La crainte était alimentée par des déclarations sans appel de Manuel Valls, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius vient de l’officialiser : les manifestations de la société civile en marge de la conférence climatique (COP 21) sont annulées.
Cette interdiction concerne la marche mondiale pour le climat, organisée le 29 novembre ainsi que l’action de désobéissance civile prévue le 12 décembre, dernier jour du sommet climatique.
Également sur la sellette selon nos informations, l’immense sommet citoyen qui devait réunir des organisations du monde entier à Montreuil (Seine-Saint-Denis) les 5 et 6 décembre. Son annulation reste en discussion.
La « zone d’action climat », prévue du 7 au 10 décembre au Cent-quatre, une salle du nord de Paris, serait en revanche maintenue. Elle était initialement destinée à l’organisation des actions citoyennes menées pendant la quinzaine par les ONG du monde entier.
« La totalité des manifestations organisées dans les espaces fermés et aisément sécurisables seront maintenues », précise le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.
Deux ans de préparation
Une liste d’événements qui seront interdits par les autorités doit être publiée dans les prochaines heures. Quiconque contreviendrait à ses interdictions s’exposerait à des poursuites judiciaires.
Cette décision est lourde de conséquences pour les organisations qui préparent depuis presque deux ans la mobilisation « pour la justice climatique » en marge de la COP 21. Elles espéraient faire de ce sommet diplomatique un temps fort de mobilisation citoyenne pour impulser un mouvement citoyen mondial pour le climat.
Dans un communiqué publié mercredi soir, la coalition Climat 21, qui regroupe 130 organisations, « regrette qu’aucune alternative n’ait été trouvée ». Le week-end du 28 et 29 novembre, elle comptabilise 2173 événements et 57 marches dans 150 pays et assure qu’« une forme alternative de mobilisation citoyenne » est à l’étude concernant Paris.
Depuis samedi, ces organisations ont plusieurs fois réaffirmé leur détermination à ne pas déserter le terrain de la mobilisation citoyenne. « Nous ferons part de créativité pour mobiliser et rassembler. Pas de COP21 sans mobilisation de la société civile », assurait mercredi soir la porte-parole de la coalition, Juliette Rousseau.
COP 21 : « Nous ne respecterons pas l’interdiction de manifester »
Malgré l’interdiction de la marche mondiale pour le climat, certaines organisations maintiennent leur appel à manifester.
Les appels à la résistance se multiplient depuis l’annonce, mercredi soir par le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, de l’interdiction des manifestations en marge de la conférence de l’ONU pour le climat.
16 h 00 : Maxime Combes, économiste et membre d’Attac s’est exprimé à titre personnel sur son blog, formulant une série de propositions pour contourner l’interdiction de manifester :
- Occuper un même jour, aux quatre coins du pays une série de centres commerciaux. L’interdiction de manifester concerne en effet la voie publique et non le domaine privé, fait valoir l’économiste.
- Rendre les transports gratuits en libérant leur accès.
- Occuper l’Espace Génération climat, au Bourget, où des animations sont prévues avec des multinationales.
- Encourager les ONG accréditées à se faire entendre, « quitte à provoquer une crise, au sein même des négociations. »
« Ce n’est pas en demandant la permission que l’on écrit l’histoire ! », lance le militant, qui pointe un « état de nécessité » face au dérèglement climatique. « Désobéir est devenu une nécessité. Pour préserver la démocratie et la planète », insiste-t-il.
Attac appelle de son côté à « renforcer » toutes les initiatives prévues en région le week-end du 28 et 29 novembre, qui ne font pas l’objet d’une interdiction.
Manifester dans le calme et sans haine
15 h 00 : Les désobéissants, collectif d’activistes non-violents, ont annoncé dans un communiqué leur intention de ne « pas respecter l’interdiction de manifester le 29 novembre ». L’association dénonce une « stratégie du choc » destinée à « utiliser les attentats tragiques pour restreindre les libertés ».
Refusant « la suspension de l’état de droit que constitue l’état d’urgence » les désobéissants appellent donc à manifester à midi, place de la République, « dans le calme, sans haine et sans violence. »
La marche de Notre-Dame-des-Landes sera maintenue
13 h 00 : Réunis mercredi soir en assemblée générale, les organisateurs de la marche prévue la semaine prochaine entre Notre-Dame-des-Landes et Paris ont décidé de maintenir en l’état leur mobilisation. « On continuera à manifester, à lutter dans ce monde, et à s’opposer à l’escalade sécuritaire et aux lois liberticides », a déclaré l’assemblée générale.
Le départ reste donc prévu samedi 21 novembre à 8 h 30 depuis la ZAD, « en vélo, tracteurs et autres véhicules ». Le convoi devait initialement rejoindre d’autres marches parties d’Agen et de Forcalquier, sur le plateau de Saclay, à dix-neuf kilomètres au sud-ouest de Paris, vendredi 27 novembre. Les détails de ce rassemblement sont encore en discussion.
Selon des participants joints par téléphone, les marcheurs partis de Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence ) le 25 octobre maintiennent eux aussi leur programme.
Ne pas déserter le terrain de la mobilisation citoyenne
Dans un communiqué publié mercredi soir, la coalition Climat 21, qui regroupe 130 organisations, « regrette qu’aucune alternative n’ait été trouvée ». Le week-end du 28 et 29 novembre, elle comptabilise 2173 événements et 57 marches dans 150 pays et assure qu’« une forme alternative de mobilisation citoyenne » est à l’étude concernant Paris.
Depuis samedi, ces organisations ont plusieurs fois réaffirmé leur détermination à ne pas déserter le terrain de la mobilisation citoyenne. « Nous ferons part de créativité pour mobiliser et rassembler. Pas de COP21 sans mobilisation de la société civile », assurait mercredi soir la porte-parole de la coalition, Juliette Rousseau.