Oct 292014
 

Meurtre au Testet : communiqué des occupant-e-s du bus venus de Notre-Dame des Landes

 

 

Ocupant-e-s de la Zad de Notre-Dame-des-Landes ou habitant-e-s des environs, nous sommes parti-e-s en bus exprimer notre solidarité à tou-te-s celles et ceux qui s’opposent au projet de barrage de Sivens, quelque soient leur façon de lutter.

Nous sommes venu-e-s avec des légumes cultivés collectivement sur les terres du projet d’aéroport et l’évidence que les flics n’ont pas leur place dans une zone en lutte. Nous sommes aussi venu-e-s avec nos pratiques ; nous avons fait la cuisine, nous avons participé aux discussions. Et face à la police, certain-e-s d’entre nous ont masqué leur visage pour compliquer le fichage et la répression.

Les flics, qui avaient promis de ne pas être présents, ont tenu le chantier et l’ont même défendu avec toutes les armes qu’ils avaient à disposition. Au cours des affrontements, Ils ont tué un manifestant.

Après avoir tiré sur Rémi et l’avoir vu tomber au sol, les flics ont eu le culot de déclarer avoir « trouvé un corps » et ignorer l’origine de sa mort. Une fois de plus, les violences policières ne se sont pas limitées à des blessures graves.

Face à cette trajédie, une assemblée générale a décidé d’une manifestation à Gaillac. Nous sommes révolté-e-s que l’Etat se permette de tuer celles et ceux qui lui résistent. Nous trouvons grotesque la tentative de la préfecture et du ministère de l’interieur de détourner l’attention de ce meurtre en mettant l’accent sur des détails de la manif et en extrapolant sur l’identité des personnes cagoulées.

Un simple tour de passe-passe médiatique ne suffira pas à effacer cette mort.

Cette répression, au lieu de freiner nos mouvements, ne fait que renforcer notre rage et notre détermination.

NI OUBLI, NI PARDON.

Les occupant-e-s du bus venu de Notre-Dame-des-Landes.

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Pour une poignée de canards …

tract distribué lors du rassemblement de soutient à la ZAD du sivens le 20/09 à rennes

C’est toujours la même histoire, un barrage qui menace d’engloutir une zone humide pour le profits de quelques-un : bétonneurs patentés, élus corrompus et agriculteurs intensifs. Quelques individualité-e-s qui s’organisent et résistent au carnage annoncé. Déforestation et tabassage, campements rasés et chasse à l’homme… Le pouvoir militarise la zone et multiplie les exactions pour permettre la tenue des travaux, l’état abat sa violence sur les insurgé-e-s avec l’aide d’une compagnie de gardes mobiles et d’une milice d’agriculteurs et de fachos emmenée par un agriculteur ancien du SAC.

En face la rage et l’imagination comme seules armes pour mener cette guerre asymétrique, des gen-te-s tentent de bloquer l’avancée des travaux, en occupant la zone, en sabotant les machines et en s’affrontant aux flics et aux milices, en occupant le conseil général du Tarn à Albi, des lycéen-ne-s se mettent en grève et bloquent leurs lycées à Gaillac et à Castres, dans le Poitou quelques noctambules s’en vont repeindre les locaux et les véhicules de la boite qui doit effectuer des prélèvements sur le site. Dans ce tourbillon, de nouveaux rapports sociaux viennent peu à peu ronger les anciens, de nouvelles formes de luttes naissent dans la découverte, l’expérimentation et la pratique des limites de la protestation citoyenne et non violente et de la conflictualité assumée avec l’existant.

Ça se passe en ce moment ( sept 2014 ) dans le Tarn, à L’Isle-sur-Tarn dans la foret de Sivens, sur la zone humide du Testet.

Pour des informations plus détaillées tu est invité à consulter le blog de la ZAD du Testet : http://tantquilyauradesbouilles.wordpress.com/ et le site du collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet : http://www.collectif-testet.org/.

Pour ne pas laisser l’isolement étouffer la révolte et éroder la détermination de celles et ceux qui résistent sur place. Parce que le combat qui se mène là-bas est le même que celui qui se mène contre l’aéroport à Notre dame des landes, contre le TAV dans le val de Suse, contre un projet immobilier en Espagne à Burgos ou en Turquie parc Gezi.

Parce que ce qui se joue là-bas, c’est aussi ce qui se joue dans l’ici de chacun-e, la lutte contre l’aliénation et la dépossession dans une tentative de construire autre chose, un autre chose qui échapperait à la domination du capitalisme et de l’état. Contre ce qu’on essaie de fuir et de détruire et qui colonise notre vie quotidienne et notre environnement. Empêcher que la ZAD du Testet devienne un énième territoire dévitalisé pour les besoins du capitalisme et de la société productiviste, comme chacun-e tente d’empêcher l’existant de dévitaliser sa vie quotidienne pour le transformer en un mort vivant perdu dans le flux « métro-boulot-conso-dodo ».

Nous appelons chacun-e à soutenir la ZAD du Testet et à se jeter dans la guerre sociale en se renseignant et diffusant des informations sur ce qui s’y passe, en se rendant sur place pour participer à l’occupation, en organisant le soutient matériel aux insurgé-e-s en attaquant l’ordre capitaliste près de chez soi ou en agissant selon les modalité de lutte que chacun-e jugera utiles et convenir à ses inclinations.

Nous voulons une société de maîtres sans esclaves, avec le luxe et l’abondance pour toutes et tous au service d’une vie passionnante et passionnée pour chacun-e. La lutte et la joie plutôt que le béton, les profits et la soumission.

SOLIDARITÉS AVEC LES INSURGÉ-E-S DE LA FORÊT DE SIVENS

CONTRE LE BARRAGE ET SON MONDE, LA ZAD EST PARTOUT

AUTO-ORGANISATION ET CONFLICTUALITÉ PERMANENTE CONTRE LA DOMINATION DE L’ÉTAT ET DU CAPITALISME

VIVE LA GUERRE SOCIALE

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Ce soir à Nantes, Bernard, pas de retour au calme !

Mis a jour : le mardi 28 octobre 2014 à 11:17

Mot-clefs: Répression aéroport notre-dame-des-landes
Lieux:

Ceci est un témoignage sur la manifestation de ce soir à nantes. Juste quelques ressentis, en en attendant d’autres, pour ceux qui n’étaient pas là, pour participer à d’autres échos que les mystifications de la presse et les condamnations de la préfecture et de ses amis. En espérant que ça puisse participer à donner la patate pour que ça continue à bouger.

Ce soir nous étions plus de 1500 à manifester dans les rues de nantes pour manifester notre tristesse et notre colère suite à l’assassinat de Rémi par la police sur la zad du Testet. Il y avait simultanément une vingtaine d’autres rassemblements au moins dans plein d’autres villes en France.

Juste avant 18h nous avons appris par les médias que le procureur cherchait encore pitoyablement à embrouiller l’assistance et à cacher comme il le pouvait que Rémi ait de toute évidence été tué par une grenade policière. On n’était déjà pas content, être pris ainsi pour des imbéciles n’a pas amélioré l’humeur générale.

Après quelques prises de parole, tout le monde est parti en manifestation dans les rues de Nantes derrière des banderoles comme « Vos armes non léthales tuent - on n’oubliera pas - résistance », «22 fevrier 3 yeux en moins, 26 octobre un mort», ou « Nantes-Toulouse-Montreuil. Solidarité contre les violences policières ». Des slogans contre la police et en mémoire de Rémi étaient hurlés par la foule tandis que la manif traversait les rues passantes au beau milieu des terrasses de bar et de restaus. Des inscriptions ont été faites un peu partout sur les murs de la ville. Dès qu’une voiture de police apparaissait, des dizaines de personnes couraient dans sa direction jusqu’à la voir repartir en trombe.

Et puis, au bout d’une bonne heure, un sacré paquet de vitrines de banques et d’autres enseignes de toutes ces boîtes qui se croient maîtres du monde et ravagent nos existences ont commencé à sauter l’une après l’autre dans les précieuses rues commerçantes du centre ville. La presse et la préfecture parleront comme toujours de quelques « casseurs isolés », de « violences à condamner » et espèrent que personne ne flairera l’arnaque. Nous, on sait que ces petits éclats de verres et ces morceaux de mobilier urbain mis en travers de la chaussée était bien plutôt le signe d’une colère partagée par les centaines de personnes qui battaient encore le pavé à ce moment là et qui ne se lâchaient pas. Et on est bien conscient aussi que tout cela n’est vraiment pas grand chose par rapport à ce qu’ils ravagent quotidiennement, par rapport à la mort de notre camarade et à toutes les personnes assassinées par la police chaque année dans ce pays et trop souvent oubliées.

Pas de chance pour les dirigeants, la date d’aujourd’hui suffisait à rappeler que parfois aussi, quand la police tue, le peuple se soulève : ce 27 octobre cela fait exactement 9 ans que Zyed et Bouna sont morts dans un transformateur à Clichy sous bois. De l’automne 2005 en France, à l’hiver 2008 en Grèce en passant par l’été 2014 Ferguson, il y a des spectres qu’aucun gouvernement ne souhaite réanimer. Ce qui est sûr c’est que ce soir, les flics faisaient profil bas. Certains au chaud dans leurs bureaux savaient pertinemment qu’il se sont mis dans un sacré pétrin et que leur bras armé n’avaient pas intérêt à prendre le risque de blesser de nouveau gravement qui que ce soit aujourd’hui.

Et puis ils espèrent encore enterrer cette histoire et la mémoire de Rémi. Cazeneuve compte d’ailleurs bien sur l’assistance responsable des porte-paroles politiques et associatifs et tape sur les doigts de ceux « qui se sont autorisés à tenir des propos approximatifs, irresponsables et polémiques. » Selon lui « Ces commentaires ne participent ni à la manifestation de la vérité, ni au nécessaire retour au calme.». Peut-être que certains responsables tomberont dans le panneau et t’aideront à faire avaler la pilule, mais nous, franchement Bernard, nous qui étions dans les rue ce soir, on appellera pas au calme. On ne va ni oublier, ni arrêter de manifester approximativement et de toute évidence, on est pas les seuls. Et tiens toi le pour dit, on ne laissera plus tes troupes revenir détruire nos vies, nos terres ou nos maisons…

Des manifestant-e-s du 27 octobre et des jours qui viennent.

Ps : une nouvelle manifestation est annoncées à Nantes ce samedi. Un appel circule pour que ce soit le cas aussi ailleurs en France.

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Procès lundi 27 Oct. à Rennes en comparution immédiate d’un opposant à l’aéroport de NDDL

Info de camarades zadistes à N.D.D.L. :

Lundi 27 OCtobre 2014, passera en comparution immédiate une personne du nom de « Salomé », suite à des faits commis dans le Tarn et des faits commis lors des expulsions sur la zad de N.D.D.Landes.

La personne, sur le fichier F.P.R. (fichier des personnes recherchées) surement a été transféré à Rennes ce week end. En détention provisoire depuis, elle passe en procès au tribunal de Rennes demain lundi. On ne sait pas à quelle heure sont les comparutions immédiates.

Seulement, il risque une peine de prison ferme avec mandat de dépot; donc de partir en détention à la fin de son procès.

Si des ami(e)s pouvaient se rendre lundi au tribunal de Rennes (cité judiciaire en face de l’hotel de Police en forme de soucoupe volante) histoire que l’on sache ce que le copain va devenir ce serait chouette.

A bientôt avec ce triste constat que l’état policier a laché ses tueurs ce jour sur la ZAD du TESTET.

RESISTANCE !

PS Salomé ne semble pas être passée en comparution le lundi 27…

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Et pendant ce temps, au Parti de gauche :

 

Jean-Luc Mélenchon : J’étais à la manifestation contre le barrage du Testet…

Lu sur Facebook dimanche 26 octobre 2014 à 19 h

Jean-Luc Mélenchon 1 h · Modifié · J’étais à la manifestation contre le barrage du Testet. J’y ai vu deux sortes de manifestants et de personnes engagées dans la lutte. Ceux (et celles) qui mènent l’action pour la protection du site ou contre un projet que nous considérons comme emblématique d’une certaine agriculture et de la propension des technocrates à décider seuls ce qui leur semble bon. Ceux-là mènent le combat soit comme zadiste (protecteur de la Zone A Défendre), grévistes de la faim, marcheurs, manifestants et ainsi de suite. De l’autre une petit groupe confus de clochards, de militants d’extrême-droite et, peut-être, de gens qui se disent anarchistes. Ceux-là pour l’essentiel sont arrivés la veille du rassemblement et se composaient d’individus que personne ne connaissait. Les dirigeants réels de la lutte n’ont cessé d’être en butte à la violence qui venait sans cesse de ce groupe sans qu’on puisse identifier l’appartenance politique - à supposer qu’ils en aient une - des personnages cagoulés et vociférant dont il est question. Ce dont je suis certain c’est que l’extrême-droite s’y trouvait sous les cagoules. Un des ivrognes qui me prit à partie s’était en effet fendu en me voyant d’une apostrophe très caractéristique : « tiens, voilà la franc-maçonnerie qui se réveille ! ». Bonjour le défenseur de l’environnement ! Celui qui m’a jetté du yaourt, un petit homme très malodorant et masqué, qui s’est enfui en courant après son exploit ridicule de gosse de riche qui jette de la nourriture, était déjà sévèrement aviné à l’heure à laquelle je suis arrivé, vers midi. Les batailles rangées avec les CRS et garde mobiles n’ont jamais été décidées ni par les dirigeants du mouvement ni par les zadistes locaux. Au contraire, ils se sont le plus souvent interposés pour essayer d’empêcher le choc. Il faut dire que ces violences sont très choquantes et contre-productives dans la population locale. C’est au point que les animateurs du mouvement ont tous déclaré l’après-midi que c’étaient sans doute là des « pro-barrages » qui agissaient. Naturellement, je n’ai le moyen de savoir si c’est vrai ou pas. En tous cas cela révèle bien l’état d’exaspération des responsables du mouvement devant ce type de comportement. Comment comprendre en effet le traitement agressif que cette poignée nous avait réservé à Bové et moi alors que nous étions là pour soutenir et provoquer de la médiatisation ? Comment comprendre l’inadmissible dégradation des véhicules des journalistes, les insultes et les pressions dont ils ont été accablés sans trêve ? Pour faire de la contre-communication, que pourrait-on faire de pire ? Pour écarter les soutiens, que faire de plus dissuasif ? Déjà, les parents venus avec les enfants dans les bras se sentaient très mal quand ils ont découverts ce type de horde arrogante qui s’appropriait le mouvement. A présent, il y a un mort. Je ne sais pas de qui il sagit ni comment il est décédé. C’est triste et très défavorable pour le mouvement. Je pense que les vrais militants doivent être sous le choc car toute cette violence les submergeait déjà avant. Il est absurde de s’avancer dans les explications et accusations à propos de ce décès sans en connaitre les circonstances ni les conclusions de l’autopsie. Le pire serait que toute cette lutte se trouve résumée à cela. Cela ne doit pas nous détourner de continuer à soutenir ceux qui luttent sans les confondre avec une poignée de violents.

JLM

Ajoutée le 26 oct. 2014 Jean-Luc Mélenchon était présent au rassemblement organisé par les opposants aux barrage de Sivens dans le Tarn le 25 octobre.

 

Source : Indymédia Nantes.

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[Mercredi 29 Octobre] Infos / Actus

Mis en avant

Rémi a été tué par une grenade lancée par les gendarmes. Les preuves sont tellement accablantes que l’Etat ne peut plus nier, ni tenter une grossière manipulation. Cependant Cazeneuve déclare « il ne s’agit pas d’une bavure ». Carcenac ne lache rien et continue de mentir : une interview dans le Monde. Réunion du Conseil Général du tarn ce vendredi.

Par la voix de leur avocat, les parents de Rémi Fraisse ont lancé un appel «au calme dans le cadre des rassemblements organisés en hommage à leur fils».

Sur le site : ce mercredi à 18h AG de la coordination, toutes composantes confondues, en vue de préparation à suite du mouvement au nouveau Mirador.

On reçoit de nombreux textes:

-Echo de la guerre en cours, par des personnes sur place au moment des faits

-Et maintenant qu’est ce que l’on fait ?

-De la Palestine à Sivens par les AmiEs de Tarabut.

On reçoit des mails envoyés à Carcenac après ses déclarations immondes hier matin, dont celui-ci :

« Vous avez presque réussi à me faire vomir lors de votre conférence de presse d’hier. Rémi Fraisse n’est pas mort pour des idées, il a été tué par une grenade très vraisemblablement lancée par un gendarme, saisissez-vous la différence ? Je vous explique : il n’avait pas L’INTENTION de mourir, il voulait défendre la Nature, et donc le bien commun, une notion qui doit vous sembler extrêmement obscure, au vu de vos agissements.

Je suis extrêmement triste de constater qu’il existe des gens comme vous, mais me console en pensant à tous ceux qui, comme Rémi, font preuve d’un grand courage en se battant contre tous les projets de société guidés par l’argent et le pouvoir »

On reçoit des communiqués :

-de deux élus régionaux du PG

On reçoit des témoignages :

-de Christophe Martin, des Alternatifs

Soutiens et rassemblement partout en France :

-Manifestation à Briançon ce mecredi 29/10 à 14h à Briançon devant la sous préfecture
-Contre la violence policière et contre la destruction de la forêt de Sivens ! RDV mer 29 oct – 19 H place des Terreaux, Lyon. Silencieusement.
-A Nîmes. Nouveau rassemblement jeudi 30/10 à 17h30 devant la préfecture.
-Dijon : Rassemblement mercredi 18h – Préfecture. Manifestation samedi 17h – Mémorial Rue de la Liberté.
Metz : le rassemblement pour Rémi est prévu ce mercredi à 18h à la colonne (c’est avant la rue Serpenoise).
-Gap : ce mercredi 29 Octobre à 11h30, esplanade de la Paix. Voici un article de presse sur le rassemblement de hier matin .
-Carcassonne : mercredi 29/10 à 18 h devant la préfecture
-Saint Gaudens : rassemblement silencieux devant la sous-préfecture mercredi 29 octobre à 17 h
-Besançon : un rassemblement aura lieu demain mercredi à partir de 17h, place Pasteur.
-St Etienne : un rassemblement de soutien à la ZAD aura lieu à saint-etienne (42) demain mercredi 29 Octobre à 18h00 devant la préfecture.
-Villeneuve sur Lot : mercredi 29 octobre a 18 heures, rassemblement en hommage à Rémi sur la place de Paris.
-Vannes : 18h30 mercredi 29, devant la préfecture, place du Général de Gaulle
-Rodez : 18h mercredi 29 devant la Préfecure

- Caen : un nouveau rassemblement aura lieu vendredi 31 à 18h.
-Saint Brieuc : un 2 ème rassemblement est prévu samedi 1 er novembre à 14 h devant la préfecture.
-Poitiers : pl. Charles de Gaulle (« place du marché ») : Rendez-vous jeudi 30 dès 16h00, pour une discussion autour des ZAD et de la répression policière, puis à 18h00 pour une manifestation
-Lons le Saunier : rassemblement jeudi à 17 h30 devant la préfecture.
-Sète : rassemblement devant la mairie le jeudi 30 octobre à 18h30

Source : Tant qu’il y aura des bouilles.

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Échos de la guerre en cours

Dans le brouillard ambiant on ne peut faire l’impasse sur quelques questions évacuées du débat public par les médias dominants et leur logique du spectacle permanent.
Le rassemblement prévu sur le site du projet de barrage était annoncé comme pacifique. Quelques jours avant, la préfecture faisait savoir qu’il n’y aurait pas de présence policière sur la zone pendant le weekend du 25 et 26 octobre. Sur le site tantquilyauradesbouilles.wordpress.com le 22, on pouvait lire que

« La préfecture du Tarn se plie déjà à l’événement: le préfet s’est engagé à ce qu’aucun gendarme ne soit présent sur la zone durant le week-end. Ce rassemblement sera sans risque de violence ni répression. C’est le nombre et la détermination qui montreront notre force et amèneront la victoire. Venez nombreux.ses. avec bonne humeur ! »

Pour qui en doutait, ceux et celles qui sont venu.e.s sur la zone ce weekend-là ne se préparaient pas à la guérilla.

Mais alors que les premiers participants arrivent vendredi soir, la nuit s’illumine. Il reste un préfabriqué et un générateur sur la zone, au niveau du parking construit pour accueillir les machines du chantier. Ce soir-là, ils partent en fumée.
Qui pouvait sincèrement penser que le matériel laissé sur la ZAD resterait intact alors qu’un rassemblement contre le projet de barrage était annoncé depuis plus d’un mois? Qui viendra nous dire que les équipes du barrage ont eu le temps de tout retirer de la zone sauf ces deux éléments, juste assez peu coûteux pour ne pas représenter une perte trop importante mais suffisamment pour donner un vernis de légitimité au retour des forces de l’ordre sur zone?
Cet incendie marque le retour des flics sur la zone et donc des affrontements.

Le lendemain, la matinée se déroule dans une ambiance familiale et festive. Cela fait drôlement plaisir de voir toutes ces bouilles de mômes courir partout, des personnes de tous les âges se balader autour de la Métairie, elle qui fût si souvent cernée par les milices en armures bleu marine. Les conférences, les témoignages, la pièce de théâtre et la cantine à prix libre, le programme se déroule sous le soleil et avec le sourire.

L’accalmie prend fin vers 16h30. Les bleus sont de retour au niveau du parking, la tension monte . Le face à face se déroule entre le parking et la colline qui remonte vers les bois. S’en suit environ 4h d’affrontements, ou plutôt de guerre asymétrique. 200 personnes à la louche, cagoulées ou non, violentes ou pas, clowns activistes et pacifistes font face à des robots en armures, boucliers, casques, et armes diverses à la main. Il parait qu’ils représentent l’ordre et la loi. Mais alors qu’est-ce qu’ils foutent là, à provoquer tout le monde? Que protègent-ils? Il n’y a plus rien à brûler ou à saboter. Pire, qui protègent-ils?
Visiblement personne. Par contre ils attaquent, manquant de faire cramer ce qu’il reste de forêt à Sivens avec leurs grenades incendiaires. Ils provoquent des incendies à plusieurs reprises, tirs tendus de lacrymos, puis les grenades assourdissantes, désencerclantes qui fusent de toutes parts. Ils visent au milieu des personnes présentes, « dans le tas ». Plusieurs blessé.e.s sont évacué.e.s alors que ces cinglés en uniforme continuent de les canarder. Un homme en état de choc s’effondre à côté de moi, on le met sur le côté en évitant autant que possible les palets de gaz qui nous sont volontairement lancés dessus. L’équipe médic prend le relai.
Oui, on a lancé des pierres. Et peut-être que quelques-unes d’entre-elles ont frôlées leurs casques. Oui, on a envoyé des patates. Et alors quoi? C’est cela que l’on appelle le terrorisme? Nous on n’éborgne personne, et on assassine encore moins. Oui on est plusieurs à préférer rester cagoulé.e.s.
Mais c’est pour des raisons toutes simples et bien moins romanesques que ce qu’on peut laisser entendre. Le fichage est une réalité. Les robots auxquels nous faisons face sont équipés de cameras et nous filment en permanence. Ils cherchent le moindre prétexte pour faire tomber ceux qui les gênent sous la loi réservée aux terroristes. L’anonymat est un droit, et on le prend. Non, on n’a aucune envie de donner des armes supplémentaires à leur dictature. La cagoule et le choix de vêtements plutôt sombres permettent également, à l’image des zapatistes, de créer une foule unie et soudée, sans différence de sexe, de statut ou de couleur. Et puis, de façon très pragmatique, pour continuer à respirer dans un nuage gaz lacrymogène il vaut mieux avoir quelque chose sur le nez. Voilà nos explications mais où sont les leurs? Pourquoi étaient-ils là le samedi après-midi alors que tout était calme et allait pour le mieux sur la zone? Pourquoi y avait-il plus de 40 camions de GM et une dizaine de fourgons de CRS?

Les affrontements de l’après-midi prennent fin quand, après une pause des deux côtés, les zadistes décident de partir d’eux-mêmes. On les laisse plantés là sur leur ligne stupide, sans adversaires. La soirée se déroule normalement jusqu’à 1h du matin. Sur le fameux parking il reste quelques fourgons et les bleus sont rassemblés autour. Ils ont deux grands projecteurs qui éblouissent les personnes venues voir ce qu’il se passe. Au départ elles ne sont pas nombreuses mais suite aux premiers effets d’annonce des policiers (« Gendarmerie Nationale, dispersez-vous, nous allons avoir recours à la force! ») d’autres les rejoignent. L’ordre est donné dans les rangs zadistes de ne pas tirer les premiers. « On attend qu’ils commencent, on ne fait rien avant. ».
Les premiers palets de lacrymo déchirent la nuit suivis des premières pierres. Certaines parviennent jusqu’aux carrosseries des fourgons. Le gros de la masse des personnes présentes s’éloigne un peu des grilles du parking. On y voit pas grand chose et plusieurs d’entre nous tombent dans les tranchées du chantier en courant pour échapper aux grenades. Quatre fusées d’artifice sont tirées, elles touchent le sol après avoir laissé un filament scintillant. Aucune d’entre-elles ne touche un véhicule et encore moins un flic. Par contre les grenades envoyées par le camp adverse passent très près, leurs explosions résonnent à travers la zone, ramenant le voile de la guerre sur l’ambiance festive.

J’ai quitté la zone du parking à 1h30 du matin. J’étais seule à ce moment-là. Sans binôme et fatiguée par la journée je ne me sentais plus de rester au front. J’ai passé le trajet du retour à la tente à me demander pourquoi ils étaient restés alors qu’à 20h tout était calme. Au milieu de ce face à face nocturne, j’avais peur de leurs armes et me sentais terriblement vulnérable dans mon pauvre pull à capuche.

Le lendemain matin au café on apprend la mort de Rémi. On est tous.te.s sonné.e.s, sous le choc. Puis viennent un mélange de tristesse et de rage et l’urgence d’une réponse.

Maintenant il reste beaucoup de questions. J’aimerai vraiment qu’on m’explique pourquoi il y avait des flics sur zone, surtout le samedi alors qu’il n’y avait plus rien à protéger. Personnellement je ne peux pas m’empêcher d’y voir le moyen de gâcher un weekend festif qui avait ramené du monde sur la zone du projet. Je ne peux pas croire que les promoteurs du barrage aient pu oublier ou ne pas avoir le temps de sortir l’Algeco et le générateur avant le rassemblement. Rémi semble être la victime d’une stratégie de pyromanes et de flics à qui cela fait bien longtemps qu’on a donné carte blanche sur cette zone.

C a m i l l e

Source : idem.

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Le collectif pour la sauvegarde de la zone humide :

Premières réactions du Collectif après le décès d’un manifestant

Rémi, 21 ans, venu défendre la zone humide du Testet, est mort dans la nuit du 25 au 26 octobre à proximité du parking du chantier du barrage de Sivens. Le Collectif présente toutes ses condoléances à sa famille et à des proches.

Les causes du décès ne sont pas encore connues, nous espérons que l’enquête sera menée avec la plus grande transparence pour que toute la lumière soit faite sur ce drame. Comme nous l’avons fait savoir dès le dimanche matin, nous sommes à la disposition des enquêteurs pour faciliter si besoin leur travail.

Nous allons indiquer sur cette page les premières réactions du Collectif (des plus récentes au plus anciennes).

Communiqué du 26/10 à 17h30

Suite au décès d’un opposant au barrage de Sivens cette nuit sur le site du chantier, le Collectif demande au Conseil Général et à la Préfecture du Tarn de favoriser l’apaisement sur place et de respecter le temps de deuil pour la famille, les proches et les opposants en suspendant le chantier du barrage de Sivens.

Etant donné le nombre important d’opposants restés à la ferme occupée de la Métairie Neuve, toute présence des forces de l’ordre sur le site du chantier serait considérée comme une provocation. Une enquête est en cours et rien ne doit venir la perturber. Les occupants ont sécurisé la zone où ont eu lieu des affrontements cette nuit afin que les enquêteurs puissent recueillir des éléments d’enquêtes notamment là où une tâche de sang est visible. Le Collectif se tient prêt à jouer un rôle de médiateur pour que les enquêteurs puissent accéder au site sans tensions.

Pour sa part, face à un fort sentiment de colère des manifestants encore sur place, le Collectif Testet appelle l’ensemble des opposants au calme et au respect du deuil. Il faut éviter une escalade de la violence et le Collectif tentera par tous les moyens à sa disposition de contribuer à cela.

Ben Lefetey, porte-parole (06 99 26 60 66)

Après entretien téléphonique avec l’AFP, dépêche du 26 octobre 2014 12:27 :

Barrage contesté dans le Tarn: un mort lors d’affrontements, selon les opposants

Un homme est décédé dans la nuit de samedi à dimanche sur le site du barrage contesté de Sivens (Tarn), a annoncé la préfecture, les opposants affirmant que la mort est survenue « dans le contexte d’affrontements » avec les gendarmes.

« Selon les premiers éléments que nous avons recueillis, la mort a eu lieu dans le contexte d’affrontements avec les gendarmes. Nous ne disons pas que les forces de l’ordre ont tué un opposant mais un témoin nous a dit que le décès s’était passé au moment d’affrontements », a déclaré à l’AFP par téléphone Ben Lefetey, porte-parole du collectif Sauvegarde de la zone humide du Testet, qui regroupe la majeure partie des opposants au projet de barrage.

« Un témoin dit avoir vu quelqu’un s’effondrer lors d’affrontements et être enlevé par les forces de l’ordre », a ajouté M. Lefetey.

« On mène l’enquête et nous allons coopérer avec les enquêteurs », a-t-il souligné.

Contactée, la préfecture n’a pas voulu faire de commentaire.

Quelques heures auparavant, elle avait annoncé dans un très bref communiqué que, « vers 2 heures du matin, le corps d’un homme (avait) été découvert par les gendarmes sur le site de Sivens ». « Les sapeurs-pompiers sont intervenus rapidement mais n’ont pu que constater le décès de la victime. Une enquête a été ouverte sous l’autorité du procureur d’Albi afin de déterminer les causes du décès et l’identité de la victime », ajoute le texte qui ne donne aucun autre élément.

Le procureur de la République à Albi était injoignable.

Interrogé par l’AFP, le lieutenant-colonel Sylvain Renier, commandant du groupement de gendarmerie du Tarn, n’a pas voulu faire de commentaire sur le décès.

Le responsable, qui gérait sur place les opérations de gendarmerie lors des échauffourées de samedi soir, a simplement indiqué que le calme était revenu « vers 21h ».

Il a précisé que sept membres des forces de l’ordre avaient été blessés mais que les pompiers ne lui avaient fait état dans la soirée d’aucun blessé dans le camp adverse.

- « Anarchistes » -

Selon le lieutenant-colonel, « 100 à 150 anarchistes encagoulés et tout de noir vêtus ont jeté des engins incendiaires » et autres projectiles aux forces de l’ordre encadrant une mobilisation de « 2.000 » opposants qui, elle, est restée pacifique, selon lui.

Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes, de grenades assourdissantes et de flash-balls, a-t-il ajouté.

Il a précisé que des négociations avaient été entamées, en vain, entre un représentant pacifique des opposants à la construction du barrage de Sivens et un des assaillants qui avait alors dit qu’ils se réclamaient de « l’anarchisme ».

M. Lefetey a dit ne pas être en mesure de confirmer les affirmations des gendarmes selon lesquelles les assaillants s’étaient présentés comme des anarchistes. Il a simplement évoqué « des radicaux qui voulaient s’attaquer aux équipements de chantier ».

Selon une source proche de l’enquête, la personne décédée est un « homme âgé d’une trentaine d’années qui faisait partie de ceux qui étaient au milieu des échauffourées hier soir » (samedi).

Le projet de barrage-réservoir d’1,5 million de m3 d’eau stockée fait de plus en plus figure de « Notre-Dame-des-Landes du Sud-Ouest », en référence à cette commune de Loire-Atlantique, où une importante mobilisation a provoqué le gel en 2012 de la création d’un nouvel aéroport.

Depuis le début des travaux de déboisement le 1er septembre, les échauffourées et les rassemblements se sont multipliés aux alentours du chantier.

La retenue d’eau est portée par le conseil général du Tarn, qui assure qu’il est indispensable pour irriguer les terres agricoles alentour et qu’une autre zone humide sera recréée.

Les opposants dénoncent un projet coûteux qui, selon eux, ne servira qu’à irriguer les terres d’un petit nombre d’exploitants pratiquant une agriculture intensive.

Ils ont reçu l’appui de l’ancienne ministre Cécile Duflot, des députés écolos Noël Mamère et José Bové, et du dirigeant du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon, qui a participé samedi à la mobilisation de 2.000 personnes, la plus importante depuis le début du mouvement.

Un rapport d’experts, commandité par la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal, doit être rendu public la semaine prochaine.

Communiqué de presse de la Préfecture le 26 octobre 2014 avant 10h :

Cette nuit, vers 2 heures du matin, le corps d’un homme a été découvert par les gendarmes sur le site de Sivens. Les sapeurs-pompiers sont intervenus rapidement mais n’ont pu que constater le décès de la victime.

Une enquête a été ouverte sous l’autorité du procureur d’Albi afin de déterminer les causes du décès et l’identité de la victime.

Source : Site du collectif.

 

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