon dossier sur ce sujet.

Combien de personnes travaillent autour du projet et combien d’emplois sont prévus?
La totalité des emplois directs et indirects est de 280, répartis sur les deux départements. Mais il n’y a qu’une dizaine de personnes réellement du coin qui sont employées. Loin des promesses formulées au début.

Pourquoi ne pas boycotter les instances crées par les institutions ?
Le CLIS de Bure est le seul (organe) qui ait de réels moyens financiers. Grâce à lui, plusieurs études ont été réalisées grâce a l’intervention des opposants.

*****************************************

7 août : Fil d’info à couper le Bure

Un espace de non-mixité LGBTIQ a été ouvert voilà deux jours. Des repas et des moments conviviaux y sont organisés. Il est aussi possible d’y lire de nombreuses brochures.

La tente « écoute » a également été mise en place. L’idée de cet espace est de pouvoir parler dans la confiance et la confidentialité de violences et de dominations subies, de moments difficiles. Des permanences sont mises en place en mixité, en non-mixité femmes et en non-mixité LGBTIQ. Peut-être cette tente se développera-t-elle davantage dans les jours à venir.

Jeudi, le programme était extrêmement chargé ! C’était notamment la journée de lancement des discussions sur la COP 21.

La première discussion, à 10 h, concernait les enjeux de cette grand messe sur le climat qui se déroulera à Paris au mois de décembre. Une discussion en grand groupe, suivie d’une autre session, à 14h, en petits groupes autour des thèmes agriculture, énergie, lien avec la justice climatique, répression, déchets…

Un agenda international des mobilisations de l’automne a été présenté.

Les discussions reprennent vendredi sur ce sujet.

Le matin a également été l’occasion de se parler de non-exclusivite amoureuse et de sortir du conformisme du couple. Inventer et experimenter des relations libres et choisies.

La question de l’antispécisme (la lutte contre l’exploitation des autres animaux par l’humain) fait partie de la réflexion sur le camp. La restauration vegan continue de nous remplir de joie à chaque repas.

Il y eu un atelier « auto-défense physique en manif », mais aussi un atelier d’auto-défense juridique, ainsi qu’un autre d’auto-défense numérique. S’approprier des moyens de protection pour lutter contre un monde ultra sécuritaire semble indispensable sur un camp comme celui-ci, et les motivations pour s’autoformer viennent de partout. Merci à celleux qui partagent leurs savoirs sur ces questions !

Dans l’après-midi, un atelier rap a aussi eu lieu à la maison de Bure (dessin de droite), on attend d’entendre ça à la radio !

Les discussions sur la gynécologie domestique se sont poursuivies dans le camp non-mixte. On y a abordé des tas de questions liées à nos sexualités, à nos corps et à la manière la plus adaptée de se les réapproprier, et d’éviter le plus possible les contacts potentiellement traumatiques avec la médecine allopathique, qui considère bien trop souvent nos corps comme des machines détachées d’émotions et de ressentis humains…

La question du regain réactionnaire et de l’exrême droite a fait l’objet d’une discussion en fin d’après-midi.Le postulat de départ posé est que l’extrême droite est un groupe hétérogène, et qu’à ce titre ses pratiques sont diverses. On a continué en parlant du contexte de regain d’intérêt pour ce groupe politique, regain qui pourrait éventuellement s’expliquer à travers les évènements récents (la mort de Clément Méric, les manifs pour tous…). Plus globalement, le constat est fait de la droitisation du paysage français et de la lepénisation des esprits. Le discours d’extrême droite devient décomplexé, et les idées qui y sont liées touchent une frange plus élargie de la société. Il est constaté aussi que les médias tendent à paticiper à la projection de ces idées, ainsi que les réseaux sociaux qui ont été largement investis par l’extrême droite. Enfin, les moyens de lutte sont discutés à travers une autocritique du mouvement antifa, le constat d’une nécessité de vigilance quotidienne face à la banalisation de certains propos et actes (racistes, sexistes, etc…) ainsi que celle de continuer à réfléchir collectivement pour effectuer un travail de veille, d’intervention et d’analyse pour lutter contre ces idéologies, en contextualisant ces outils par rapport aux territoires dans lesquels ces luttes s’inscrivent…

Dans la même veine, un autre débat a concerné le confusionnisme (théorie du complot). Il semble que des personnes confusionnistes aient manifesté leur vision du monde lors de cette discussion. Les participant.es ont essayé de définir le confusionnisme, les « confus ». Certains le définissaient comme un mélange des idées traditionnellement attribuées à la droite et à la gauche. Déconstruire leur discours ne suffit pas, on débusque la confusion à l’aune des actes militants des uns et des autres.

Il y a eu également une discussion sur la présence de l’alcool dans nos luttes. C’était une discussion détendue en grand groupe. Certain.es ont parlé de leurs expériences par rapport à l’alcool sur des lieux d’occupation, ZAD, camps, squat…). Notamment le fait que les lieux collectifs où l’alcool était interdit ne survivaient pas longtemps à cette interdiction. Certain.es pensaient que l’alcool pouvait nuire à l’image d’un lieu, d’autres expliquaient les circonstances qui menaient à l’alcoolisation. Une discussion en plus petit groupe a suivi sur l’alcool dans le cadre des lieux occupés et des questions comme : comment remplacer l’alcool, quelles solutions inventer ?

Réunions et ateliers :

Un incroyable atelier « Chant de luttes » a donné lieu à des créations vocales (à plusieurs voix) de haute volée sur des chansons comme « Je suis fille de.. », « Allez les gars », « Fusk Ushima »… (ci-dessous!)… Les participant.es en redemandent et les lanceuses d’atelier comptent bien en proposer un nouveau dans la journée de samedi. Pour plus de renseignements, regardez le programme mural du point info !

Une réunion non-mixte a eu lieu pour définir un moment de discussion collective mixte sur le sexisme, afin de réagir aux agissements dénoncés lors de l’AG de mercredi soir. Les participantes souhaitent expliquer le sexisme, le féminisme et l’interconnexion (l’intersectionnalité) des luttes en faisant preuve de pédagogie.

En soirée, un apéritif était proposé à Bonnet, un village proche, suivi d’une discussion sur l’avenir des terres agricoles et la question foncière : la façon dont l’ANDRA s’approprie toutes les terres autour du lieu du projet d’enfouissement. Une mobilisation des agriculteurices en colère serait un soutien fort. Des copains-copines de COPAIN (44, association de paysan.nes qui luttent contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes) étaient présent.es pour échanger avec les paysan.nes du coin sur les modalités de défense d’un territoire face à un projet imposé…

La chaleur est toujours de rigueur, pensez à picoler de l’eau à tout va !

***********************************************

Un préfet très emmerdé…

On a reçu ça dans la boite de VMC…

Vendredi matin, aux alentours de 3 heures du matin, cinq sacs de compost frais de toilettes sèches ont été vidés sur les marches de la préfecture de la Meuse à Bar-le-Duc, et deux tags les accompagnants : « AREVA, REPREND TA MERDE » et « NUCLEAIRE = POUBELLE ETERNELLE ».

Et encore, notre merde à nous, elle est compostable. Pas comme les tonnes de déchets nucléaires hautement radioactifs que l’Etat envisage d’enterrer sous nos pieds, et qui resteront dangereux pendant plusieurs centaines de milliers d’années.

Ce message a été déposé parce que le préfet de la Meuse est largement impliqué dans les projets de l’ANDRA, bras armé de l’Etat pour digérer les résidus immondes de l’industrie nucléaire dont AREVA est le fleuron.

Par son aveuglement et son refus de prendre en compte des principes de précaution les plus évidents, ce préfet met en péril l’avenir commun des formes de vie et se rend ainsi complice de la destruction des écosystèmes et des nappes phréatiques.

Habitué comme ses congénères à passer l’éponge sur les exactions de la FNSEA qui déverse régulièrement son purin devant ses fenêtres, il devrait facilement trouver un débouché pour nos déchets organiques.

Notre civilisation est un bateau ivre, s’enfonçant dans des eaux sombres et glaciales. Nous formons ensemble un radeau de survie fuyant ce naufrage promis. Ne laissons pas leurs poubelles polluer plus longtemps nos vies.

Empêchons leurs fantasmes morbides de devenir notre destin.

Des défenseurs unis des derniers espaces sauvages

 

************************************************************

Accident nuke à Void-Vacon ?!

8 août. Réveil bizarre ce matin. Ça s’affole dans tous les sens. Void-Vacon est une ville entre Bure et Nancy, et là-bas une boite de transport filiale d’Areva sert de plateforme pour des convois d’UF6 (composés d’uranium), et ça devait arriver non?

Le site de la mairie ne répond pas, mais on a reçu une capture d’écran ce matin…

COMMUNIQUE / URGENT

LEGER INCIDENT DE TRANSPORT DANGEREUX – RISQUE DE POLLUTION

Un accident de circulation vient d’avoir lieu ce matin en centre ville, rue Notre Dame, devant la pharmacie non loin du croisement avec la rue Louvière.

Nous attendons confirmation des services préfectoraux, mais il s’agirait d’un des nombreux camions qui transitent par la plateforme des établissements LMC, filiale d’Areva Transport.

Nous demandons à la population de ne surtout pas paniquer, mais le principe de précaution nous conduit à conseiller aux habitants de rester confinés dans leurs domiciles jusqu’à nouvel ordre en évitant de se rendre en centre ville.

A priori, aucun danger de radioactivité n’est à prévoir mais en raison du type de matières transportées habituellement (des colis renfermant des composés d’uranium destinés à être utilisés dans les centrales nucléaires), une pollution chimique n’est pas à exclure (de type acide
fluorhydrique).

La municipalité de Void-Vacon est consciente des risques encourus par ces transports fréquents. Mais elle reste totalement confiante dans la manière dont les autorités sauront gérer ce problème momentané. La circulation devrait être rétablie dans les plus brefs délais. Un nouveau
bulletin sera diffusé dès que possible.

 

******************************************

Balade à travers champs

Ce texte a été transmis à l’équipe automédia du camp VMC de Bure (juillet 2015), et est retranscrit ici tel que.

Il est 13h et quelques. Le thermomètre affiche mille degrés à l’ombre, et on est une cinquantaine à se rassembler au point info : le programme indique « Balade à travers champs », et il paraît qu’il s’agit en fait d’une balade aux pieds de pylônes du coin, ça donne envie ! Le mot tourne que c’est « départ à 13h30 PÉTANTES », mais une partie des personnes qui ont préparé la balade ne sont pas encore là, alors on les attend. Assez vite il est proposé de faire un petit point, lors duquel on apprend que l’objectif de cette balade est de transmettre des savoirs et des expériences qui viennent notamment de luttes contre des lignes à Très Haute Tension (THT), et en l’occurrence des pratiques de déboulonnage et autres sabotages de pylônes. Il nous est rappelé de bien rester groupéEs, de porter attention aux potentielles présences de keufs, de ne surtout rien toucher sans gants, de ne pas prendre nos téléphones portables (géolocalisation, écoute…), et de ne pas prendre de papiers d’identité si on décide ensemble de refuser en bloc les contrôles d’identité, etc.
Comme d’hab, l’inertie de groupe nous fait décoller avec un peu de retard, mais ça y’est, c’est parti !
On croise très vite une estafette de gendarmerie, aucun doute sur le fait qu’ils aient été renseignés, d’ailleurs on en croisera bien d’autres plus tard…
PlusieurEs retardataires nous ont rattrapéEs dans les dix premières minutes de marche, mais ça y est, le binôme équipé de talkies chargé de clore le cortège est à l’arrière, et on traverse des champs, plein de champs ! Du blé coupé ras sur des dizaines d’hectares s’étalant sur les collines jusqu’à l’horizon, avec quelques îlots d’arbres bien touffus parsemés par-ci par-là, et c’est plutôt stylé comme endroit en fait! Le petit village avec ses toits de tuiles en contrebas fait très pittoresque, on se croirait dans « La petite maison dans la prairie » !!
Au bout de genre quarante minutes de marche, les personnes qui portent un peu la promenade nous proposent une pause dans un bois, lors de laquelle illes nous montrent quelques outils (clef à douille de 46, 35, 27, bras de levier, scies à métaux), en nous rappelant de bien toujours utiliser des gants pour les manipuler et de les nettoyer à l’acétone. On décide aussi qu’on ne fera aucune manipulation réelle si on estime qu’il y a trop de flics, ce qui en rassure plusieurEs
Une personne questionne l’objectif du déboulonnage : est-ce pour faire tomber le pylône ? À quoi bon déboulonner pour le symbole ? L’explication tombe sous le sens, il s’agit là d’apprendre à se solidariser, à se sentir fortEs ensemble, à apprendre à se déplacer à plusieurs dizaines, à partager des savoirs et des pratiques, de plus, il s’agit aussi clairement de faire chier Rte en leur coûtant de l’argent et en faisant parler de la lutte.
C’est assez chouette, on papote, des personnes traduisent en anglais et en espagnol, et après un quart d’heure on repart en marche tranquille le long des bois et à travers champs. C’est assez agréable de voir qu’il y a une attention portée aux personnes qui marchent moins vite : on entend régulièrement l’équipe qui clôt le cortège dire à l’équipe qui ouvre de ralentir, on resserre le groupe, et on s’assure que tout le monde va bien.
Le groupe arrivant en haut d’une colline, on a le loisir de pouvoir observer les pylônes à quelques centaines de mètres. Au pied d’un, deux points noirs se déplacent dans les champs, on les identifie rapidement comme étant des moto-cross de keufs. Mais pas d’autres flics à l’horizon! L’avantage de ce coin, c’est que les pylônes sont au milieu des champs, inaccessibles en véhicule, les flics déploient donc des motos, mais c’est pas évident de transporter un car de CRS en moto
Il fait toujours grave chaud!!
Au fur et à mesure qu’on avance, les deux motos bougent, mais ne tentent évidemment rien, juste nous observent. On vise donc le pylône, et en s’en rapprochant on voit débarquer au loin quatre ou cinq véhicules de gendarmerie, genre deux estafettes, une voiture banalisée, et deux camionettes. Pas la chance, la route passe loin du pylône! On trace donc tranquillement vers notre cible, qu’on atteint en une quinzaine de minutes. On commence alors la « leçon » par l’observation de la plaque d’identification, laquelle nous indique le numéro du pylône, la commune dont il dépend, le transformateur source, le transformateur de destination, et la tension dans les câbles (en l’occurrence 400 000 V). Puis on apprend quoi déboulonner, où scier, le rappel des gants pour ne pas laisser d’empreintes, et de nombreuses techniques et précautions : pour les boulons, il faut une douille de 46 à la base, puis 35 quand on remonte et 27, 26, 25 plus on va haut. Il est parfois utile d’avoir avec soi du dégrippant et de chauffer l’écrou avec une lampe à souder : ça facilite le travail! Il est d’ailleurs plus facile de déboulonner en maintenant l’écrou d’un côté avec une clé plate et en dévissant de l’autre côté avec une clé à cliquet et une rallonge (genre barre de métal). On apprend qu’il y a environ 700 boulons par pylône. C’est donc une sacrée entreprise de se mettre à tous les dévisser, et ça oblige à grimper et se rapprocher des câbles sous tension, ce qui peut être plutôt dangereux… De toutes façons on ne peut pas enlever tous les boulons, le poids de la structure pesant sur les boulons restants, les derniers seront coincés en force, et on ne pourra pas du tout les sortir. Par contre, si on enlève tous les boulons de la partie basse du pylône, il y a un endroit particulier qui peut lâcher si on exerce une pression dessus, sympathique n’est-ce pas?! Il y a aussi parfois l’opportunité de déboulonner des pylônes qui sont en cours de montage, à terre (ils sont d’abord assemblés au sol en trois ou quatre parties puis élevés et fixés en hauteur à l’aide d’une grue ou d’un hélicoptère), et dans cette situation on peut encore plus s’en donner à coeur joie, à très nombreux-ses, et disperser tous les éléments dans les espaces alentours! Remettre des boulons ne coûte pas bien cher à Rte, mais s’ils ne savent pas quels pylônes ont été déboulonnés, ils sont obligés de tous les vérifier, ça leur prend du temps et leur coûte de l’argent. Habituellement les installations sont vérifiées environ une fois par an.
En dehors du déboulonnage, il est aussi possible de scier la base des pieds, juste à la limite du plot en béton. Jusqu’à maintenant il a été remarqué que Rte se contente alors de ressouder les parties sciées, apparemment ça ne les oblige pas à reprendre toute la structure. Par contre s’il y a plusieurs points de sciage et plusieurs points de soudure il est possible qu’au bout d’un moment ça devienne plus compliqué pour eux.
Aussi, quand des cornières ou des barres ont été déboulonnées, on peut les tordre à la main jusqu’à une certaine taille de section. Ça oblige Rte à faire venir des éléments de rechange depuis un dépôt de matériel pour les remplacer, en plus de reboulonner.
On peut aussi retenir que si un pylône tombe, il va probablement entraîner dans sa chute les deux pylônes qui lui sont rattachés, provoquant possiblement un énorme arc électrique, très dangereux voire mortel pour qui se trouve à portée.
Tout le long de cette session, des personnes ont tenu un drap entre nous et les flics stationnés à environ 600m. Les 5 véhicules s’étant rapprochés sur une petite route, on peut se douter que ces enfoirés prenaient des photos, voire plus (on apprend d’ailleurs qu’il existe des moyens de capter les sons à très longue distance, même sans voir sa cible…), photos qu’ils auront plaisir à utiliser lors de procès (ce que nous ne souhaitons pas!). De l’autre côté les motards nous ont surveillés à cinquante mètres, mais se sont vite-fait barrés quand quelques-unEs d’entre nous sont alléEs vers eux… Je crois que certaines personnes ont été rassurées que ces motards ne soient pas insistants et que les voitures de keufs restent loin, cependant, on a choisi de ne rien mettre en pratique à ce moment, mais plutôt de continuer la marche vers le prochain pylône… Toujours sous un million de degrés au thermomètre, tout le monde avec un tissu sur la tête, voire devant le visage pour éviter les photos, on a fait une nouvelle pause de plusieurs minutes après 200 mètres de marche, afin de décider ensemble de la suite : la masse de flics s’était déplacée et mise entre nous et notre lointain objectif… On en a profité pour s’échanger encore quelques trucs et astuces, des histoires de procès, des lieux de chourre de matos, l’avancée de l’histoire du déboulonnage (qui a donc commencé avec des pylônes pas encore debout, que l’on pouvait déboulonner à la main, puis debouts mais pas en service, puis en service, etc), et d’autres anecdotes. On a fini par décider de rentrer au camp, sans prendre et faire prendre de risque. Le retour s’est fait sans encombre, les flics sont restés loins, tant mieux! On a fait le dernier kilomètre assez éparpilléEs mais pas trop, et avons fini sur un debrief apportant quelques nouveaux détails ainsi que des récits d’actions assez chouettes. J’ai l’impression que tout le monde a passé une bonne aprem, malgré le soleil qui frappait vraiment fort!
Vivement la prochaine !

À visiter : http://antitht.noblogs.org

************************************

simulation d’accident de Void-Vacon fait jaser

Visiblement nous sommes les seuls à ne pas nous prendre trop au sérieux dans cette histoire de simulation d’accident nucléaire de Void-Vacon : l’Est Républicain titrait ce matin « Bure : piratage du site de la Mairie de Void-Vacon » (téléchargeable ici en cas de modif/disparition de cet article)

Et la préfecture elle-même semble avoir pris l’évènement très (trop) au sérieux si on en juge son communiqué :

http://vmc.camp/2015/08/09/simulation-accident-void-vacon/

***************************************************

8 août : Fil d’info à couper le Bure

Le camp approche peu à peu de sa fin et certain.es participant.es sont déjà reparti.es. Mais ce n’est pas pour autant que les énergies se relâchent !

Ce matin, un groupe s’est réuni pour aborder une discrimination dont on parle relativement peu : l’âgisme. Parmi les réflexions proposées, on a vu le fait que l’âgisme se distingue de discriminations plus binaires comme le racisme où le sexisme, dans le sens où les personnes sont opprimées pendant leur enfance avant de devenir oppresseuses à l’âge adulte, puis d’être de nouveau opprimées en vieillissant. Différentes thématiques ont été abordées, par exemple le fait que nos luttes sont dégradées par la plupart des médias qui les attribuent uniquement à des jeunes qui vont un jour changer, mûrir, laisser tomber leurs belles illusions et rentrer dans le rang…

Il y a également eu une assemblée antinucléaire pour tenter de faire le point sur là où en est la lutte aujourd’hui. On cherche à identifier et viser les points névralgiques du nucléaire aujourd’hui : les réseaux de transport et flux ferroviaires, lignes THT, infrastructures, identifier les points sensibles dans l’idée de mettre des bâtons dans les rouages de la pieuvre nucléaire. Une personne semble chercher à (re)définir le lien entre le nucléaire et le capitalisme. Il est exprimé aussi le besoin de se redéfinir au-delà de nos définitions multiples pour agir ensemble. Il est rappelé que les malfaiteurs en bande organisée sont les lobbies qui créent ces projets mortifères. Ne pas se laisser entraîner dans une inversion des rôles , portons notre message haut et fort en arrêtant de s’excuser, assumons nos idées, nos actions.

L’après-midi a eu lieu une discussion sur les perspectives de lutte contre cigéo, avec un rappel du début des travaux sur la voie ferrée dédiée au transport des déchets radioactifs à partir de décembre 2015 et du débat législatif qui aura lieu au premier semestre 2016. Plusieurs pistes sont envisagées : tout d’abord un appel à créer dès maintenant des groupes locaux de soutien un peu partout qui se réuniraient régulièrement pour populariser la lutte contre Cigéo et organiser des actions décentralisées : manifs, blocages, animations clown, actions juridiques. Une autre préoccupation anime l’assemblée : maintenir et faire grandir les liens entre les luttes et les individus comme cela est tenté à la Zad de Notre-Dame-des-Landes par exemple. Et tisser d’autres solidarités avec des luttes sociales à partir des liens existants ou créés pendant le camp VMC. Il y a l’envie aussi d’utiliser davantage les outils de communication dont nous disposons : radios, journaux, internet, pour informer régulièrement de ce qui se passe. Diffuser largement le film « Poubelle la vie » qui évoque l’histoire de la lutte contre cigéo et les politiques d’acceptabilité sociale qui participent à imposer ce genre de projet. Agir contre contre la propagande du projet cigéo, par exemple contre le discours techno-scientiste posé comme référence, qui suit la logique du capitalisme et brouille les pistes, ainsi qu’informer sur la réversibilité (la croyance diffusée par l’andra qu’on pourra remonter les déchets sans problèmes si on change d’avis plus tard…). Et pourquoi pas organiser un autre camp par ici dans quelques mois?

A la tombée de la nuit, une écoute collective commence dans le chapiteau. Il s’agit d’extraits d’un documentaire sonore en 5 épisodes réalisé à partir de témoignages de lutte contre la THT Cotentin-Maine. Ce mouvement contre la construction d’une ligne à 400 000 volts dans la Manche de 2005 à 2013 a réuni de nombreuses formes d’action, des recours juridiques aux sabotages en passant par les manifs à plusieurs milliers de personnes. Des participant.e.s de l’assemblée antiTHT ont décidé d’aller enregistrer les voix des personnes qui ont vécu cette lutte, afin qu’elles racontent à leur manière leur histoire, bien loin de l’histoire officielle. Ces témoignages ont aussi été pensés pour être partagés avec des personnes en lutte contre Rte ou d’autres projets ailleurs, comme par exemple dans les Alpes, en Aveyron ou à côté de Lille.

Cette écoute collective clôturée par la chanson du Pieu de Marc Robine est immédiatement suivie d’un open mic à l’entrée du camp, puis d’une boom !

*************************************************

Une action contre l’accaparement des terres par l’ANDRA

Ce matin l’automédia a reçu un communiqué d’action qui réjouira certainement du monde (téléchargeable ici) :

Réduisons l’ANDRA et Hance à l’impuissance !

Dans la nuit du dimanche 9 au lundi 10 août, nous avons rendu une petite visite de courtoisie à Emmanuel Hance, négociateur des acquisitions foncières de l’ANDRA et salarié de l’Observatoire Pérenne de l’Environnement. Souvent surnommé « le bon Dieu sur terre » par les habitant.e.s qu’il harcèle depuis des années pour obtenir leurs terres par des échanges opaques, il nettoie sans ménagement le territoire de celles et ceux qui y vivent et cultivent pour y implanter la pire des poubelles radioactives.

Pour lui rappeler le harcèlement quotidien qu’il inflige aux habitant.e.s et paysan.ne.s de la région depuis plusieurs années et lui manifester tout le respect qu’il nous inspire, nous avons joyeusement déversé des litres d’excréments sous ses fenêtres, sur son paillasson et devant son salon. Nos quelques crottes dans son jardin ne pèsent toutefois pas bien lourd par rapport aux 100 000 m3 de déchets radioactifs que Hance cherche à enfouir dans le sud-Meuse.

Nous avons également pris au mot la politique de greenwashing de l’ANDRA, mise en œuvre par Hance à travers l’O.P.E. (le machin destiné à sauvegarder la mémoire de la nature pré-nucléaire pour mieux étudier sa destruction), en aspergeant abondamment sa façade d’un gros vert qui tache. Rien de tel qu’un petit nettoyage vert pour se remettre les idées en place, pas vrai Manu ?

Cette petite escapade nocturne n’est que le début d’une résistance collective. Car au vu de la colère qu’Emmanuel Hance inspire partout où il traîne sa moustache et son 4×4 noir, la riposte contre le système qu’il sert pourrait être beaucoup plus forte.

Hance fait de la région un désert social, permettant à l’ANDRA d’acquérir, avec la complicité des SAFER, près de 3000 hectares en Meuse et en Haute-Marne, sans compter les autres départements où aucune donnée n’est disponible. Pour un projet dont l’emprise des installations au sol est d’environ 400ha, on se demande bien à quoi rime tout ce gavage foncier, si ce n’est accentuer un peu plus la désertification du territoire en faisant grimper les prix et en empêchant les jeunes de s’installer. Certains habitants se préparent même à ce que leurs villages soient rasés d’ici à 20 ans…

Hance méprise la volonté populaire quand, accompagné de deux vigiles, il interdit l’accès au conseil municipal de Mandres-en-Barrois en juillet pour échanger le bois communal de Lejus avec le bois de la Caisse en dépit du refus déjà fermement exprimé lors de la consultation des habitant.e.s en janvier 2013.

Hance négocie bien au-delà de toute limite éthique, en n’hésitant pas à harceler les personnes âgées pour s’emparer de leurs terres, à appeler inlassablement jour après jour pour vaincre toute volonté de résistance, à brandir la menace d’expropriation pour intimider ses interlocuteurs. Beaucoup ont tenté de résister mais ont cédé ou déménagé par peur des contrôles. Il se raconte même dans le village de Saudron qu’un jeune agriculteur aurait fait un AVC suite à un échange conflictuel.

Hance divise pour mieux régner, en accentuant les rivalités déjà fortes entre agriculteurs et familles pour arriver à ses fins, en profitant du climat de résignation et d’isolement si fort dans ces villages en dépeuplement. En effet beaucoup ont peur, certains culpabilisent, quelques un.e.s ferment les yeux et surtout, tout le monde se suspecte et s’accuse.

reversibilité

Mais cette atmosphère de résignation, d’isolement et de rancœurs a assez duré. Par ce geste, nous voulons mettre en évidence le fait que face à celles et ceux qui sont décidé.e.s à ne pas laisser s’installer l’horreur radioactive, Hance et le système qu’il sert sont vulnérables.

Nous invitons les habitant.e.s, paysan.ne.s, propriétaires de terres à cesser d’avoir peur de celui qui incarne le cynisme de l’ANDRA, à tirer un trait sur leurs divisions et s’allier pour refuser collectivement cet accaparement des terres. Il est plus qu’urgent de réagir et s’organiser : d’ores et déjà de nombreux agriculteurs ont perdu l’usage de plusieurs centaines d’hectares de terres de l’ANDRA dédiées aux futurs chantiers. Ces terres qui ne peuvent plus être cultivées, c’est l’aménagement par le vide et la fabrique du désert orchestrés par l’ANDRA qui prennent corps et réclament des réponses. Notre colère n’est pas réversible.

Résistons ensemble face à l’accaparement des terres et la désertification de nos lieux de vie !

 

*********************************************************

Communiqué : une visite très désagréable !

Ce matin, notre campement, qui arrive sur sa dernière journée et sa clôture, a eu une bonne et une mauvaise surprise à son réveil.

M. Emmanuel Hance, responsable pour l’eau, les activités humaines et la biodiversité, accessoirement maître-chanteur notoire de l’ANDRA a eu le droit à un ravalement de façade bénévole de la part d’un groupe d’action qui nous a transmis son communiqué dans la foulée (voir site http://vmc.camp/2015/08/10/une-action-contre-laccaparement-des-terres-par-landra/). Pour un individu aussi méprisé dans les environs de Bure, c’est très étonnant que ça ne lui soit pas arrivé auparavant.

La mauvaise surprise, c’est que ce même individu s’est invité sur le terrain de notre campement ce matin, peu avant 8h, et s’est livré à des menaces non voilées à notre encontre, disant que dès ce soir nous allions le regretter et ne serions plus là. Comme si les actes d’un groupe pouvaient être imputables aux centaines de personnes qui s’y sont retrouvées durant ces dix derniers jours et démontent désormais le campement. Menacer d’expropriation, intimider et exercer des pressions sur les agriculteurs et habitant-es des environs a visiblement fait naitre chez M. Hance un sentiment d’impunité très prononcé.

Ce monsieur doit sans doute s’imaginer qu’il a la force de l’intimidation pour lui. Mais nous n’avons absolument aucune crainte de ce qu’il pourrait entreprendre, bien au contraire : nous avons la conviction que tout ce qu’il pourrait entreprendre ne ferait que publiciser son nom, délier les langues et rendre visible son action néfaste des années passées, en discréditant l’ANDRA et sa stratégie de corruption et d’oppression sur tout un territoire.

Nous sommes des centaines de personnes, venues de multiples réseaux et collectifs militants, qui se sont rassemblées et retrouvées à Bure tout au long de ce campement ou au cours des dernières années. Nous avons en nous la colère et la détermination de tou-tes ceux et celles qui ne tolèrent plus qu’on leur impose des projets ruineux et mortifères sous couvert de démocratie. Nous attaquer c’est nous grandir, nous renforcer, parce que face à la loi du silence qui couvre les malversations des aménageurs du territoire, notre arme première est la parole. Face à l’isolement, notre première arme est la solidarité.

Nous avons accueilli des habitant-es des environs, les comités de lutte locaux, construit des moments précieux avec elles et eux. Des liens tels que l’ANDRA n’en tissera jamais malgré toutes ses tentatives pour se rendre acceptable. Ceux qui dérobent à un territoire son histoire, sa vitalité, sa fierté et ses ressources et qui prétendent lui substituer une pâle économie de déchets mortels ne récolteront jamais que mépris et haine des populations.

S’il devait arriver quoi que ce soit de désagréable ou de malveillant, ce qui s’est passé cette nuit réjouira incomparablement la population du sud de la Meuse et elle nous soutiendra. Il ne sera pas facile de nous stigmatiser et nous isoler. Nous conseillons plutôt à l’ANDRA d’opter pour ce qu’elle fait de mieux quand il s’agit d’opposition : se taire, ne pas faire de vagues et continuer à creuser son trou patiemment ; nous saurons le combler.

Cette semaine, le soutien de celles et ceux qui nous ont accompagné nous renforce dans notre détermination à nous opposer radicalement au projet CIGÉO et à l’industrie nucléaire !

Collectif VMC

Contact Presse : vmc+pressewww.vmc.camp – 07.58.23.08.97

****************************************

Lundi 10 août : Fil d’infos à couper le Bure

Nous sommes encore quelques dizaines lundi matin à nous réveiller sous la pluie, prenant notre courage à deux mains pour continuer à démonter et ranger le campement.

Le message circule qu’un gars agressif s’est pointé vers 8h30 pour accuser les participant.e.s au campement d’avoir arrosé sa façade de peinture verte et de merde. On prend conscience qu’il peut revenir mettre ses menaces à exécution et on réfléchit à comment se défendre tou.te.s ensemble le cas échéant.

Mais ça ne nous empêche pas de continuer à démonter des barnums, des toilettes sèches, les douches, l’éolienne, les panneaux solaires, rassembler le matériel à restituer, ramasser tout ce qui traîne. L’idée commence à circuler de se retrouver à la gare en septembre pour se donner des nouvelles, garder les liens et passer un bon moment ensemble.

Les fabuleuses cantines qui se sont occupées de remplir nos ventres et enchanter nos papilles toute cette semaine, sont sur le départ. Alors comme pour les chantiers, on repart en cantine autogérée et des ami.e.s nous préparent des beignets de courgettes avec du riz et une délicieuse sauce tomate-oignon.

Certain.e.s discutent avec des habitant.e.s du coin qui nous racontent comment ils et elles ont vécu ces dernières semaines avec nous. Illes nous remettent des coupures de journaux évoquant le campement, le projet Cigéo éjecté de la loi Macron et les dernières déclarations des technocrates de l’Andra.

Les notes prises lors de l’assemblée de clôture de dimanche ont commencé à être rassemblées et mises en forme, dans le but d’être partagées, par exemple sous forme de brochure. Cela nous semble important pour prendre acte ensemble de ce que nous avons vécu et construit pendant ces dix jours, nos réussites et nos échecs, afin de ne pas toujours repartir de zéro, d’avancer sur ces histoires d’action politique, d’organisation collective, de lutte contre les discriminations, etc…

Suite à plusieurs demandes, des personnes réfléchissent aussi à une brochure qui raconterait comment ce campement s’est organisé pendant les nombreux mois qui ont précédé.

La pluie cesse peu à peu, la nuit tombe et de petits groupes se retrouvent tantôt pour chanter, débriefer, se chauffer près du brasero jusque tard dans la nuit

Ce fil d’infos à couper le Bure sera peut-être le dernier, car le camp est officiellement terminé, mais on reste là tout près, et la lutte continue !

Si vous voulez rester au courant des prochaines aventures, vous pouvez vous inscrire sur la liste de diffusion campvmc et bien sûr continuer de venir sur http://vmc.camp qui ne va pas s’arrêter d’être alimenté.

Source : Plus bure sera leur chute.

 

 

[ZAD(s)] Roybon : 15-18 juillet rendez-vous en attendant la décision de justice.

 Posted by on 16 juillet 2015 at 4 h 08 min  Actualité nationale, Ecologie / Nucléaire / OGM / Industrialisme / Nécro-technologies  Commentaires fermés sur [ZAD(s)] Roybon : 15-18 juillet rendez-vous en attendant la décision de justice.
Juil 162015
 
Sabotage05

Du 15 au 18 Juillet, Chambar sur les Chambarans

Bien que l’appel à soutien sur la ZAD du Collectif de soutien Grenoblois soit maintenu, et que les occupants de la forêt maintiennent leur appel à l’occupation de la Zone à Défendre de Roybon aujourd’hui et ce jusque l’abandon définitif des projets de construction de Pierre et Vacance dans la forêt des Chambarans…
DU 15 AU 18 JUILLET : CHAMBAR SUR LES CHAMBARANS !!!

Après 8 années de bataille face au géant Pierre & Vacance, spécialiste du saccage de l’environnement et de détournement de l’argent public, une étape décisive se joue jeudi 16 Juillet au tribunal de Grenoble.

Proposition : ENRACINONS LA RESISTANCE !

Retrouvons-nous à la maison de la Marquise pour unir nos forces et nous retrouver dans une ambiance champêtre et familiale.

AU PROGRAMME :

Mercredi 15 Juillet :

Projection en extérieur du film « Ne vivons plus comme des esclaves » de Yanis Youlountas.

Jeudi 16 Juillet :

Date limite du délibéré du tribunal administratif : Fêtons ensemble la victoire !!! Fête de village à l’ancienne : Jeux, pétanque, mât de cocagne, ventrigliss, course en sac, apéro electro !!!

Vendredi 17 et Samedi 18 Juillet :

Débats, échange de savoir, ateliers de grimpe, graffiti végétal, balades natures, alternative énergétiques, survie…

scène ouverte à tout et tout le week end !!

CONCERTS : Until Man Exist No More , Companikta + pleins d’autres !!

Source : Rebellyon.

[ZAD(s)] Autour de la destruction de la Métairie au Testet.

 Posted by on 6 juillet 2015 at 11 h 51 min  Actualité nationale, Ecologie / Nucléaire / OGM / Industrialisme / Nécro-technologies, Flicage / Répression / Carcéral / Sécuritaire  Commentaires fermés sur [ZAD(s)] Autour de la destruction de la Métairie au Testet.
Juil 062015
 
crs_ps

Le 28 mai dernier, la Métairie neuve, bâtiment symbole de la lutte contre le barrage de Sivens a été incendié. Depuis quelques mois, la préfecture du Tarn visait la destruction de ce bâtiment classé. Il a été finalement détruit après cet incendie. Bernard Viguié, avocat, porte aujourd’hui l’affaire en justice et parle d’une nouvelle affaire des paillottes. Si le recours à la justice s’avère souvent vain, tant justice, industriels et Etat font souvent cause commune, le constat de ces connivences par Bernard Viguié sont une nouvelle fois éclairantes. Souvent autour de ce type de projets, mêlant intérêts industriels, locaux et étatiques, la stratégie de l’irréversibilité est souvent utilisée pour imposer le fait accompli et faire plier les oppositions.

La stratégie de l’irréversibilité a été mise en place il y a déjà quelques dizaines d’années par les aménageurs et aménageuses de tous poils. Mais, c’est bien les nucléaristes qui semblent en avoir essuyer les plâtres au moment du plan Mesmer. Alors qu’Etat et industriels du nucléaire imposent la construction de plusieurs dizaines de centrales nucléaires dans tout le pays, ils rencontrent des oppositions de plus en plus fortes qu’ils jugent « irrationnelles » et « transitoires ». Inspirée par des études d’opinion américaines et des travaux sociologiques, EDF constate que ces méfiances et ces oppositions peuvent être prises de vitesse. Ces adeptes des sondages avaient distingués trois phases de réactions face à ce type de projet : la mauvaises information qui crée une sorte d’indifférence et une résistance moyenne ; le bourrage de crâne qui suscite de la méfiance puis de la panique et donc une résistance forte ; l’expérience et la confrontation à cette technologie, sa proximité immédiate qui la rend banale, c’est la phase d’acceptation où la résistance s’affaiblit. Aujourd’hui la sociologie du risque va même jusqu’à parler de résilience. Accélérer les projets, rendre tout retour en arrière impossible, devient donc une stratégie. Les projets avancent donc parfois en s’asseyant ouvertement sur les procédures légales, sanctionnées à l’occasion et à postériori, avec des amendes mineures et la mise au placard ou la promotion de certains lampistes, par une justice un peu moins complice. Ce qui augmente certes le coût du projet mais ce qui ne l’hypothèque pas. Sur cette stratégie on peut se reporter à Louis Puiseux, La babel nucléaire ou à Sezin topçu, La france nucléaire. La stratégie du laboratoire souterrain de Bure peut-être comprise dans ce sens.

A la suite de ces deux textes, un troisième texte de Bernard Viguié sur l’étrange stratégie juridique de Ben Lefetey dans l’histoire de Sivens, et sur le rôle très ambigu de la FNE. Comme quoi l’Etat peut parfois trouver des complices au cœur même des luttes.

Une nouvelle affaire des paillotes… Dans le Tarn

A Sivens, un ancien bâtiment agricole, la Métairie Neuve, était devenu un symbole de la lutte des anti-barrage. Ce bâtiment appartenait au département du Tarn et il était protégé par le Plan Local d’Urbanisme de Lisle-sur-Tarn au titre du «bâti remarquable de la commune». A ce titre, le PLU mentionnait expressément qu’il était interdit de le démolir. Le 28 mai 2015, ce bâtiment a été l’objet d’un incendie criminel.

Dès le 29 mai, la maire de Lisle-sur-Tarn a pris un arrêté visant à le faire démolir par le département après s’être concertée selon ses propres dires avec la préfecture et le département.

Le 1er juin, un lundi, au petit matin, Thierry Carcenac, président du Conseil départemental, l’a fait démolir par une grosse entreprise de travaux publics d’Albi (ou certains de ses éléments), entreprise liée par le passé au Conseil Général par divers contrats.

LES PLAINTES

Une telle démolition constituant le délit de violation d’un document d’urbanisme (article L 160-1 du code de l’urbanisme), plusieurs membres fondateurs du Comité Sivens ont porté une première plainte de ce chef ainsi que du chef d’entrave au fonctionnement de la justice, puisque les bâtiments ont été rasés peu après un incendie criminel, alors que l’enquête ne pouvait pas être achevée. Voir La Dépêche du Midi du 11 juin 2015.

Deux nouvelles plaintes ont ensuite été portées du chef de destruction de biens en réunion, visant Thierry Carcenac, président du Conseil départemental, Maryline Lherm, maire et conseiller départemental de Lisle-sur-Tarn, ainsi que Thierry Gentilhomme, préfet du Tarn, le démolisseur ayant rasé le bâtiment sans droit ni titre, et bien pire : alors qu’il était frappé d’une interdiction de démolir, de sorte que le délit de destruction de biens est caractérisé.

C’est ce délit qui avait été retenu contre le préfet Bonnet et ses comparses dans la célèbre affaire des paillotes Corses, ouverte en 1999. http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_des_paillotes

D’où la comparaison qui va suivre.

 

PAILLOTES Ā LA CORSE ET PAILLOTES Ā LA TARNAISE !

Un premier point commun : C’EST LE MÊME DÉLIT qui a été porté devant la justice, en Corse et dans le Tarn : destruction de biens en réunion (322-1 et 322-3 du code pénal)… même si d’autres délits ont été commis en plus dans le Tarn (pénalement moins graves).

Les peines encourues sont de cinq ans d’emprisonnement, outre des peines complémentaires d’interdiction des droits civiques et civils et d’interdiction d’exercer une fonction publique pour une durée pouvant aller jusqu’à cinq années.

Le préfet Bonnet avait été condamné à trois ans d’emprisonnement dont deux avec sursis ainsi qu’à trois années de privation de ses droits civiques.

Le second point commun : dans les deux affaires, UN PRÉFET EST CONCERNÉ. C’est acquis par décision définitive de justice pour le préfet Bonnet. C’est à mon avis démontré dans la plainte qui a été déposée contre le préfet du Tarn devant le procureur de la République d’Albi.

Il ressort en effet de plusieurs documents administratifs que le préfet avait demandé la démolition du bâtiment au mois de mars 2015 : cas unique d’un préfet qui demande la démolition d’un bâtiment protégé alors que cette affaire relève exclusivement de la compétence de la commune de Lisle-sur-Tarn. De plus, il ressort de déclarations publiques de Maryline Lherm, maire de Lisle-sur-Tarn, que l’opération invraisemblable qui a consisté à démolir un bâtiment protégé juste après un incendie criminel a été montée avec les services de la préfecture. Tout le monde était confiant dans son impunité.

 

MAIS TOUTES LES COMPARAISONS S’ARRETENT LĀ ! ET COMMENT !

- En Corse, la destruction de biens en réunion a été faite la nuit, par des policiers placés sous l’autorité du préfet, qui ont laissé des traces telles qu’on a très vite compris que l’incendie des fameuses paillotes ne provenait pas d’un barbecue mal réglé situé « chez Francis » mais plutôt de barbouzes sortis de sous les fagots et peu précautionneux avec leurs bidons d’essence et certains de leurs effets personnels ;

- A Sivens, la destruction de la Métairie Neuve a été faite en plein jour, sous l’œil bienveillant de la maréchaussée, donc de la préfecture !

- En Corse, seuls, des agents de l’Etat étaient impliqués. De sorte que certains ont dit que ce n’était pas une « affaire d’Etat » mais une « affaire de l’Etat », d’autant que les biens détruits par les agents de l’Etat étaient sur le domaine de l’Etat ;

- A Sivens sont impliqués avec le préfet une belle brochette : le président du Conseil départemental, la maire de Lisle et une grosse entreprise de travaux publics tarnaise, spécialiste (entre autres) de la démolition, qui a réalisé un sans faute dans toutes les infractions qu’elle pouvait commettre dans une telle affaire. Il est impensable qu’un professionnel de la démolition, habitué des marchés publics, puisse démolir un immeuble ainsi, sur un simple coup de fil, sans droit ni titre, de surcroît un bâtiment protégé. Incroyable mais pourtant vrai.

- En Corse, les paillottes avaient été construites illégalement sur le domaine public maritime de l’Etat. Elles avaient fait l’objet de plusieurs injonctions visant à les voir démolies. Il s’agissait incontestablement de constructions illégales ;

- A Sivens, la Métairie Neuve était non seulement parfaitement légale, mais classée au bâti remarquable de la commune avec interdiction de la démolir.

- En Corse, le préfet Bonnet n’avait donné aucune instruction écrite. Aucune trace écrite n’était à sa charge. Ce sont les témoignages de ses subordonnés qui l’ont mis en cause ;

- A Sivens, il est clair qu’en plus de faits incontournables, des traces existent de ce que le préfet du Tarn a été à l’initiative du projet de démolition, puisque c’est lui qui est à l’initiative de la procédure initiée par le conseil municipal de Lisle-sur-Tarn visant à modifier le PLU pour pouvoir détruire la Métairie Neuve. L’occasion faisant les larrons, il est clair qu’il a participé (lui ou ses services peu importe) à l’opération invraisemblable qui a consisté à faire prendre par la maire de Lisle-sur-Tarn un arrêté de péril imminent délirant, le lendemain d’un incendie criminel, visant à ordonner illégalement la destruction qu’il avait souhaitée auparavant. Ce qui est strictement impossible en droit, comme je l’ai démontré sur mon blog http://blogs.mediapart.fr/blog/bernard-viguie/170615/sivenstarn-les-pieds-nickeles-rasent-gratis-une-nouvelle-aventure-des-pieds-nickeles

Il est tout aussi clair que le préfet a laissé réaliser une telle opération délictuelle par coopération des forces de l’ordre et négation totale de ses fonctions au titre du contrôle de légalité alors qu’on n’a jamais vu arrêté de péril imminent aussi manifestement illégal que celui-là. Jamais jusqu’à preuve contraire.

La comparaison des deux affaires tourne donc nettement à l’avantage du préfet Bonnet, même s’il a été reconnu coupable, et qu’il a « pris trois ans ».

La démolition de la Métairie Neuve est une affaire d’Etat, particulièrement grave sur le plan des principes puisque des délits ont été commis en réunion et de concert par les plus hautes autorités locales.

Le droit de l’urbanisme et le droit commun de la protection des biens y sont foulés aux pieds. Seul le droit commun était violé en Corse où c’étaient les constructeurs qui avaient violé les règles d’urbanisme. De plus, dans le Tarn, le droit constitutionnel est aussi foulé aux pieds par le préfet du fait de sa conception très particulière du principe de libre administration des collectivités locales et de ses devoirs au titre du contrôle de légalité.

Fort de ce que les paillotes Corses démolies étaient manifestement des constructions illégales édifiées sur le domaine de l’Etat, le préfet Bonnet s’était défendu vigoureusement :

A sa sortie de prison préventive, il affirmait avoir été « victime d’un attentat judiciaire Corse commis en bande organisé » ! et il s’en était pris vertement à Elisabeth Guigou, Ministre de la Justice ! http://www.youtube.com/watch?v=j2ZTVfP8Ma8 . Commentaire de FR3 :

« A l’époque, la Garde des Sceaux s’était étonnée que l’on s’insurge contre la mise en détention provisoire de Bernard Bonnet quand des jeunes sont également placés en préventive pour des faits moins graves »

A ce jour, malgré des délits parfaitement établis, dont la gravité est patente, personne n’a été placé ni en garde à vue ni en détention préventive dans le Tarn … (je ne parle pas du silence des médias nationaux, mis à part le Canard Enchaîné)

Voir sur cette question :

http://blogs.mediapart.fr/blog/bernard-viguie/050615/sivens-la-justice-tarnaise-lepreuve-de-lindependance et aussi : http://blogs.mediapart.fr/blog/bernard-viguie/100615/sivens-dans-le-tarn-les-bas-fonds-de-la-republique

C’est peut être une autre différence à venir entre ces deux affaires, celle des pailllotes à la Corse et celle des pailllotes à la Tarnaise.

Si elle devait se confirmer, ce que je n’ose croire, vu les faits graves qui sont établis, et qui relèvent du « jamais vu » dans le domaine de l’urbanisme à ce jour, ce ne serait ni à l’avantage de la Justice, qui doit être la même pour tous, comme le disait si bien Elisabeth Guigou, ni à l’avantage de la République. Si les plaignants devaient être amenés à se battre contre l’inertie ou la passivité de la justice dans une affaire aussi scandaleuse, que chacun sache qu’ils le feront. Et qu’ils utiliseront toutes les voies possibles pour qu’une telle affaire soit instruite et jugée comme il se doit : devant un tribunal correctionnel.

TARN / J’ACCUSE LE PREFET THIERRY GENTILHOMME

Devant le silence des médias nationaux*, mis à part le Canard Enchaîné du 17 juin 2015 et mon billet mis en avant par Médiapart le 1er juillet, dans l’affaire de la destruction de la Métairie Neuve de Sivens, affaire que je dénonce publiquement depuis le 5 juin, j’accuse aujourd’hui ouvertement le préfet Thierry Gentilhomme d’avoir participé à la commission du délit de destruction de biens en réunion, notamment avec Thierry Carcenac et Maryline Lherm, ces trois personnes étant nommément visées dans plusieurs plaintes déposées depuis le 5 juin par des membres fondateurs du Comité Sivens.

C’est une accusation grave.

C’est sur le fondement de cette accusation que, dans l’affaire des paillotes Corses, le préfet Bonnet avait été condamné à 3 années d’emprisonnement et trois ans de privation de ses droits civiques et civils (voir… http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_des_paillotes ).

Les peines encourues sont de cinq ans d’emprisonnement, outre des peines complémentaires d’interdiction des droits civiques et civils et d’interdiction d’exercer une fonction publique pour une durée pouvant aller jusqu’à cinq années.

 

LE PRÉFET GENTILHOMME

Ayant pris ses fonctions le 1er septembre 2014, le préfet Gentilhomme est celui qui était en place quand le déboisement d’une dizaine d’hectares de forêt à Sivens s’est fait sans autorisation sous la protection des forces de l’ordre, donc dans l’illégalité. Ce n’est pas tous les jours qu’on voit un préfet envoyer l’armée pour permettre ouvertement la commission d’une infraction.

Il était préfet en octobre 2014, des versions diverses existant sur les instructions qu’il aurait alors données le 25 octobre, lorsque Rémi Fraisse a été tué. Mais si Collectif Testet, dépositaire de l’action en annulation des arrêtés qui ont permis le barrage, fait ce que TOUTE association de défense de l’environnement LIBRE devrait faire à sa place, en lieu et place de tergiverser, d’aller faire des ronds de jambe à la préfecture et de faire de la rétention d’information sur ces affaires depuis décembre dernier sous la houlette du staff juridique de FNE, ces arrêtés seront annulés et cela démontrera que le préfet Gentilhomme a envoyé illégalement l’armée à Sivens le jour ou Rémi Fraisse a été tué, et avant par la même occasion.

Thierry Gentilhomme était aussi préfet en mars 2015, quand la FNSEA a bloqué illégalement toutes les routes sur le secteur de Sivens en toute impunité, en présence et avec la bénédiction des forces de l’ordre. Il a encore couvert les infractions manifestes de la FNSEA.

C’est beaucoup. J’ai regardé un peu l’Histoire des préfets du Tarn : je crois que jamais un préfet n’a réalisé de tels prodiges en moins d’une année en comptant le dernier :

Car il est enfin bien présent dans l’affaire de la démolition de la Métairie Neuve le 1er juin 2015, des preuves administratives existant de ce que j’avance, comme je l’ai indiqué dans mon billet mis en avant par Médiapart le 1er juillet 2015.

http://blogs.mediapart.fr/blog/bernard-viguie/010715/une-nouvelle-affaire-des-paillotes-dans-le-tarn?page=0%2C1

Devant une telle accusation publique, le préfet Gentilhomme a une alternative :

 

PREMIERE SOLUTION

- Soit il porte plainte contre moi pour diffamation, et je me retrouverai, NOUS nous retrouverons dans une situation qui était la nôtre, il y a environ 25 ans, alors que j’étais aussi responsable associatif, quand un préfet du Tarn que je ne cite pas ici par courtoisie m’a attaqué en diffamation pour avoir dénoncé des faits exacts.

J’ai immédiatement demandé au tribunal correctionnel de surseoir à statuer jusqu’à ce que l’affaire que je dénonçais soit jugée (ce qui est normal et classique en droit de la presse)

Quelques Tarnais se souviennent du résultat des courses et je suppose qu’à la préfecture… on s’en souvient aussi (du moins je l’espère, car il n’est jamais trop tard pour tirer les leçons du passé…):

- j’ai été relaxé de l’accusation de diffamation

- ledit préfet a été placé hors cadre, solution commode qui peut être aussi une bonne planque, voire une promotion !

- un responsable de service a porté le chapeau pour la préfecture, ce que j’ai toujours regretté, et a été condamné pour faux en correctionnelle. Je dis que je l’ai regretté car il me semble que la moindre des choses, dans une démocratie digne de ce nom, c’est que des responsables quels qu’ils soient assument leurs responsabilités, qu’ils soient responsables administratifs ou politiques ou responsables associatifs (je pense à ce qui s’est passé de ce côté là en novembre 2014 à Sivens où nous avons vu un « président de fait » de Collectif Testet signer unilatéralement « pour Collectif Testet » avec FNE national une demande d’abrogation des arrêtés ayant permis le barrage, pour ensuite… se retirer… très démocratiquement… derrière les autres… dès qu’il a compris que ça chauffait un peu et que la magouille en vue était éventée… Et de me traiter de diviseur par dessus le marché, avec ses sectateurs, sans JAMAIS répondre à mon argumentation, et sans avoir JAMAIS pu donner une raison à sa demande d’abrogation alors que les instances en annulation étaient en cours !).

Que le préfet Gentilhomme ait pu discutailler avec Ben Lefetey ces derniers temps, en avril et en mai, c’est son droit le plus strict. Mais il doit savoir que dans l’affaire de la Métairie Neuve, ce n’est plus Ben Lefetey qu’il a en face de lui, avec ses propos lénifiants et contestataire de bon ton, du style de ceux de France Nature Environnement (à se demander si ces gens ne sont pas des pseudo-porte-parole de Ségolène Royal).

En ce qui me concerne, j’estime que la responsabilité personnelle du préfet Gentilhomme est engagée dans les délits qui ont été commis dans cette affaire et c’est pour cela qu’une plainte complémentaire a été déposée pour destruction de biens en réunion qui le vise personnellement. De manière précise et argumentée.

Il est libre de m’attaquer en diffamation. S’il le fait, ce sera la seconde fois que j’aurai l’honneur d’être attaqué en diffamation par un préfet du Tarn. S’il m’attaque en diffamation, je transmettrai l’entier dossier soumis à justice aux médias et je l’attendrai de pied … nickelé… mais ferme. Je lui donne l’avantage de connaître déjà ma ligne de défense : je demanderai le sursis à statuer jusqu’à ce que le tribunal correctionnel se prononce sur les infractions que je dénonce, ce qui me semble inéluctable. Ma conviction est faite depuis le 2 juin 2015, jour où j’ai pris connaissance de l’arrêté de péril imminent complètement délirant de Maryline Lherm dont elle-même a déclaré qu’il a été pris en concertation avec la préfecture : une telle affaire (la destruction de biens en réunion) finira devant un tribunal correctionnel.

http://blogs.mediapart.fr/blog/bernard-viguie/170615/sivenstarn-les-pieds-nickeles-rasent-gratis-une-nouvelle-aventure-des-pieds-nickeles

Je n’ai rien à perdre, aucun intérêt personnel à défendre, aucun souci vis-à-vis d’un projet de carrière médiatico/politique. Ce sera pour moi un honneur d’être attaqué devant un tribunal par un préfet qui a envoyé l’armée à Sivens en septembre/octobre 2014 et de me défendre comme il se doit.

Un honneur d’être attaqué par un tel préfet alors que je ne fais que dire publiquement la vérité.

 

SECONDE SOLUTION

- S’il ne m’attaque pas en diffamation, il doit prendre ses responsabilités, si toutefois cette notion a un sens pour lui.

A moins que le gouvernement ne les prenne… pour lui.

 

 

* En ce qui concerne la presse régionale, La Dépêche du Midi a parlé de cette affaire ici : http://www.ladepeche.fr/article/2015/06/11/2122570-metairie-cinq-plaintes-contre-thierry-carcenac-et-maryline-lherm.html

 

*****************************************

SIVENS: COMMENT L’OPPOSITION AU BARRAGE S’EST FAITE EMBARQUER

Ayant été jadis avocat dans l’affaire du barrage de Fourogue (près d’Albi) et avant cela président d’une association agréée de défense de l’environnement, c’est à double titre et avec une particulière consternation que j’ai vu depuis la mort de Rémi Fraisse l’évolution de l’affaire de Sivens. Je ne sais ce qui me consterne le plus. Est-ce le résultat de tout cela aujourd’hui avec l’expulsion des occupants du site et le projet de nouveau barrage? Est-ce le détournement de l’action associative auquel se sont livrés Ben Lefetey et France Nature Environnement depuis 4 mois ou bien le sabotage des recours juridiques quand les mêmes ont refusé d’obtenir une décision de justice en faveur des opposants alors que tous, je dis bien tous les éléments étaient réunis pour en obtenir une ?

Aujourd’hui, 6 mars 2015, le Conseil général vient de décider de construire un barrage plus petit à Sivens, comme le lui avait demandé instamment Ségolène Royal. Le principe de libre administration des collectivités locales vient-il ainsi de voler en éclats ? Croit-on une seconde que les conseillers généraux auraient agi de la sorte s’ils avaient vraiment pensé que « leur barrage » était légal, comme ils le répètent depuis des mois ? Si pour les élus, le gouvernement et les experts mandatés par lui, le projet de barrage prévu initialement était entaché d’illégalité, pourquoi et comment aucune décision de justice n’a été rendue à ce jour en faveur des opposants ? C’est ce que je souhaite expliquer ici.

 

Avant toute chose, il faut savoir que l’opposition au barrage de Sivens s’est développée sur deux fronts: d’un coté, la « partie légaliste », représentée par Ben Lefetey et Collectif Testet qui est une association qui regroupe des adhérents individuels et des associations ; de l’autre coté, la « partie activiste » qui comprend les zadistes et les opposants dits « des Bouilles », qui ne sont pas regroupés en association. Ces groupes ne sont pas étanches de sorte que des opposants font partie des Bouilles et de l’association Collectif Testet. Une « coordination » essaie de relier tout le monde en se réunissant régulièrement.

Il faut savoir aussi que le barrage de Sivens a été autorisé par deux arrêtés préfectoraux des 2 et 3 octobre 2013 (déclaration d’utilité publique dite DUP et déclaration d’intérêt général dite DIG).

Ce que j’appelle « la partie légaliste » a attaqué ces arrêtés fin 2013 devant le tribunal administratif pour les faire annuler, l’affaire n’étant pas jugée à ce jour. C’est elle qui « détient » l’action devant le tribunal administratif. Ce que j’appelle la « partie activiste » a occupé le site ou soutenu les occupants par les moyens les plus divers. En ce qui me concerne, simple opposant au barrage, j’ai contribué à la fois au site de Collectif Testet et au site « Tant qu’il y aura des Bouilles ».

Voilà pour la présentation du décor.

Maintenant, ce que je vais écrire dans ce texte l’est sous la réserve suivante: depuis novembre 2014, Ben Lefetey refuse de communiquer les requêtes introductives d’instance aux membres individuels de Collectif Testet qui les ont demandées ainsi qu’aux opposants des Bouilles. Pour refuser communication de ces documents de base aux adhérents, ce chantre de la démocratie a invoqué les « arguments » les plus fallacieux : qu’il fallait l’autorisation des avocats, qu’il ne fallait pas donner d’arguments à l’adversaire, « que n’importe quel probarrage/CACG peut être adhérent pour récupérer des infos. » (sic) Or, il faut savoir que la procédure administrative est écrite, c’est à dire que les parties sont obligées de communiquer aux adversaires leurs mémoires devant le tribunal administratif. De sorte qu’à Sivens l’Etat, le Conseil général et la CACG ont les mémoires déposés par Collectif Testet alors que les simples adhérents de Collectif Testet ne les ont pas !

Que Ben Lefetey craigne que des juristes constatent que les dossiers ouverts en début d’instance n’aient pas été très bien défendus, cela importe peu depuis le mois d’octobre 2014. En effet, en octobre et novembre 2014, plusieurs arguments imparables ont été fournis aux requérants, clefs en main, pour faire annuler les arrêtés ou pour démontrer devant le juge administratif des référés qu’il y avait des doutes sérieux sur la légalité des décisions. Ce qui permet d’obtenir ce qu’on appelle la « suspension » de ces arrêtés, suspension qui permet elle-même d’accélérer les procédures en annulation…

Ces moyens de droit sont incontournables puisqu’ils ressortent de documents officiels, qu’il s’agisse du rapport d’experts commandé par Ségolène Royal ou de la mise en demeure-infraction N° 2014/2256 du 26 novembre 2014 de la commission européenne.

Ils sont si incontournables que nous venons d’apprendre par l’AFP (3 mars 2015) que la ministre de l’Environnement vient d’écrire au Conseil général du Tarn que « l’autorisation du projet initial est « soumise à un risque élevé d’annulation » par la justice administrative française »! Du jamais vu pour un ministre alors que les instances en annulation contre les arrêtés de l’Etat sont en cours.

Ce « risque élevé », certaines personnes le connaissent depuis fin octobre 2014. N’ayant pas alors de balance sous la main, j’avais pris moi-même… le risque de l’évaluer à « 100% » dans mon entretien avec Nicolas Bérard (http://www.mediapart.fr/journal/france/031114/sivens-le-barrage-pourrait-etre-declare-illegal). Début novembre, en ma qualité de simple opposant au barrage, j’en avais informé Ben Lefetey, porte-parole-dirigeant de Collectif Testet, et j’avais alors demandé l’ouverture d’une procédure de référé, ce qu’avec France Nature Environnement il a refusé de faire comme on va le voir.

Sans entrer ici dans les détails du rapport Forray-Rathouis, tous ceux qui l’ont lu savent qu’il est accablant pour les promoteurs du fameux barrage. Comme je l’avais indiqué à Médiapart début novembre, « l’insuffisance des études », qui est un moyen de droit souvent difficile à soutenir devant un juge, y est démontrée de la manière la plus nette. Il est écrit que le dossier a été monté « sans réelle analyse des solutions alternatives possibles », « sur des données anciennes » et dépassées, en termes polis que « le contenu de l’étude d’impact est considéré comme très moyen, au-delà de la stricte question des solutions alternatives », qu’alors que la CACG faisait état de 81 bénéficiaires… « nous estimons que le nombre de bénéficiaires du barrage de Sivens se situant dans l’optique sécurisation/substitution est de l’ordre de 30 » , chiffre qui apparaît aujourd’hui surévalué par rapport aux dernières études de terrain ! Et j’en passe…

Si Collectif Testet avait invoqué ce moyen de droit devant le juge des référés, imagine-t-on son adversaire, l’Etat, soutenir que le rapport Forray-Rathouis ne tenait pas debout, et que les études faites par la CACG pour ce barrage étaient un modèle du genre ? Alors qu’il est démontré qu’elles sont un parfait exemple de ce qu’il ne faut pas faire !

Et que dire du dimensionnement du barrage, sauf qu’il relève d’une « erreur manifeste d’appréciation » du maître d’ouvrage comme on dit en droit administratif. Rapport, page 3: « la mission conclut à une surestimation des besoins de substitution de l’ordre de 35%. Elle propose de ramener le volume contractualisable de substitution de 726 000 à 448 000 m3 »

Imagine-t-on l’Etat, auteur des arrêtés de DUP et de DIG, soutenir devant le juge des référés le contraire du rapport qu’il venait lui-même de commander ? Pourtant, les « opposants légalistes » ont décidé de ne pas se servir de ce rapport devant le juge des référés! Ce rapport qui concluait : » la mission souhaite que Sivens soit considéré comme un tournant dans la gestion de l’eau en Adour-Garonne, dernier projet d’une époque, (souligné par moi) première étape d’une évolution majeure. »

Et comme si cela n’était pas suffisant, la commission européenne a caractérisé les infractions à la directive européenne sur l’eau du 23 octobre 2000 dans sa mise en demeure du 26 novembre 2014. Cette mise en demeure de 18 pages détaille plusieurs infractions ! Accessoirement, elle revient de manière très précise sur l’insuffisance de l’Etude d’impact. Notez que cette question particulière, toujours invoquée par les requérants dans les dossiers de ce type, est très difficile à défendre devant le juge administratif qui refuse généralement de prendre parti dans les appréciations des uns ou des autres, faute de documents probants pour étayer les arguments. Mais à Sivens, il y a un document officiel pour la défendre ! Et les opposants légalistes ont aussi décidé de ne pas s’en servir devant le juge des référés!

Fin novembre, les opposants légalistes disposaient donc d’au moins trois motifs imparables pour obtenir une décision de justice en leur faveur. Alors qu’UN SEUL motif suffit légalement, ils ont décidé délibérément de ne pas le faire. Pourquoi ?

Pour une raison bien simple, qui ressort de nombreux communiqués et déclarations de Ben Lefetey et de FNE depuis novembre 2014: ils ont choisi une approche politicienne et partisane, celle du compromis, et cela malgré tout ce qui venait de se passer et malgré la mort de Rémi Fraisse. Exemples parmi tant d’autres : Ben Lefetey à l’AFP, 5 novembre 2014 : » « Un processus de négociations est lancé pour identifier un compromis de sortie de crise » ou, communiqué de Collectif Testet, 20 décembre 2014 : »lors de l’entretien avec la Ministre hier midi, le Collectif Testet, France Nature Environnement et la Confédération Paysanne ont rappelé leur volonté d’aboutir à un compromis au plus tôt ».

Pour FNE, si prompte à dénoncer chez les autres les conflits d’intérêts, l’affaire est entendue. Comment croire que cette fédération, financée essentiellement par l’Etat et certains de ses organismes sous tutelle, puisse pousser le bouchon et aller au bout d’un conflit dans lequel la responsabilité de l’Etat était si gravement engagée ?

(sur cette question voir: http://tantquilyauradesbouilles.files.wordpress.com/2014/12/limportance-et-la-nc3a9cessitc3a9.pdf )

Pour Ben Lefetey, il se trouve qu’il est ouvertement engagé chez Europe Ecologie avec le petit noyau dont il s’est entouré pour diriger Collectif Testet. Depuis début novembre, il utilise visiblement sa position de dirigeant de Collectif Testet pour entrer dans un jeu médiatico-politique. Il a abandonné la bataille juridique qu’il avait lui-même lancée. En novembre et décembre 2014, en lieu et place d’agir pour obtenir enfin une décision de justice favorable, il n’a eu de cesse que de mettre en avant l’action de Catherine Grèze, députée EELV, devant la commission européenne (action que nul ne conteste au demeurant). Le 19 novembre, il déclare (AFP Gazette des communes) : « Je m’attends à ce qu’ils lancent [la commission] une procédure d’infraction » (…) « Cela arrangerait le gouvernement car tout le monde se renvoie la patate chaude et il pourrait alors dire que c’est Bruxelles qui a arrêté le projet ». Comme si Bruxelles pouvait arrêter un tel projet !

Dans un mail adressé collectivement aux Bouilles le 30 décembre 2014, pour justifier son refus d’agir en justice, il écrit : « Actuellement, Sivens s’est pris un rapport officiel critique et une infraction européenne, inutile qu’un échec au TA de Toulouse vienne redorer le blason du barrage ! »(sic)

Ben voyons! Ayons peur d’utiliser de tels moyens de droit devant un juge !

Pourquoi maintenir l’action en justice alors ? Pourquoi même l’avoir engagée puisque les difficultés qui ont conduit à l’arrêt du chantier sont essentiellement les difficultés générées par les opposants activistes ?

Mais le sommet a été atteint quand nous avons appris qu’une demande d’abrogation des arrêtés avait été déposée le 21 novembre 2014, sans que l’association Collectif Testet et à plus forte raison sans que les autres opposants n’en aient discuté (par exemple à la « coordination » des opposants).

Stupéfaction quand nous avons fini par apprendre, après plusieurs demandes, le 4 décembre, que cette lettre était signée par FNE national (qui n’est pas partie aux procès de Sivens!), FNE Midi-Pyrénées et surtout par Ben Lefetey « au nom de Collectif Testet« ! (sic) Alors que personne n’en avait discuté en assemblée de l’association, alors que les instances en annulation étaient en cours, ce chantre de la démocratie a bien signé une lettre au préfet lui demandant d« Abroger sans délai toutes les autorisations administratives que vous avez délivrées sur ce projet, entachée d’évidentes erreurs d’appréciation : une telle décision apparaît comme la seule envisageable pour restaurer la confiance des citoyens envers l’appareil étatique » .

De nombreux opposants se sont émus de cette démarche ahurissante qui a généré une grosse polémique.

voir: http://tantquilyauradesbouilles.files.wordpress.com/2014/12/le-point-sur-la-situation-juridico.pdf

Des explications ont été demandées à Ben Lefetey.

Aucune explication ou justification valable n’a pu être donnée depuis début décembre 2014.

Et pour cause :

Dès lors qu’une instance en annulation d’une décision est en cours ET que cette instance a toutes les chances d’être gagnée, il ne peut y avoir qu’une raison pour le demandeur de demander l’abrogation de la décision : un arrangement entre les parties ou un projet d’arrangement entre les parties !

Une telle demande d’abrogation pourrait, certes, relever d’une grave incompétence de quelque requérant agissant sans avocat (je plaisante un peu… mais ça c’est vu), mais quand on note que cette demande a été cosignée par Denez L’Hostis, président de FNE national, et cautionnée par au moins un avocat (qui certes a été jadis salarié de FNE - là je ne plaisante pas…) on peut penser qu’elle est délibérée. FNE étant subventionnée chaque année à hauteur de plus de 1 million d’euros par le seul ministère de l’Environnement, on peut aussi comprendre la démarche…

Fort heureusement, sans accord formel du Conseil Général et de la CACG, une telle demande ne pouvait aboutir. C’est ce qui s’est passé en décembre 2014. FNE et Ben Lefetey savaient ce qu’ils voulaient labourer mais ils avaient mis la charrue avant les bœufs… D’où la situation depuis 3 mois.

 

Nous sommes début mars 2015, le Conseil général vient de décider la construction d’un barrage plus petit à Sivens, qui va tout de même porter gravement atteinte à la zone humide du Testet qui était une des zones humides les plus intéressantes du Tarn.

Ben Lefetey va sortir un livre … préfacé par José Bové, dont le titre comprend le mot « démocratie ». Une association que je ne nomme pas par courtoisie propose « Un reçu fiscal pour déduire de vos impôts 66% du montant de votre don » s’il est supérieur à 50€, avec en prime le livre de Ben Lefetey et des autocollants… On ne perd pas le nord chez Lefetey.

Depuis novembre 2014, FNE a fait plusieurs appels aux dons et adhésions en invoquant explicitement la mort de Rémi Fraisse et les actions en justice à engager, alors que Rémi Fraisse était à Sivens à titre individuel avec ses amis les 25-26 octobre, à une manifestation à laquelle FNE Midi Pyrénées n’avait pas appelé, et alors que FNE a refusé d’agir en justice depuis novembre! On ne perd pas le nord non plus chez FNE. Vous me direz qu’il se vend sur internet des dessins dédicacés gratuitement pas Cabu.

Depuis novembre, dans les conditions qui viennent d’être évoquées, aucune décision favorable n’a été rendue par le juge administratif en faveur des opposants, de sorte qu’on a pu entendre des élus tarnais et la FNSEA nous chanter le refrain de « l’Etat de droit », eux qui n’ont rien dit (bien entendu) quand le barrage de Fourogue a été construit en toute illégalité en 1997 malgré les décisions de justice (voir mon article http://www.liberation.fr/politiques/2014/11/02/l-etat-de-droit-a-geographie-variable-de-morlaix-a-albi_1134663).

Depuis novembre, MM Folliot et Valax ont pu rabâcher que les opposants ne pouvaient pas contester des décisions qu’ils « avaient prises légalement ». « Tous les décideurs savent dorénavant qu’un projet administrativement, financièrement et juridiquement bordé peut être arrêté par la volonté d’une minorité agissante appuyée par des casseurs, et ce, malgré le rejet des procédures intentées contre lui » déclarait M.Folliot à l’Assemblée Nationale le 26 nov 2014…

Pourtant, MM Folliot, Valax et autres ont abandonné en chœur aujourd’hui le fameux dossier si bien « financièrement et juridiquement bordé ». Vu l’état des lieux à Sivens, où tout a été rasé, on peut dire qu’ils ont capitulé en rase campagne devant l’Etat !

La FNSEA a répandu tranquillement en ville des tonnes de fumier et de lisier…

Ces jours ci, elle a barré les routes dans la région de Sivens en violation flagrante de l’article L412-1 du code de la route (délit d’entrave). Ses adhérents ont empêché des habitants de la région de circuler librement sous l’œil complaisant des forces de l’ordre. Ils ont fait le coup de main pour expulser les zadistes de terrains… qui ne leur appartiennent pas (pas plus qu’ils n’appartiennent aux zadistes c’est vrai aussi!), pour un barrage qui ne les concerne pas directement pour la plupart.

On peut entendre partout dans les médias que la vingtaine d’agriculteurs qui devaient bénéficier du barrage prévu pour 8,5 millions d’euros sont devenus « les agriculteurs« . Oui, ces 20 personnes sont « les agriculteurs » en général, ce qui est très fort j’en conviens et qui ferait exploser le budget de la nation si on appliquait aux agriculteurs le coût du barrage de Sivens par agriculteur concerné. Très fort. Aussi fort que la fameuse phrase « les agriculteurs ont besoin d’eau« , qui devrait permettre d’avoir saccagé Sivens et surtout de pouvoir faire n’importe quoi ailleurs, d’où la présence à la manifestation d’Albi du 15 novembre 2014 d’agriculteurs du Gers, des Landes, du Lot et Garonne, etc

Comme il n’y a pas eu de décision de justice en faveur des opposants, depuis novembre et encore plus ces derniers temps, des conseillers généraux et la FNSEA ont pu claironner qu’il fallait défendre « l’Etat de droit », en tout cas le leur.

Ce sont Ben Lefetey et FNE qui leur ont donné le pavillon du clairon. Ils avaient l’embouchure depuis longtemps.

(à suivre)

Source : Blog Médiapart de Bernard Viguier.

 

[ZAD] Rochefort (Charente-Maritime) : lutte contre l’incinérateur d’Echillais, la mairie repeinte en rouge & dissociation.

 Posted by on 18 juin 2015 at 14 h 03 min  Actualité nationale, Ecologie / Nucléaire / OGM / Industrialisme / Nécro-technologies  Commentaires fermés sur [ZAD] Rochefort (Charente-Maritime) : lutte contre l’incinérateur d’Echillais, la mairie repeinte en rouge & dissociation.
Juin 182015
 
Sabotage05

Rochefort : la façade de la mairie maculée de peinture

Sud Ouest, 13/06/2015 à 12h13

Le rez de chaussée et le bureau du maire ont été ciblés dans la nuit de vendredi à samedi. Un acte à relier avec les crispations autour du projet d’incinérateur ?

Plusieurs employés de la mairie étaient affairés depuis 5 heures ce samedi à nettoyer la façade de l’hôtel de ville.

Elle a été maculée de peinture rouge dans la nuit de vendredi à samedi, « vers 3 heures du matin par deux individus«  indique le maire-adjoint en charge du commerce, Gérard Pons, sur place ce samedi matin avec le maire Hervé Blanché.

Les deux élus des Républicains supposent qu’il existe un lien avec les manifestations anti incinérateurs d’Echillais, proches des zadistes, en raison de la cible des projections de peinture : le rez de chaussée et le bureau du maire au premier étage.

« C’est honteux et lamentable. Cela va coûter de l’argent aux contribuables« , commentait le maire qui espérait que la façade serait nettoyée avant un mariage célébré cet après-midi.


Mairie de Rochefort dégradée : « cela n’a aucun sens »

Sud Ouest, 15/06/2015 à 07h52

Thierry Kieffer, l’un des porte-paroles des opposants à l’agrandissement de l’incinérateur d’Echillais, se désolidarise du maculage de la façade de l’hôtel de ville

Membre du collectif d’action citoyenne opposé à l’agrandissement de l’incinérateur d’Echillais, Thierry Kieffer « se désolidarise » de la dégradation de la façade de la mairie de Rochefort, maculée de peinture rouge dans la nuit de vendredi à samedi. « C’est sale et cela n’a aucun sens. Nous menons des actions de désobéissance civile mais pas des dégradations ou des actes contre des personnes et des bâtiments. »

L’opposant au centre multi filières dit aussi avoir « l’impression que des actes sont estampillés anti-incinérateurs pour nous décrédibiliser » en citant l’exemple d’affichages sauvages à Royan alors imputés à PRA (Pays rochefortais Alert’)


Charente-Maritime : le jardin du maire d’Échillais vandalisé

Sud-Ouest, 27/05/2015 à 07h41

Dans la nuit du 24 au 25 mai, le jardin du maire d’Échillais Michel Gaillot, situé aux Chaumes, à deux pas des jardins familiaux, a été vandalisé. Des pieds de tomates ont été coupés et des artichauts piétinés .

« Il est clair que c’est moi qui étais ciblé, une fois de plus », soupire Michel Gaillot. En effet, aucun autre jardin aux alentours, pourtant tout proches, n’a été l’objet de dégradations. Si Michel Gaillot ne veut pas s’avancer sur l’identité du ou des auteurs, il se déclare toutefois las de ces actes. « Ça devient pénible d’être la cible d’une minorité de gens », s’agace-t-il.

Le 12 mai, l’une des vitres de son domicile avait été brisée par une tomate jetée par un opposant à l’incinérateur lors d’une manifestation.

Michel Gaillot envisage de porter plainte.

Source : Brèves du désordre.

Sitemap